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Ces assistantes maternelles sont passées aux couches lavables dans leur MAM… et ne regrettent rien

À la Maison d’assistantes maternelles (MAM) Les Copïnoux, installée à Saint-Estèphe (24), les couches lavables font partie intégrante du quotidien de la structure depuis cinq ans. Et les assistantes maternelles dressent un bilan largement positif de cette expérience.

L’idée est née de l’expérience personnelle de l’une des fondatrices de la MAM, Delphine Form, déjà utilisatrice de couches lavables avec ses propres enfants. Convaincue des bénéfices environnementaux, elle propose à sa collègue d’intégrer cette pratique au projet de la MAM. C’était il y a 5 ans, les deux assistantes maternelles s’apprêtent à ouvrir la structure et sont totalement alignées sur ce projet de couches lavables. En faisant leurs recherches, elles découvrent que le Syndicat Mixte Départemental des Déchets de la Dordogne (SMD3) finance 60 % de l’investissement. Une aide précieuse, les deux professionnelles investissent dans 120 couches lavables (estimé pour un roulement d’une semaine), une machine à laver dédiée et tout le matériel nécessaire.

Une organisation pensée dans les moindres détails

Contrairement aux idées reçues, les couches lavables ne compliquent pas le quotidien des assistantes maternelles. Après quelques semaines d’ajustement, l’équipe trouve rapidement son rythme. Les couches sont lavées tous les deux jours dans une machine dédiée, programmée la nuit pendant les heures creuses, puis mises à sécher le matin. Les couches sales sont simplement entreposées dans une bassine en attendant d’être nettoyées. « Il faut vraiment choisir des couches de qualité, explique Delphine. Au bout de cinq ans, les nôtres sont toujours en excellent état. Elles ont l’avantage de sécher très vite. En hiver, on les met au-dessus d’un radiateur et deux heures après, elles sont prêtes à être réutilisées. »

Autre point d’organisation : ici, chaque change est réalisé avec une couche complète, et non avec le simple remplacement de l’insert. « On préfère plier toutes les couches d’un coup, précise l’assistante maternelle. Quand on ouvre le placard, tout est prêt. On ne cherche pas un insert d’un côté et une couche de l’autre. On change directement toute la couche et c’est beaucoup plus simple dans notre organisation. » Le pliage, un terme qui revient dans notre échange, il faut visiblement avoir le coup de main mais il se prend vite. « On est toutes mobilisées et c’est même un passage obligé pour les stagiaires qui viennent à la MAM », assure l’assistante maternelle en souriant. Deux tailles de couches suffisent à couvrir les besoins de tous les enfants accueillis. Selon leur âge, les professionnelles prévoient quatre à cinq changes par jour pour un enfant présent de 8 h à 17 h.

Élodie et Delphine, les deux assistantes maternelles de la MAM, il ne manque que Helga

Des parents parfois hésitants… mais souvent convaincus

À l’ouverture de la MAM, certaines familles s’interrogaient, notamment sur l’hygiène ou le principe même des couches lavables. « Les premières remarques, c’était surtout : « Les couches sont bien lavées ? Parce que si un autre enfant les a portées, je ne suis pas trop d’accord. » », raconte Delphine. Mais une fois les quelques explications sur le protocole de lavage énoncées, les inquiétudes ont rapidement disparu. En cinq ans, seules trois familles ont préféré fournir leurs propres couches jetables. Parmi elles, une seule l’a fait parce que son enfant avait des boutons de chaleur avec le tissu. Dans ce cas, les parents fournissent les couches et repartent avec les couches sales. « Ce n’est pas pour une question d’argent, prévient Delphine. c’est pour qu’ils se rendent compte de la quantité de déchets produite en une journée. »  

Toutes les autres familles ont accepté le fonctionnement proposé par la structure. Les enfants sont changés avec une couche lavable dès leur arrivée à la MAM et les parents fournissent simplement une couche jetable pour le départ en fin de journée. En découvrant le quotidien de leurs enfants à la MAM, plusieurs familles se sont même lancées à leur tour dans les couches lavables à la maison. Cette année encore, sur les douze enfants accueillis, trois portent des couches lavables également chez eux. Les années se suivent sans se ressembler, mais la MAM se félicite de jouer quelque part un rôle de déclencheur auprès de parents qui hésitaient à franchir le pas.

Un projet écologique et économique

La MAM Les Copïnoux affiche complet depuis son ouverture. Son engagement écologique fait aujourd’hui partie de son identité. Le choix des couches lavables est intégré au projet d’accueil et se retrouve également dans les frais d’entretien. Ceux-ci s’élèvent à 4,50 € par jour, soit environ cinquante centimes de plus que la moyenne pratiquée localement. Ce léger surcoût inclut la mise à disposition des couches lavables et permet à l’équipe de constituer une réserve financière pour renouveler progressivement le stock lorsque cela sera nécessaire. L’équipe ne pourra pas bénéficier d’un nouveau coup de pouce financier. Certains départements, comme la Charente, proposent des subventions aux professionnels pour l’achat de couches lavables, mais ce n’est pas le cas de la Dordogne où est située la MAM. Loin d’être une dépense supplémentaire, les professionnelles estiment que cet investissement est rentable sur la durée, d’autant que les couches utilisées depuis cinq ans sont encore en excellent état.

Parmi les idées reçues qu’elle aimerait voir disparaître figure en première place celle de la consommation d’eau. « C’est l’argument classique qu’on nous donne, souligne Delphine. Mais on oublie un point essentiel, les milliers de couches jetables qui finissent à la poubelle chaque année. Le nombre de déchets en moins en un an d’accueil d’enfants sur notre structure, c’est énorme ». 

Bien plus que des couches lavables

L’engagement écologique de la MAM ne s’arrête pas aux changes. Pour l’entretien des locaux, l’équipe privilégie des produits simples, comme le vinaigre blanc et le savon. Les lingettes jetables ont disparu au profit de gants lavables, tandis que les mouchoirs sont tous en tissu. « Tout est lavable ici », résume Delphine. Pour fabriquer les mouchoirs, l’équipe a récupéré des draps et des chutes de tissu auprès d’une entreprise locale. Un atelier de couture intergénérationnel a ensuite proposé de confectionner gratuitement plusieurs dizaines d’exemplaires.

Semer des graines pour demain

À travers leur démarche, les professionnelles espèrent aussi transmettre des habitudes durables aux enfants. « Il faut de plus en plus penser à la nature. On essaye de mettre ça dans l’esprit des tout-petits, observe Delphine. Plus tard, quand ils parleront de leurs souvenirs de la MAM, ils se souviendront peut-être qu’ici, ils étaient en couches lavables et qu’ils utilisaient des mouchoirs en tissu.» Aujourd’hui, la MAM est régulièrement sollicitée par d’autres structures qui souhaitent se lancer : son expérience est devenue une référence locale. À celles qui auraient envie de tenter l’expérience, Delphine n’a qu’un message : « Il ne faut vraiment pas avoir peur. Une fois que c’est lancé, l’organisation se fait toute seule. »

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 17 juillet 2026

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