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3 P’tits CHA : une crèche familiale hospitalière unique en son genre

La crèche familiale du Centre hospitalier d’Angoulême « 3 P’tits CHA », située à Girac, est-elle la seule crèche familiale hospitalière de France ? Sans doute. Yannick Denis, son directeur n’en n’est pas certain… En revanche, il y a une chose dont il est sûr : « c’est la seule crèche familiale à intervenir sur tout un département. ». Et dans quelques mois, avec de nouveaux locaux, elle pourra accueillir 80 enfants et couvrira encore plus largement le département de la Charente dans lequel elle est implantée depuis 1976.

La crèche familiale de l’hôpital d’Angoulême ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été créée en 1976. « A cette époque quand l’hôpital gestionnaire a opté pour une crèche familiale plutôt qu’une structure collective type EAJE, je ne sais pas qui a pris la décision, mais c’était une bonne décision. Le modèle de la crèche familiale est vraiment parfait pour des parents travaillant en hôpital avec des horaires souvent changeants et atypiques », note Yannick Denis, infirmier-puériculteur, le directeur de la crèche.

Une crèche pour les parents de cinq hôpitaux

Yannick Denis et son adjointe Camille Moreau, EJE, sont arrivés en 2017. A une époque, souligne le directeur, où les hôpitaux étaient en pleine réorganisation avec des regroupements de petits hôpitaux périphériques autour de l’hôpital principal. « C’est à ce moment-là que nous avons proposé que la crèche familiale de l’hôpital d’Angoulême puisse aussi concerner les hôpitaux périphériques du département : Barbezieux, La Rochefoucauld, Ruffec et le centre psychiatrique de la Couronne. Il nous suffisait de recruter des assistantes maternelles à proximité de ces établissements (ce qui facilitait largement la vie des parents et le bien-être des enfants), les regroupements continuant à se faire dans les locaux d’Angoulême, car aucune assistante maternelle n’est à plus de 35 minutes, et le réseau routier est de bonne qualité. » Une proposition qui fut acceptée et qui fonctionne encore aujourd’hui. Et, précise Yannick Denis, « nous sommes aussi amenés à délocaliser nos regroupements : pique-nique dans des parcs, balades en forêts Des lieux situés à moins de trente minutes du domicile des assistantes maternelles de la crèche ».

De nouveaux locaux et plus d’enfants accueillis

Aujourd’hui, la crèche familiale est agréée pour 60 places et salarie 14 assistantes maternelles. Mais les locaux sont un peu vétustes et elle emménagera en janvier 2027 dans de superbes locaux flambants neufs (une superficie multipliée par quatre, 269 m² au total) et cerise sur le gâteau, elle disposera d’un jardin de 300 m². Le rêve. Du coup l’agrément sera porté à 80 enfants. 90% des places seront toujours réservées au personnel hospitalier, les 10% restants seront destinés à des familles extérieures. Dans le cadre d’un contrat réservataire employeur, un partenariat avec le ministère de l’Intérieur (préfecture, police nationale, cité administrative, etc.) est en cours. L’agrément augmenté nécessitera le recrutement de nouvelles assistantes maternelles pour porter leur nombre à dix-huit.

Une crèche familiale qui recrute facilement

Il y a probablement une tradition crèche familiale en Charente ! Le département en compte cinq ! Et pourtant, c’est aussi un département qui a perdu 500 assistantes maternelles en cinq ans… Alors comment la crèche familiale hospitalière d’Angoulême parvient-elle à recruter ses assistantes maternelles et à la garder ? « Nous n’avons pas de difficultés de recrutement, mais il faut dire que nous sommes très proactifs, souligne Yannick Denis. Nous accueillons beaucoup de stagiaires. Nous participons au forum pour l’emploi et à toutes formations organisées par le Conseil départemental pour l’agrément des assistantes maternelles. Nous nous y rendons toujours accompagnés d’une assistante maternelle ». Et puis la crèche a aussi une politique RH assez attractive qui n’a plus rien à avoir avec celle en vigueur avant 2017. « À mon arrivée, explique le directeur, la crèche accueillait 30 enfants, peinait à recruter était en mauvaise santé financière. Aujourd’hui, elle va bien économiquement et la qualité d’accueil est là. On a la chance d’avoir une Caf et une direction à notre écoute, qui nous soutiennent. La rémunération de nos assistantes maternelles est un peu plus élevée que le minimum légal obligatoire ce qui n’était pas le cas auparavant : sept centimes par heure et par enfant. Le salaire est versé sur 52 semaines et les assistantes maternelles bénéficient de huit semaines de congés payés. » Des avantages non négligeables pour recruter.

Flexibilité et pool de baby-sitters

Les horaires des parents travaillant en milieu hospitalier sont souvent atypiques. Les assistantes maternelles le savent et font preuve de flexibilité. « Néanmoins, remarque Yannick Denis, elles ne peuvent pas accueillir tôt le matin et tard le soir… Pour aider les parents de la crèche à concilier leur vie professionnelle et familiale, la crèche a mis en place une journée de « speed dating » en octobre où familles et baby-sitters peuvent se rencontrer. Camille Moreau, qui gère la journée, explique : « Nous avons la chance d’avoir des écoles d’auxiliaires de puériculture et d’infirmières à proximité. Nous contactons une trentaine d’étudiantes et étudiants et ce jour-là, nous les mettons en relation avec les parents. » La crèche n’est évidemment pas responsable des baby-sitters, elle joue juste un rôle d’entremetteur pour faciliter la vie des parents dont elle accueille les enfants. Cette année, pour continuer d’être au plus près des besoins des familles, elle va nouer des partenariats avec des entreprises de garde à domicile, permettant de négocier des tarifs préférentiels pour les parents de la crèche.

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Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 09 juin 2026

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