Dans l’Aisne, ce RPE « offre » à neuf assistantes maternelles un week-end pour souffler
Et si, celles qui prennent soin des enfants toute l’année s’accordaient, à leur tour, une parenthèse pour elles-mêmes ? À Fresnoy-le-Grand, dans l’Aisne, le RPE Le Jardin des Malices a organisé un week-end à Fort-Mahon-Plage pour neuf assistantes maternelles. Au programme : sophrologie, balades en bord de mer et activités collectives.
« Et nous, quand est-ce qu’on part en vacances ? » Cette question, lancée un jour sur le ton de la plaisanterie par une assistante maternelle, a rapidement fait son chemin. Au sein du RPE Le Jardin des Malices, à Fresnoy-le-Grand, dans l’Aisne, Carine Ducant, coordinatrice petite enfance, s’est dit : « Pourquoi ne pas organiser un séjour pour les assistantes maternelles, sur le même principe que les dispositifs de vacances déjà organisés pour les familles et les seniors ? » La boutade s’est finalement transformée en projet concret. Restait à trouver une formule compatible avec leurs contraintes professionnelles. Difficile, en effet, de mobiliser les participantes pendant une semaine entière. « Nous avons donc imaginé un format plus court : deux nuits à Fort-Mahon-Plage, dans la Somme. Neuf assistantes maternelles se sont portées volontaires pour tenter l’expérience », explique-t-elle.
Trois heures de sophrologie pour relâcher la pression
Baptisé « Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres », le projet a été pensé comme une parenthèse de bien-être, loin du quotidien professionnel. « Quand on travaille avec de jeunes enfants, on n’a pas le temps de prendre soin de soi », souligne la référente à l’origine de l’initiative. L’idée ? Permettre aux participantes de souffler, de se retrouver entre collègues et de profiter d’un environnement propice à la détente.
Le samedi matin, elles ont ainsi bénéficié de trois heures de sophrologie, une séance financée par le centre social. La suite du programme mêlait balades en bord de mer, piscine, restaurant et jeux coopératifs. Autant d’occasions de se détendre et de partager des moments ensemble, loin du quotidien.

Tout au long du week-end, des activités ont été proposées pour favoriser la coopération. À l’aide d’un crayon relié à plusieurs ficelles, les participantes devaient écrire collectivement une lettre. Un exercice qui suppose de coordonner, de s’écouter et de trouver ensemble une façon d’avancer. « J’avais aussi imaginé un petit exercice autour des besoins de chacune, avec une carte à remplir avant le séjour, et une autre à la fin du week-end. L’objectif : permettre aux participantes de mettre des mots sur leurs attentes et de mesurer ce que cette parenthèse leur avait apporté », raconte encore Carine Ducant.

« Ça fait un bien fou de pouvoir lâcher prise »
Pour les frais liés au séjour, les neuf assistantes maternelles ont fait le choix de l’autofinancement. Faute de temps pour solliciter des aides et fortes de leur motivation, elles ont organisé plusieurs ventes pour réunir la somme nécessaire. Au total, chacune a finalement déboursé 50 euros. De son côté, le centre social a pris en charge la séance de sophrologie.
À l’heure du bilan, les retours sont très positifs. « Nous étions à peine arrivées le samedi matin que les filles me demandaient déjà d’organiser le prochain week-end », se réjouit Carine Ducant. « C’était un week-end au top, cela fait du bien de pouvoir lâcher prise. J’ai hâte de repartir ! », témoigne Hélène. De son côté, Gaëlle retient « un week-end exceptionnel qui nous a permis de mieux nous connaître, en dehors de notre cadre de travail habituel, nous avons beaucoup ri ».
« L’un des événements les plus marquants du week-end reste cette crise d’urticaire géante survenue chez l’une des assistantes maternelles, quelques minutes après qu’elle a raconté ce que le séjour lui avait apporté. Consulté sur place, un médecin a fait le lien avec une évacuation du stress », se souvient la coordonnatrice petite enfance.
L’équipe envisage de renouveler l’expérience, avec de nouvelles dates possibles en juin et en septembre. Née d’une simple plaisanterie, l’initiative pourrait devenir un rendez-vous régulier pour ces professionnelles. Avec une idée phare au cœur du projet : pour prendre soin des enfants au quotidien, il faut avant tout s’accorder du temps pour soi.

Julie Giorgetta
PUBLIÉ LE 26 octobre 2026