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5. Être aidé tout au long de la journée et pour tout car je suis dépendant.

Le savoir de l’adulte est toujours décalé par rapport à ce que l’enfant doit apprendre, d’où l’importance de voir le monde du point de vue de l’enfant. Le mot apprendre est mal utilisé et évidemment l’adulte n’est pas le maitre qui arrive avec son savoir auprès de l’enfant, mais un adulte qui met en place les bonnes conditions affectives et exploratoires. Ce lien direct entre intelligence et sécurité affective ne s’arrête pas parce que l’enfant en grandissant arrive à faire des choses seul. Quel que soit son âge il a toujours besoin de savoir que l’adulte sera là pour lui apporter une réponse régulière et précise s’il se retrouve face à un problème, il a besoin que l’adulte lui accorde toute son attention. Quand un enfant pleure et ce quelque soit son âge, il n’y peut rien, quand l’enfant a besoin d’étendre son horizon et d’explorer tout car c’est en manipulant qu’il va apprendre, il n’y peut rien, quand l’enfant est en proie à des émotions négatives avec l’adulte, il n’y peut rien…il faut être patient car il n’y a pas de résultat immédiat. On ne peut pas demander à l’enfant d’arrêter de faire des choses si son cerveau ne peut pas le faire, l’enfant a donc toujours besoin de la présence et de l’aide de l’adulte.

Ce que nous dit la science

Jusqu’à l’âge de 6 ans, le cerveau de l’enfant est dominé par son cerveau archaïque et émotionnel sur lequel il n’a pas de contrôle. C’est un être dépendant de par son immaturité cérébrale. Dans sa profonde dépendance l’enfant  a besoin de l’adulte  pour vivre et se développer. L’adulte a une vraie mission de protection vis à vis de l’enfant  pour que celui-ci réponde à ses  besoins de sécurité à sa dépendance et à son immaturité cérébrale. En raison de l’immaturité de son cerveau, l’enfant ne sait pas comment contrôler une émotion. L’enfant ne peut pas se contrôler, il ne peut pas inhiber une action, c’est-à-dire qu’il est incapable de freiner ou stopper son envie de faire quelque chose. L’enfant ne peut pas comprendre l’intention.
L’enfant ne peut pas appliquer à chaque fois ce qu’il a appris. L’enfant lorsqu’il marche ou court, ne peut pas s’arrêter. Le manque d’inhibition va donc entraîner de grosses difficultés pour l’enfant surtout si ce qu’on lui demande est au-delà de ses possibilités.
L’adulte doit donc pouvoir décoder ce que l’enfant lui demande et lui apporter une réponse régulière et permanente ce qui va lui permettre de calculer son degré de confiance en l’adulte
L’enfant va utiliser tous les moyens en sa possession ( pleurs, cris, etc. ) jusqu’à l’obtention d’une réponse. La qualité de la relation entre l’adulte et l’enfant va avoir des répercussions importantes tant sur le plan cognitif et intellectuel qu’émotionnel et social de l’enfant lorsqu’il grandit. En effet, si l’enfant reçoit de l’empathie, de la bienveillance, et voit toutes ses émotions prises en compte par l’adulte, cela va lui permettre de mieux se connaître, de réfléchir, de faire des choix, d’être empathique par la suite.

Les applications concrètes

Accompagner l’enfant qui est dans l’action immédiate en faisant preuve d’empathie affective, c’est-à-dire sentir, partager les émotions et d’empathie cognitive c’est à dire comprendre les intentions
En étant patient et en acceptant la répétition, répéter les demandes en disant à l’enfant qu’on lui fait confiance et qu’il va apprendre, même lorsque vous lui avez déjà dit plusieurs fois que c’est l’heure du repas et qu’il n’a pas envie d’arrêter de jouer
Ce que l’enfant a appris il ne peut l’appliquer à chaque fois, il a besoin que vous fassiez preuve de flexibilité mentale
En reportant l’envie de l’enfant de lancer des objets lorsqu’il lance tout ce qui est à sa portée et qui ne vous semble pas approprié
En accompagnant l’enfant sur les temps de jeu libre car il a besoin de soutien dans l’apprentissage, et a besoin d’apprendre avec l’adulte, cela n’interfère en rien dans le développement de son imaginaire et créativité.
En favorisant les capacités attentionnelles de l’enfant en lui permettant de ne pas être dérangé pour pouvoir explorer dans de bonnes conditions pour être dans un engagement actif
En ne collant pas les meubles au mur mais en privilégiant les ilots pour que plusieurs enfant puissent jouer autour sans se déranger
En multipliant les espaces de jeux mêmes identiques (avoir 2 espaces dinettes ou garages) pour permettre à tous les enfants de pouvoir jouer et en ne limitant pas les accès aux pôles de jeux
En ayant du matériel combinatoire pour que l’enfant ait des choses plus intéressantes à faire
En acceptant l’utilisation de l’objet d’une manière inattendue, laisser l’enfant exprimer sa motricité sur les objets, sans règlementer son exploration
En bougeant le moins possible pour offrir de bonnes conditions d’exploration grâce à votre stabilité et un regard soutenant
En laissant l’enfant se tromper car c’est en faisant des erreurs que l’on apprend
En diminuant au maximum les attentes.

Questionner les pratiques professionnelles

Sous prétexte que les enfants sont plus grands et savent faire
• On leur demande d’attendre leur  tour : pour prendre son tour il faut savoir qui est l’autre , la connaissance de l’autre met du temps à se mettre en place, l’enfant met 4 ans à comprendre que ce qu’il y a dans sa tête n’est pas dans la tête de l‘autre. Il reste donc dépendant de l’adulte qui doit l’aider
• On les laisse pleurer car ils sont plusieurs enfants : l’enfant ne peut pas prendre du recul et comprendre qu’ils sont plusieurs, il besoin d’être entendu et compris dans ses émotions, de trouver une réponse. . Il reste donc dépendant de l’adulte qui doit l’aider
• On leur  explique les choses pour qu’ils comprennent  comme lorsqu’ils renversent un verre d’eau. Renverser son verre d’eau ce n’est pas une bêtise mais une erreur de programmation motrice, l’enfant a besoin de travailler sa motricité, et ce travail l’amène à faire des erreurs, on doit avoir autant de tolérance pour une tour de lego qui tombe que pour un verre d’eau qui se renverse. Il reste donc dépendant de l’adulte qui doit l’aider.
• On leur donne des règles pour jouer. Par exemple, une chaise c’est fait pour s’asseoir est un raisonnement d’adulte et pas d’enfant pour lequel monter sur la chaise est une des façons d’explorer l’objet chaise pour pouvoir, se l’approprier.
Il manifeste ainsi son intérêt pour l’objet bien avant de pouvoir comprendre à quoi il sert, il a beaucoup plus à apprendre que cela. Il reste donc dépendant de l’adulte qui doit l’aider.

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PUBLIÉ LE 27 mars 2023

MIS À JOUR LE 09 juin 2023

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