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Dérives des crèches privées : dans Les Ogres, Victor Castanet dénonce les failles d’un système délétère
En septembre 2023, le secteur de la petite enfance avait été ébranlé par la sortie de deux ouvrages (Le prix du berceau au Seuil et Babyzness chez Robert Laffont) surfant sur les révélations du rapport de l’IGAS sur la « prévention de la maltraitance et la qualité d’accueil dans les crèches » publié quelques mois plus tôt. En ce mois de septembre 2024, un autre livre secoue la petite enfance et particulièrement le secteur des crèches privées lucratives. Victor Castanet signe avec Les Ogres, un livre-enquête hyper documenté (on sent la patte de l’auteur du devenu célébrissime « Les Fossoyeurs »), précis qui met des mots et des chiffres sur ce qui n’était que des rumeurs ou des supputations. Et ça fait mal ! Et ça fait peur… car les crèches accueillent de jeunes enfants, vulnérables des journées entières durant les trois premières années de leur vie. Et, elles fonctionnent pour la plupart grâce à des fonds publics.
Victor Castanet doit être tenace car il a su faire parler des personnes-clefs sous pseudo ou sous leur vraie identité, a pu se procurer des documents comptables et stratégiques plutôt confidentiels, avoir accès à des réunions en visio sans que nul ne s’en aperçoive, consulter des textos et échanges sur Telegram quelque peu compromettants. Et par ses investigations et sources inédites, il a pénétré l’intérieur du système des crèches privées du secteur marchand. Il y a des constats implacables sur des pratiques douteuses de certains gestionnaires, de troublantes révélations sur les liens entre les politiques – en l’occurrence l’ex-ministre Aurore Bergé – et la FFEC, la description de petites magouilles et grandes fraudes, et la mise en lumière du cynisme ou l’inconscience de certaines collectivités. Tout le monde en prend pour son grade : les réseaux gestionnaires, l’État, la Cnaf, la PMI, les collectivités locales… Oui les pouvoirs publics ont laissé faire, n’ont pas assez contrôlé et parfois même, par les systèmes mis en place (PSU, DSP), encouragé la course au profit et aux économies.
Décortiquer le système pour en comprendre les effets délétères
Les Ogres est donc un livre ambitieux et son auteur ne s’est pas contenté de recueillir des témoignages (et pourtant certains sont édifiants et inquiétants) mais il a tenté de décortiquer le système. De l’intérieur. En approchant ceux qui ont participé à la construction dudit système. De donner donc à comprendre ce qui fait qu’il est propice à toutes sortes d’abus et dérives. Le système qui a déraillé, mis en danger des enfants, utilisé des fonds publics à mauvais escient et qui est resté jusqu’alors impuni. Le système même s’emballe puisqu’il encourage de façon pernicieuse la création de crèches « low cost ». Plus de places de qualité médiocre avec de l’argent public qui s’évapore… Enfin qui permet à des opérateurs privés de s’enrichir. Cela parait simpliste et de parti pris ? Et pourtant, c’est assez bien démontré dans le livre. Et, à ce titre, les chapitres de la dernière partie intitulée « le pacte des loups » sont particulièrement éloquents et édifiants.
