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CAP AEPE : la rénovation du diplôme se profile
La réingénierie du CAP AEPE devrait être engagée prochainement. Des travaux qui permettraient la rénovation des savoirs théoriques du diplôme et de réajuster son positionnement dans la filière petite enfance, quelques mois après la création du TP IEPE.
Le 9 septembre dernier, une note de cadrage a été présentée en Commission professionnelle Consultative « Cohésion sociale et santé » concernant la rénovation du CAP AEPE. Elle précise le contexte dans lequel se déploie aujourd’hui le CAP AEPE, et les éléments qui pourraient justifier sa refonte. Les prémices de travaux de rénovation réclamés de longue date par plusieurs rapports, et par une résolution du Comité de filière petite enfance l’année dernière.
Des travaux attendus et nécessaires
Créé en 2017, à la suite du CAP Petite enfance, le CAP AEPE avait déjà été révisé en 2020, afin de rénover son contenu théorique. « Dans le rythme de vie d’un diplôme, c’est tout à fait habituel qu’il soit régulièrement mis à jour, au regard des évolutions de la règlementation et des écarts avec les objectifs recherchés », assure Guillaume Roussier. L’évolution des connaissances également nécessite que l’on s’y attelle régulièrement. Dernièrement, la publication du Référentiel national de la qualité d’accueil et du Socle connaissances et compétences ont rappelé la nécessité de renforcer les compétences des professionnels sur les thématiques telles que l’accompagnement à la parentalité, l’accompagnement de l’enfant en situation de handicap, et la prise en charge de l’enfant sur le champ éducatif.
Retrouver une gradation et cohérence dans la filière
Et puis en 2025, la création du titre professionnel IEPE a permis la mise en place d’une véritable filière petite enfance dédiée. Il paraissait donc important de repositionner – ou du moins questionner – les compétences apportées par le CAP AEPE afin de permettre une meilleure gradation des compétences, au fil des niveaux. Pour faciliter l’évolution des professionnels dans leurs parcours sans que certaines marches ne soient trop hautes à gravir. « Il s’agit de réorganiser l’architecture des compétences au regard de la création du titre IEPE, afin qu’il y ait à la fois une forme de cohérence dans les attendus – puisqu’il s’agit d’une même filière et d’un même public – et une gradation entre les diplômes », précise Guillaume Roussier.
Une mise à jour des contenus théoriques
D’après les échanges menés lors de la CPC, les travaux envisagés viseraient la réinterrogation des blocs de compétences du CAP AEPE, avec un objectif de recentrage du CAP sur son cœur de métier. L’analyse de l’activité, conduite par la DEGESCO, dans la phase des premières consultations du secteur, devrait déterminer l’architecture à venir. Les blocs ne seront donc pas forcément modifiés dans leur architecture. Les modalités d’évaluation du CAP AEPE et les périodes de formation en milieu professionnel ont quant à elles récemment été modifiées par l’arrêté du 2 mai 2025, applicable depuis la session 2026.
Une rénovation réclamée par plusieurs rapports
En 2023, le rapport de l’IGAS faisait déjà état de manques ou de difficultés relatives au système global de formation aux métiers de la petite enfance, pointant plus particulièrement le cas du CAP AEPE. « La formation au CAP AEPE pointe quant à elle une problématique majeure : celle du niveau de qualification corrélé à la qualité de la formation. », indiquait le rapport. Puis le rapport de l’IGESR, daté d’août 2025 – intitulé « Le rôle et la place du CAP, entre rôle social et diplôme d’insertion » – analysait la place du CAP dans l’offre de formation et identifiait ses publics. Il pointait la fragilité des élèves de CAP et le besoin d’adapter le diplôme à la réussite professionnelle de ces profils.
…et par le Comité de filière petite enfance
Enfin, le Comité de filière petite enfance (CFPE) s’était également emparé du sujet, dans le cadre ses travaux pour le renforcement de la qualité́ d’accueil et de la lutte contre la pénurie des professionnels. Il avait adopté, le 10 février 2025, une résolution proposant des mesures de rénovation du diplôme. Et mandaté sa présidente Élisabeth Laithier pour élaborer et déposer auprès de la CPC Cohésion sociale et santé, un dossier d’opportunité pour entamer une démarche de révision du CAP AEPE.
Dans cette résolution le CFPE identifiait alors des difficultés majeures :
- « Les compétences et l’expérience acquises lors des stages sont insuffisamment prises en compte dans l’évaluation du candidat ». Et leur prise en compte n’est pas limitée dans le temps
- Un niveau de connaissances théoriques attendues insuffisant pour permettre l’exercice d’une haute qualité d’accueil.
- « La possibilité de réaliser la formation entièrement en distanciel qui questionne les capacités d’évaluer la bonne acquisition des apprentissages »
- La diversité des profils des candidats aux diplômes, qui semble appeler au développement d’offres de formation complémentaires
Le CAP AEPE : un diplôme très recherché par une grande diversité de profils
Notons que le CAP AEPE est l’un des plus importants CAP de l’Éducation nationale. Selon les chiffres de la DEPP, en 2024 on comptait 36 000 inscrits. Parmi ceux-ci, 26 000 se sont présentés aux épreuves et 22 000 ont été admis. Mais le public scolaire ne représente que 10 % des admis soit environ 2000 candidats. Par la voie de l’apprentissage, on compte 6000 inscrits (dont 5300 admis) et par la voie de la formation continue, 6700 inscrits (dont 4700 admis). Notons qu’à la sortie de la certification par la voie scolaire, le taux d’insertion professionnelle – de 4/10 – n’est pas très bon pour un CAP dont la vocation est pourtant d’être professionnalisant… La voie de l’apprentissage favorise davantage l’insertion : à l’issue de la formation, sept sur dix sont en emploi.
L’immense majorité des candidats au CAP AEPE sont des candidats individuels, ils sont 19 000 inscrits mais seulement 8000 admis. « On voit que ce diplôme est très fortement recherché, mais qu’une partie seulement , notamment pour les candidats individuels, vont au bout du processus et cela pèse sur les modalités d’organisation générale du diplôme », signale Guillaume Roussier.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 28 septembre 2026