Il y a un cauchemar dans mon placard
15,9€
Ce classique emblématique paru en 1968 vient d’être superbement réédité avec une nouvelle couverture. Pour amadouer les cauchemars, il fonctionne toujours autant !
Les cauchemars hantent les nuits des enfants depuis la nuit des temps. Sous les crayons de l’auteur-illustrateur américain Mercer Mayer, ils prennent les contours d’un monstre aux pois verts et d’immenses oreilles ou d’un autre à rayures roses avec des poils au menton. Quelle bonne idée d’incarner ainsi les peurs nocturnes. En 1968, il fallait y penser et, depuis, l’album est toujours aussi efficace pour apaiser les enfants à l’heure du coucher.
Mais revenons à l’histoire que nous raconte avec sincérité le narrateur sans âge, affublé d’un pyjama de bébé mais dont le visage le fait paraître beaucoup plus âgé. N’est-ce pas là une manière détournée de rappeler que les cauchemars s’invitent aussi dans les nuits des grands ?
« Autrefois, il y avait un cauchemar dans mon placard », explique l’enfant tout en se mettant en scène pour illustrer son récit. La mine inquiète dans un grand lit, il fixe la porte ouverte du placard en ayant au préalable glissé quelques jouets sur sa couverture pour se défendre… Les premières pages ne sont pas très rassurantes. La peur se lit distinctement sur le visage de l’enfant qui prend mille précautions pour aller fermer la porte du placard. On ne sait jamais, le cauchemar pourrait surgir sans crier gare !
Mais tout ça – rappelez-vous la première phrase – c’était « autrefois »… Car la nuit où l’enfant décide de se « débarrasser une fois pour toutes » de son cauchemar, la peur change de camp, l’enfant joue au parent et, à la fin, tout le monde dort comme des bébés. Tout le monde ? Vraiment ?
La force de cette histoire tient, d’une part, dans la détermination de l’enfant qui réussit, sans l’intervention d’adulte, à apprivoiser son cauchemar et, d’autre part, dans les illustrations. Elles donnent non seulement des expressions aux émotions – elles se lisent autant sur le visage de l’enfant que celui du monstre – mais rythment aussi celles du petit lecteur en alternant plans larges et serrés, nuit et lumière, mais aussi clin d’œil à son intention. La fin est drôle et très réconfortante !
Dès 2/3 ans
Anne-Flore Hervé
PUBLIÉ LE 28 juin 2024
MIS À JOUR LE 22 août 2024