S’abonner

Au Malesherbois, six assistantes maternelles créent leur association pour sortir de l’ombre

Dans le Loiret, six assistantes maternelles ont créé l’association qui les rassemble, L’Eveil des p’tits Z’Hiboux. Ce nouveau statut qui les lie renforce leur dynamisme, les soutient dans leurs pratiques professionnelles et les rend plus visibles aux yeux des parents et de la société. 

Au mois de mars 2025, six assistantes maternelles de la commune du Malesherbois, dans le Loiret, ont créé leur association l’Éveil des p’tits Z’Hiboux. Collègues et amies de longue date, unies par leur métier, elles ont décidé de se constituer en association pour soutenir leur activité d’assistante maternelle, à tous points de vue… 

Se regrouper pour sortir de l’isolement

En 2020, le Covid avait été une épreuve traumatisante pour chaque assistante maternelle contrainte à l’isolement, tout en continuant à travailler. Puis fin 2024, un incendie a ravagé le RPE du Malesherbois, laissant la structure portes closes pendant un an et les professionnelles dépourvues d’un lieu où se retrouver. C’est alors qu’une idée a germé dans l’esprit de Marie-France, Patricia,Valérie, Véronique, Coralie et Luana, que l’amitié rassemble au-delà de leurs sorties avec les enfants : se constituer en association. Un pas de plus pour rompre l’isolement, se soutenir entre pairs, avoir plus de légitimité, et aller plus loin dans leurs projets partagés. Il leur aura fallu du temps pour oser sauter le pas, mais depuis mars 2025, l’association l’Eveil des p’tits Z’Hiboux les réunit, avec bien-sûr, l’accord de la PMI du Loiret.

Des projets enthousiasmants avec les enfants  

Selon un calendrier mis en place pour chaque trimestre, les six assistantes maternelles se retrouvent une à deux matinées par semaine pour une sortie ou une activité commune qui les encourage à sortir et à se renouveler. Cette semaine, une sortie en forêt ; le mois prochain la visite de la caserne des pompiers. Au printemps, il y aura le Carnaval de la ville, auquel elles pourront cette année participer : « L’an passé nous avions simplement regardé le défilé passer dans la rue. Cette année, grâce à notre statut associatif, nous serons assurées et nous pourrons ainsi défiler aux cotés des écoliers ! », se réjouit Véronique Mariot, présidente de l’association. 

Statut qui leur permet également de profiter, tous les mardi matin, d’une salle gracieusement prêtée par la municipalité, dans laquelle elles se retrouvent pour un temps d’activité. Parcours de motricité, temps de lecture, déguisements, découvertes sensorielles, les assistantes maternelles viennent avec leur matériel et animent les ateliers à tour de rôle. « Pour la fête de la musique, nous avons fait un temps d’éveil musical et l’une de d’entre nous a joué de l’accordéon autour de comptines », racontent-elles. Et comme les enfants apprécient les rituels, une matinée ensemble commence toujours par se dire bonjour lorsque tout le monde est arrivé, et finit toujours par un temps de rondes et de comptines à l’heure de se séparer. Au fil du temps passé ensemble, les enfants finissent par se connaitre et sont vraiment heureux de se retrouver… 

Un statut associatif qui donne un cadre  

Pour pouvoir se retrouver, en dehors du RPE, il leur fallait en effet un statut d’association qui donne un cadre à leurs activités et leur permette d’être assurées. Un projet qui n’a pas été difficile à mettre en place. « Nous pensions que ce serait plus compliqué que ça, assure Véronique Mariot. J’ai contacté d’autres associations d’assistantes maternelles en France pour m’informer ». Un bureau a été constitué et chaque assistante maternelle verse une adhésion annuelle afin de couvrir les frais d’assurance (environ 100€). L’année prochaine, elles pourront prétendre à d’éventuelles subventions pour porter de nouveaux projets… 

Un rôle complémentaire des accueils du RPE 

Une initiative qui vient compléter les missions assurées par le RPE Le Malesherbois qui rassemble à nouveau, depuis sa réouverture, la trentaine d’assistantes maternelles du territoire. Sur inscription, le RPE accueille ponctuellement les assistantes maternelles volontaires mais seules 6 peuvent s’y retrouver simultanément. « Avant l’incendie, l’accueil était plus régulier, le mardi et le jeudi, et le RPE disposait d’une grande salle », regrette Véronique Mariot. Aujourd’hui, celui-ci n’a pas encore retrouvé toute sa capacité d’accueil mais les assistantes maternelles y sont restées fidèles. 

« Nous n’avons pas créé L’Éveil des p’tits Z’Hiboux pour faire doublon avec le RPE ! », assure sa présidente. Si trois assistantes maternelles de l’association le fréquentent régulièrement, trois autres ont plus de contraintes et y sont moins assidues. L’Éveil des p’tits Z’Hiboux permet cependant à ces professionnelles, qui se sont choisies par affinité, de se retrouver plus fréquemment, avec un dynamisme, une liberté de ton et d’organisation qu’elles apprécient particulièrement. En revanche, elles n’évoquent pas entre elles tout ce qui concerne les contrats et les relations parents-employeurs. 

Plus de crédibilité et de visibilité aux yeux des parents 

De là à devenir une MAM, il n’y aurait qu’un pas. Mais la situation du secteur de la petite enfance sur le territoire n’est pas très encourageante pour ces assistantes maternelles qui ont constaté une baisse des demandes, et voient le projet d’ouverture d’une troisième crèche sur le territoire d’un mauvais œil… « Certaines d’entre nous y avaient pensé, confirme Véronique Mariot. Mais nous n’avons pas eu de demandes pendant un an et demi ! A la fin de l’été, nous avons enfin eu quelques appels, et heureusement dans l’hiver nous serons finalement au complet toutes les six ». 

Et l’association n’y est certainement pas pour rien. Cette nouvelle visibilité leur a permis de mettre en lumière leur activité, et de sortir de l’ombre de leur domicile. « Au moment où nous n’avions plus beaucoup d’appels, l’Éveil des p’tits Z’Hiboux nous a permis de parler davantage de notre métier, lors du forum des associations ou d’articles de presse locale, expliquent les assistantes maternelles. Certains parents pensaient qu’il n’y avait plus d’ass’mat’ sur le territoire, car les crèches sont remplies avant même que l’on ne propose les places chez les assistantes maternelles », regrettent-elle. Leurs activités en groupe sont également une forme de petite collectivité qui rassure les parents, et renforce leur crédibilité, leur professionnalisme à leurs yeux, estiment-elles. Et les familles, semblent se réjouir de cette initiative…. 

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 21 octobre 2025

Ajouter aux favoris

Une réponse à “Au Malesherbois, six assistantes maternelles créent leur association pour sortir de l’ombre”

  1. sandra.onyszko_169366 dit :

    bonjour, une association qui est adhérente à l’ufnafaam beneficie gratuitement de l’assurance associative 😉

Laisser un commentaire