People&Baby : cas de maltraitance et un concentré de dérives et petites magouilles
« People&Baby, c’est le grand méchant loup, l’effrayant monstre des contes pour enfants. Pour autant, il serait erroné de le qualifier de « mouton noir ». Car ce groupe, c’est surtout à la fois le symbole et le symptôme d’un système à la dérive, l’exemple le plus caricatural des ravages que peuvent provoquer la privatisation et la financiarisation à outrance d’un secteur, en l’occurrence celui de la petite enfance. » écrit Victor Castanet. C’est pourquoi, pour mettre en lumière toutes les dérives du système, l’auteur s’est concentré sur cet acteur People&Baby tant il est exemplaire au sens premier du terme. Il concentre toutes les dérives, les magouilles petites ou grandes. Son fondateur Christophe Durieux est un va-t-en-guerre qui ose tout ! Une sorte de fuite en avant l’amène à toujours repousser les limites de pratiques border line. Conséquences : des enfants maltraités, pas assez nourris, pas assez changés, souvent pour faire des économies, et souffrant d’érythèmes fessiers chroniques ; des parents démunis puis en colère quand ils découvrent le pot aux roses ; des professionnels qui finissent par ne plus cautionner le système, lassés d’aller eux-mêmes acheter des couches ou du lait au supermarché le plus proche, des fournisseurs impayés qui coupent les vivres, des artisans eux aussi non payés qui refusent de terminer les travaux. La saga People&Baby est incroyable. C’est le règne du système D. Il faut lire ces chapitres pour y croire. Tout le monde savait. Personne n’a rien fait. Le directeur d’une Caf a bien tenté d’alerter et de faire remonter quelques anomalies de facturation au siège de la Cnaf à Paris. En vain… Victor Castanet écrit : « Lorsque j’ai demandé à l’ex-ministre des Solidarités, Jean-Christophe Combe, si les inspecteurs de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) avaient reçu plus de signalements à propos d’un acteur en particulier, sa réponse a été sans ambiguïté : « Oui… People&Baby » ». Et pourtant, à l’époque, quand la question était posée : silence radio. Personne n’a voulu ou osé le dire haut et fort. Pourquoi ce « Bernard Tapie des crèches » comme le décrit l’auteur est-il toujours retombé sur ses pattes avant d’être débarqué par le fonds de dettes Alcentra ?
Si le journaliste-enquêteur a choisi de se concentrer sur ce groupe, il prévient d’emblée que les autres grands groupes privés ne sont pas des saints ! Il écrit dans son prologue : « Cette enquête m’a également permis de mettre au jour les dérives de certains des géants de la Fédération française des entreprises de crèches qui ont manié avec légèreté les règles de ratios de personnel ainsi que la facturation des heures de présence des enfants. Le tout, une fois de plus, dans un secteur largement subventionné. » Sous-entendu (et étayé par des témoignages et documents), certains gestionnaires privés grugent (un peu ou beaucoup) la Cnaf qui leur verse la PSU, et ne respectent pas vraiment la réglementation sur les taux d’encadrement voire les qualifications. Ni le principe de la PSU heures réellement effectuées/heures facturées.
Quand la politique s’en mêle
Le livre de Victor Castanet débute, fin août, au moment même où Aurore Bergé, alors ministre des Solidarités et des Familles depuis un mois et demi, et les acteurs du secteur privé lucratif adhérents de la FFEC s’apprêtent à affronter la sortie de ces deux ouvrages, « Le prix du berceau » et « Babyzness », qu’ils savent féroces pour leur secteur. Ce qui est alors reproduit dans le livre est hallucinant. Une visio-conférence réunit des poids lourds de la FFEC, leurs lobbyistes et la déléguée générale de la fédération, Elsa Hervy. L’auteur qui a eu accès aux échanges de cette réunion au sommet, en rapporte des morceaux choisis. Grosso modo, le président et les leaders de la FFEC (Les Petits Chaperons Rouges, Babilou et La Maison Bleue) tentent d’élaborer une stratégie pour ne pas y laisser trop de plumes et embarquer avec eux les politiques dont la ministre Aurore Bergé. Chacun y va de son analyse.
« Il faut faire de cette crise une opportunité (…) dit l’un. Mais il faut dissocier la réaction vis-à-vis des médias et une posture nouvelle vis-à-vis des politiques. Il faut davantage parler vrai. À mon sens, il faudrait préciser que la grande majorité des problèmes que l’on a vient d’une pénurie de personnels diplômés et qu’elle est organisée par le politique. Certes, il y a une crise médiatique. Mais ceux qui vont prendre les décisions qui peuvent ou non nous plaire, ce sont les politiques. Donc il faut qu’on leur parle de façon plus volontariste. »
« Il va falloir qu’on nourrisse sa séquence médiatique, mais dans le sens qu’on veut. La ministre aura besoin de faire des annonces. Et si elle peut reprendre trois éléments qu’on va lui proposer : des contrôles annuels, de la transparence financière, une exigence de qualité, alors je pense qu’on s’en sortira par le haut. » résume le président de la FFEC
Un autre intervenant approuve : « En effet, il faut qu’on profite de cette crise pour passer à la ministre ces éléments de langage qui sont dans son intérêt à elle, qui serviront le secteur, et qu’elle pourra annoncer avec tambour et trompette, si elle en a besoin. Mais copilotés par nous. »
On sent de la fébrilité dans les propos, un brin d’arrogance et de fanfaronnade aussi. La nouvelle ministre est tout feu tout flamme… cela inquiète. « On est face à une nouvelle ministre qui, malgré la sympathie personnelle qu’elle peut avoir pour chacun d’entre nous et sa sympathie originelle pour le privé, a un vrai besoin personnel d’exister, de montrer sa marque, d’avoir un avenir politique », analyse l’un des participants.
