S’abonner

Obésité infantile : repérer plus tôt et mieux accompagner

En France, près d’un enfant sur cinq est en surpoids ou obèse. Pour inverser cette tendance, la ministre de la Santé a présenté en janvier 2026 une feuille de route pour la prise en charge des personnes en situation d’obésité, articulée autour de huit mesures. L’objectif : repérer les enfants plus tôt, mieux coordonner les parcours de soins et renforcer la formation des professionnels.

L’obésité correspond à un excès durable de masse grasse. Reconnue comme une maladie chronique, elle peut avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales. Chez l’enfant, son repérage repose sur l’indice de masse corporelle (IMC) interprété à l’aide de courbes de corpulence tenant compte de l’âge et du sexe de l’enfant.

Des chiffres préoccupants, de fortes inégalités

En France, près d’un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids ou en situation d’obésité et environ 4 à 5 % présentent une obésité. Les disparités sont particulièrement marquées. Dans les Hauts-de-France, environ 22 % des enfants sont concernés par le surpoids ou l’obésité. À Mayotte, cette proportion atteint 47 %. La crise sanitaire a également aggravé la situation : dans le Val-de-Marne, la prévalence de l’obésité chez les enfants de 4 ans est passée de 2,8 % en 2018 à 4,6 % en 2021. Les enfants issus des familles les plus défavorisées restent les plus exposés en raison d’un cumul de facteurs sociaux, économiques et environnementaux.

Des conséquences qui s’installent dans la durée

Un enfant obèse avant la puberté a entre 20 % et 50 % de risque d’être encore obèse à l’âge adulte, un risque qui monte à 70 % après la puberté. À 3 ans, 90 % des enfants obèses le restent à l’adolescence. Au-delà des risques physiques, la stigmatisation, la mauvaise estime de soi et les difficultés scolaires peuvent fragiliser durablement leur développement.

La feuille de route 2026-2030 : prévenir, structurer, former

Présentée le 14 janvier 2026 et articulée avec le Programme national nutrition santé (PNNS), la feuille de route repose sur huit mesures clés. Elle renforce la prévention secondaire – repérer tôt pour limiter l’évolution – et la prévention tertiaire – réduire les complications d’une obésité déjà installée. La PMI et la médecine scolaire sont mobilisées pour identifier les enfants à risque avant que la situation ne se complique. Des examens périodiques de santé sont organisés. Des parcours de soins gradués et coordonnés – médecine de ville, PMI, structures spécialisées – visent à assurer la continuité du suivi. La formation des professionnels de santé figure également parmi les priorités.

Le rôle clé des professionnels de la petite enfance

Au-delà des mesures nationales, le succès de cette stratégie reposera largement sur les professionnels de terrain. À côté des professionnels de PMI et de santé scolaire, les pros de la petite enfance occupent une position stratégique. Par leur observation quotidienne du développement de l’enfant, ils sont en première ligne pour repérer les situations à risque et orienter les familles.

Lire aussi : Généralisation de la « Mission : Retrouve Ton Cap » (MRTC) pour lutter contre l’obésité infantile. 

Références

• ObEpi 2020
• Santé publique France – Étude ESTEBAN
• Santé publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 8, 26 avril 2022 : Impact de la crise sanitaire sur le statut staturo-pondéral des enfants de 4 ans dans le Val-de-Marne (2,8 % → 4,6 % entre 2018 et 2021).

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 26 juin 2026

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire