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« En France, 3 enfants sur 4 respirent quotidiennement un air toxique », alerte de la Défenseure des droits
Le rapport Enfant 2024 de la Défenseure des droits et du Défenseur des enfants a été rendu public ce mercredi 20 novembre, journée internationale des droits de l’enfant. Le thème de cette édition : « Le droit des enfants à un environnement sain ? protéger l’enfance, préserver l’avenir ». Le point sur les recommandations concernant plus directement la petite enfance.
Le rapport insiste sur la crise environnementale qui « ne connaît pas les frontières et se manifeste sur tous les territoires ». Et rappelle que les enfants, comme tout être humain, ont « le droit de vivre et de s’épanouir dans un cadre de vie équilibré et respectueux de la santé et propice au progrès des sociétés et dont la protection tienne compte des générations à venir. ».
Des enfants plus vulnérables
La dégradation de l’environnement fait peser sur les enfants des risques spécifiques qui « se manifestent dans tous leurs espaces de vie : dans leur environnement immédiat – leur foyer ou leur lieu de vie –, dans tous les lieux qui les accueillent et dans les espaces extérieurs. À l’échelle mondiale, plus de 99 % d’entre eux sont exposés à un facteur de risque climatique et environnemental( …). », souligne le rapport. Ces derniers sont « par définition plus vulnérables (…) un quart des décès d’enfants de moins de 5 ans est lié directement aux phénomènes de pollution ». Le rapport insiste sur les inégalités sociales et territoriales dans le droit à un environnement sain. Les enfants en situation de précarité sont davantage exposés à la crise environnementale que les autres. Enfin, il rappelle « la nécessité de construire un cadre juridique et des politiques publiques adaptés et plus contraignants en matière de protection de l’environnement.»
Comment protéger les droits des plus jeunes à un environnement sain ?
Le rapport s’organise en trois grandes parties et propose 20 recommandations.
1. Protéger les droits des enfants face aux dégradations environnementales
« Les dégradations environnementales portent atteinte aux droits des enfants le plus fondamentaux : droit à la vie et au développement, droit à la santé, droit au logement, à la sécurité et à ne pas être soumis à une quelconque forme de violence mais également droit à l’éducation, aux loisirs et au repos. », écrit le rapport. Les enfants sont plus affectés par les dégradations « du fait de leur développement physique et mental en cours.»
Recommandation 2 : Prendre en compte la particulière vulnérabilité des enfants dans la définition des politiques publiques conduites pour la protection de l’environnement.
2. Garantir l’accès des enfants aux ressources vitales et à un cadre de vie respectueux de leur santé et de leur bien-être
« (…) il s’agit du droit des enfants à environnement sain : tout d’abord de permettre aux enfants d’accéder à une eau potable et à une alimentation de qualité. C’est ensuite les lieux dans lesquels ils vivent et évoluent qui doivent les préserver des effets des dégradations environnementales et leur offrir un cadre de vie sécurisé face aux aléas naturels et sanitaires. », précise le rapport. En France, plus de trois enfants sur quatre respirent quotidiennement un air toxique. La présence de pesticides dans les sols constitue un danger considérable pour la santé des enfants. Par ailleurs, l’exposition prénatale à ces toxiques est liée à plusieurs pathologies pédiatriques.
Recommandation 5. Généraliser, au sein des établissements hospitaliers, les consultations dédiées à l’exposition prénatale aux pesticides.
Recommandation 7. Offrir, dans tous les lieux accueillant des enfants, une alimentation saine et durable et favoriser la mise en place d’habitudes alimentaires diversifiées, équilibrées au service de leur santé et dans le respect de l’environnement.
Recommandation 10 : Accélérer la rénovation des bâtiments scolaires et dans tous les lieux qui accueillent des enfants.
Recommandation 12 : Repenser les espaces publics à hauteur d’enfants pour réduire leur exposition aux pollutions, notamment en généralisant la piétonisation des zones à proximité des établissements scolaires et préscolaires et développant des transports alternatifs à la voiture.
Recommandation 13 : Augmenter le ratio par habitant d’espaces verts au sein des villes, sur la base d’un référentiel national, et encourager la végétalisation des cours de récréation des établissements scolaires et de tous les lieux accueillant des enfants
Recommandation 15. Engager une réflexion nationale sur l’adaptation de la journée scolaire pour mieux tenir compte des évolutions climatiques et de leurs effets différenciés à l’échelle du territoire.
3. Accompagner les enfants dans la défense de leur droit à un environnement sain
La Défenseure des droits et le Défenseur des enfants, insistent sur l’importance de l’éducation à l’environnement dans les établissements scolaires avec le développement notamment de projets pratiques et pédagogiques. Il s’agit de les rendre acteurs de la préservation de l’environnement et de la défense de leurs droits fondamentaux
Recommandation 17. Renforcer l’éducation à l’ environnement (…) dès la maternelle ( …) en lien avec les acteurs locaux ( …) dont les professionnels de l’enfance ( …).
Le rapport de la Défenseure des droits et du Défenseur des enfants a d’ores et déjà été adressé aux ministères concernés, Famille et Transition écologique. « Les actions publiques demeurent insuffisantes face aux défis du changement climatique, a déclaré Claire Hédon. La protection des droits de l’enfant doit être au coeur de la protection de l’environnement.»
Pièce jointe :
synth-rae-23.24-num-22.10.24-access.pdf
1.1 Mo
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Catherine Lelièvre et Candice Satara
PUBLIÉ LE 19 novembre 2024
MIS À JOUR LE 20 novembre 2024