La déléguée générale rassure. Elle est en lien avec le cabinet de la ministre (et par Telegram avec la ministre elle-même) et évoque un pacte de non-agression. Les gestionnaires privés n’attaquent pas le gouvernement frontalement en rejetant sur lui la responsabilité des dysfonctionnements et la ministre ne cherche pas noise au secteur privé.
Au final, la séquence autour de la publication de ces deux livres est gérée en commun par la ministre et la FFEC. La ministre donne la ligne de conduite et la FFEC lui procure des éléments de langage. Et c’est comme ça qu’avec brio la ministre explique qu’elle veut instaurer une culture du contrôle dans la petite enfance, que tout vient de la pénurie de pros et que les cas de maltraitance n’ont rien à voir avec le statut juridique (privé, public ou associatif) des crèches. Elle le dit sur BFM, elle le redira à La Rentrée de la Petite Enfance que nous organisons en septembre 2023 avec fermeté et conviction et droit dans les yeux aux membres du Comité de filière petite enfance. C’est une pro de la com, elle est crédible, ça fonctionne. On peut passer à autre chose. La stratégie mise au point avec la FFEC a fait des merveilles. Chacun sort gagnant de la séquence. Les pages consacrées à la convocation des 4 grands du secteur dans le bureau de la ministre illustrent à la perfection la connivence de la ministre avec le privé, via la bonne connexion entre Aurore Bergé et Elsa Hervy. La convocation se solde par une gentille invitation et lors de la réunion chacun peut se congratuler d’avoir échappé au séisme annoncé. Une sortie par le haut !
On ne peut tout raconter, mais ces premiers chapitres du livre de Victor Castanet sont lourds d’enseignement et ne reposent pas sur des « on dit » mais sur des faits vus ou entendus et c’est là toute leur force. Et puis, au fil des chapitres, on apprend par exemple qu’une conseillère spéciale de la ministre était issue d’un cabinet de lobbyistes travaillant pour LPCR… Petites touches par touches, on en arrive à une conclusion : le secteur privé avait non seulement ses entrées au ministère mais aussi une nette influence.
PSU, DSP et crèches low cost : tout le monde coupable !
Tout le monde coupable, responsable, complice presque ! « L’État et les collectivités ont une responsabilité immense dans ce système délétère. L’administration, via ses systèmes de financement, a poussé l’ensemble du secteur à aller vers toujours plus d’optimisation, à remplir les berceaux au forceps, sans tenir compte des besoins des bébés et en négligeant le projet éducatif porté par les professionnels. Certaines de nos villes ont participé à la dégradation continue de leurs conditions de travail et de l’accueil de nos enfants en choisissant la solution du low cost ! » écrit Victor Castanet. Et évidemment cela n’exonère pas les auteurs des dites dérives de leurs responsabilités. Cela ne les excuse pas. Cela peut juste expliquer leur tentation d’utiliser les failles (largement utilisées par People&Baby notamment) ou absurdités du système pour en tirer profit.
