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Elisabeth Laithier, présidente du Comité de filière petite enfance : « Le problème numéro un, c’est la pénurie de professionnels »
A l’occasion de la Rentrée de la Petite Enfance organisée par Les Pros, le 15 septembre dernier au Ministère de la Santé et des Solidarités, Elisabeth Laithier, présidente du Comité de filière petite enfance a répondu à nos questions. L’occasion de revenir sur les enjeux de l’année écoulée, les travaux du Comité de filière pour agir sur la pénurie de professionnels, les difficultés rencontrées et la fameuse promesse des 200 000 places d’accueil.
Le temps d’une interview, lors de la 3e édition de la Rentrée de la Petite Enfance, Elisabeth Laithier est revenue les enjeux et les travaux réalisés depuis un an et demi à la tête du Comité de filière petite enfance. La Présidente a évoqué, enthousiaste, une année extrêmement intense, remerciant chaleureusement les membres qui s’y étaient investis sans compter. « Le Comité de filière travaille d’arrache-pied, au rythme d’une réunion par semaine, à réfléchir sur la revalorisation des professionnels avec deux grands volets : la revalorisation de l’image et la revalorisation financière » a-t-elle expliqué. Et de rappeler que le Comité de filière votait des résolutions qui sont ensuite portées au Ministre mais qu’il n’a pas une voix délibérative, seulement consultative. Mais une voix qui compte ! Trois résolutions, votées par le Comité, ont déjà été adoptées par le précédent ministre Jean-Christophe Combe. A savoir une campagne de communication qui va être reprise prochainement, la mise en place d’un Observatoire de la qualité de vie au travail, et les revalorisations salariales car, « les professionnels de la petite enfance, tous métiers confondus, ne sont pas assez payés, eu égard au travail qu’ils fournissent » a martelé Elisabeth Laithier, applaudie par la salle.
Des consensus pas toujours faciles à obtenir
La présidente a néanmoins rappelé la diversité explosive mais la richesse extrême d’un Comité qui rassemble les représentants de toutes les composantes et sensibilités de la petite enfance. « Il faut apprendre à s’écouter et à s’entendre, avec respect. Au bout d’un an et demi personne n’a encore claqué la porte ! Même si, a-t-elle avoué, certaines séances sont assez musclées » et les accords de consensus, pas toujours faciles à obtenir.
« J’ai senti un élan et un accueil formidables autour du SPPE ! »
Résolument positive, la présidente du Comité de filière a rappelé les enseignements tirés de la concertation territoriale, menée en début d’année, dont elle avait fait la restitution le 1er juin dernier à Angers. « Je suis résolument optimiste parceque je m’appuie sur ce que j’ai vu et entendu pendant cette mission que m’a confiée Jean-Christophe Combe, ce tour de France à la rencontre de centaines de familles, de professionnels, de gestionnaires, d’élus. J’ai senti un élan et un accueil formidables pour le futur SPPE, a-t-elle affirmé. Les gens sont là ! » Convaincue du bien-fondé de sa mission, Elisabeth Laithier a rappelé que le Comité de filière travaillait « autour du problème numéro un, autour duquel nous tournons tous, à savoir la pénurie de professionnels. Si nous n’augmentons pas de façon importante le nombre de professionnels, dans l’accueil individuel et l’accueil collectif, nous ne pourrons même pas envisager la mise en place d’un service public de la petite enfance ! »
200 000 places, une promesse trop ambitieuse ?
Questionnée sans détours sur l’objectif annoncé par le gouvernement de 200 000 places d’accueil à l’horizon de 2030, Elisabeth Laithier s’est montrée confiante. « Ces 200 000 places, c’est une jauge mais on va y arriver, à condition que tout le monde – le gouvernement, les communes, les gestionnaires privés, associatifs, le comité de filière – (s’y investisse). Le premier point, c’est la formation. Mais je ne suis pas le gouvernement, je ne peux vous répondre que ce que je peux ! Le Comité de filière est en train de travailler avec les instituts de formation, avec les Régions, car nous avons une nécessité impérative d’ouvrir des places. Mais les formateurs ne sont pas assez nombreux et dans certaines régions on manque également de candidats. D’où l’importance de la revalorisation de l’image et la revalorisation salariale sur lesquelles nous travaillons ».
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 19 septembre 2023