Côté absurdités, la PSU peut monter sur la première marche du podium. Tous (professionnels et gestionnaires) sont vent debout contre ce système de tarification horaire. Mais ce qui assez sidérant c’est que Victor Castanet a retrouvé et fait parler, Frédérique Leprince, ex directrice adjointe de la Cnaf, à l’origine de la PSU. Et elle raconte comment très vite les remontées terrain pointaient ce qui n’allait pas, les effets pervers de cette PSU. Mais la Cnaf a persisté au lieu de reculer. Et n’a cessé, croyant l’améliorer, de complexifier un système qui amène des dysfonctionnements à tous les niveaux. Pourquoi tant d’acharnement ! 20 ans après sa création, la PSU, malgré les aménagements successifs, les bonus divers et variés et depuis cette COG, une part forfaitaire plus importante, est toujours controversée. Par les gestionnaires, et les professionnels. C’est la course au taux d’occupation maximal (pour ne pas dire remplissage), la recherche de la rentabilité +++. Les parents pourraient être gagnants en payant le juste prix et en pouvant moduler la présence de leur enfant selon leurs besoins… sauf que la qualité d’accueil de leurs enfants en pâtit ! « On était plusieurs hauts fonctionnaires à penser que ce n’était pas positif du point de vue de la qualité de l’accueil », témoigne dans le livre un ancien directeur de Caf. Bref tous les voyants étaient au rouge, mais les pouvoirs publics ont préféré fermer les yeux.
Sur la deuxième marche, mettons les DSP, nées à peu près au même moment que l’ouverture au secteur privé. Là encore Victor Castanet met parfaitement en lumière ce que ce système a de pervers et dangereux pour la qualité d’accueil, les conditions de travail des professionnels… Et nul n’est épargné ni les grands groupes pros des DSP (People&Baby, LPCR et la Maison Bleue particulièrement), ni les collectivités locales qui bien souvent choisissent les moins-disants : ceux qui donnent un prix au berceau le plus bas. Une responsabilité commune donc.
Les premiers se battent pour obtenir des DSP et n’hésitent pas pour l’emporter à rogner sur tout… et particulièrement les ETP de professionnels. Ils vont jusqu’à descendre aux alentours de 3000 € le berceau. On considère généralement qu’en dessous de 5000€ / 6000€ c’est du low cost et que la qualité ne peut être là. Mais plus généralement le juste prix se situerait entre 8000 et 12 000 €.
Les seconds, tout en expliquant dans leurs cahiers des charges que le prix n’est pas décisif et que la qualité compte par exemple pour 60% dans la décision… ont une curieuse façon d’appréhender la qualité en notant mieux une offre comptant moins d’ETP que ses concurrents ! Certes les communes ont parfois des finances exsangues…
L’exemple devrait venir d’en haut, mais dans son enquête Victor Castanet découvre que la crèche de Matignon a choisi une DSP LPCR à 3000 € le berceau. Il écrit : « Avec la complicité de Matignon… Le 4 juillet 2022, soit deux semaines après la tragédie de Lyon, les services d’Élisabeth Borne, qui venait de succéder à… Jean Castex, ont fait le choix du moins-disant et du moins cher, optant pour la proposition offrant le moins d’effectifs à un prix par berceau compris entre 4 500 et 3 000 euros, en fonction du taux d’occupation. ». Le poisson pourrit par la tête…
Pourquoi les politiques, les collectivités locales et plus généralement les pouvoirs publics ont laissé faire… laissé ces acteurs du privé lucratif se développer, sans contrôles, ni limites ? Parce qu’ils créent des places. Et qu’on a besoin de places d’accueil ! Coûte que coûte… Pour que les femmes puissent travailler, que les familles réélisent leurs maires… Et finalement peu se soucient des enfants, de leur bien-être et développement harmonieux. Ou s’ils s’en soucient, ce n’est pas avec assez de force pour résister aux exigences de l’économie de la rentabilité et du profit. C’est sans doute la conclusion à tirer de cette lecture passionnante des Ogres.
Déjà, les premières réactions
« Trahison, gâchis, écœurement ». Ce sont les trois mots que Sandra Onyszko, porte-parole de l’Ufnafaam, a utilisé pour exprimer son désarroi à la lecture des Ogres. « On a l’impression que tout est joué d’avance, note-t-elle oscillant entre colère et amertume. Que les concertations des instances dans lesquelles nous siégeons, c’est du décorum. Quand je lis les passages sur les liens de la ministre Aurore Bergé avec la FFEC et sa déléguée générale, comment ils se mettent d’accord… Je suis effarée et dégoutée. Par ailleurs, sur les contrôles et financements, quand je vois la tolérance des PMI vis-à-vis des crèches et la rigueur et la rigidité qui accompagnent les contrôles réalisés chez les assistantes maternelles, je ressens cela comme une grande injustice. Finalement, plus on est gros, plus on ose et plus ça passe ! » conclut-elle. Avant d’ajouter : « Quand je repense au speech d’Aurore Bergé au Comité de filière petite enfance par exemple, je ne peux m’empêcher de penser qu’elle nous a baladés et pris pour des idiots. » Lucide, Sandra Onyszko indique : « En fait tous ces acteurs privés se sont encouragés dans une faille construite par l’Etat ! ».
« On l’avait bien dit ! ». Pour le co-secrétaire général du SNPPE, Cyrille Godfroy, « au-delà de la situation de People&Baby, il faut retenir l’importance des choix faits pour la politique petite enfance depuis plusieurs années : l’ouverture au secteur marchand et la PSU notamment. Évidemment la collusion criante, la proximité du gouvernement et du secteur privé est choquante. En fait ce que démontre le livre, ce sont les effets de la marchandisation… que nous dénonçons depuis notre création ».
« On le sait, depuis l’arrivée du privé lucratif, c’est le bazar ! ». Qu’il est bon d’avoir raison avant tout le monde… Julie Marty-Pichon, co-présidente de la FNEJE et auteure de « J’ai mal à ma crèche. Ce que vous devez savoir sur l’accueil des bébés en France » (Editions Eyrolles), explique : « Je ne suis pas étonnée de ce qui est dit. En fait je n’ai rien appris sur le fond. La FFEC et son lobbying, les dérives et abus de People&Baby, le privé lucratif qui casse les prix, l’attitude des élus locaux, par idéologie ou par manque de moyens dans les DSP… On le savait. Ce qui est fascinant, c’est de lire comment la Cnaf s’est entêtée avec la PSU alors même que dès le départ il a été clair que ça n’allait pas. Les remontées terrain étaient accablantes. »
« Si les faits révélés sont avérés, il faut agir ». Elisabeth Laithier, présidente du Comité de filière petite enfance mais en son nom personnel réagit : « C’est une réaction à chaud -et personnelle- que je vous livre puisque le bureau du comité de filière petite enfance se réunit demain après-midi, jour de la sortie du livre, pour prendre une position officielle qui donnera lieu à un communiqué.
Si les faits révélés se trouvent avérés, il est évident qu’il faut agir et que le comité de filière s’emparera du sujet, le creusera et fera des propositions qui seront remises au prochain gouvernement.
Le fait que les dysfonctionnements décrits concernent essentiellement un type de crèches en particulier est la conséquence d’une dérégulation consécutive à l’ouverture au secteur aux crèches privées lucratives. »
« N’attendons pas pour réagir ». Dans un communiqué, Isabelle Santiago, député socialiste de Val-de-Marne, qui dans la précédente législature a co-animé avec Michelle Peyron une mission flash sur l’accueil en crèche et débuté une commission d’enquête parlementaire sur les manquements des politiques de protection de l’enfance insiste sur la nécessité de réagir vite face à ces nouvelles « révélations accablantes sur les crèches privées lucratives ». Elle explique que ces révélations doivent inciter à « questionner ce système dysfonctionnel ». Remarque que « la privatisation du secteur a provoqué bon nombre de dérives et mis en danger des enfantant en bas-âge ». Elle note que les conclusions sa mission flash sont restées « lettre morte ». Et appelle à une restructuration intégrale du « système financier de la petite enfance dans le secteur privé ».
Prises de position et mobilisation syndicale attendues
Peu encore ont pu le lire ou le parcourir. Évidemment, la réaction de la FESP (fédération à laquelle adhère People&Baby) est très attendue. De son côté, la FFEC a publié un communiqué lundi. 16 septembre. Sous l’impulsion de sa présidente Elisabeth Laithier et de son nouveau secrétaire général Jean-Baptiste Frossard, le bureau du Comité de filière se réunira mercredi 18 septembre à 18h pour adopter une position face aux révélations, constats et analyses contenus dans « Les Ogres ». Une mobilisation syndicale coordonnée (avec le SNPPE et la CGT notamment) est en cours de discussion. La date et les modalités d’action n’étant pas encore complétement arrêtées. A suivre donc.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 16 septembre 2024
MIS À JOUR LE 30 septembre 2024