Johan Guillevic, ex-fromager devenu assistant maternel comme son épouse
Johan Guillevic a connu mille vies professionnelles. Formé à la maintenance industrielle, il a finalement commencé sa carrière comme chocolatier-confiseur avant de travailler dans la grande distribution, puis de monter sa fromagerie ambulante en 2021. Et depuis l’an dernier, Johan a de nouveau changé de voie : il est devenu assistant maternel.
C’est au contact de sa femme, elle-même assistante maternelle depuis 2017, qu’est née cette envie de reconversion. « Plus je passais de temps à la maison avec les enfants, plus je me sentais à l’aise avec eux », raconte le jeune homme. Au printemps 2024, alors que le contexte économique se complique pour sa fromagerie, sa femme Catherine émet l’idée de travailler ensemble. « J’avais énormément de demandes, je ne pouvais pas accepter tous les enfants, alors je me suis dit : pourquoi pas ? », raconte-t-elle.
En binôme avec sa femme
Au départ, les motivations de sa reconversion sont surtout financières. « Quand j’ai lancé mon activité de fromager ambulant juste après le covid, il y avait un vrai engouement pour les métiers de bouche, mais, trois ans plus tard, il devenait compliqué d’en vivre ». Johan revend alors son camion et contacte la PMI avec l’objectif de pouvoir garder des enfants dès la fin de l’été 2024.
Après les deux entretiens et deux modules de formation, l’ancien fromager obtient un agrément pour trois enfants.
Le couple se retrouve alors avec sept enfants à garder à la maison. « On a plus d’enfants, mais étrangement, c’est plus facile qu’avant », commente Catherine Guillevic, qui possède elle-même un agrément pour quatre. Les deux professionnels se rodent rapidement sur l’organisation du quotidien. « Tout s’est fait très naturellement », explique Johan, « on est assez complémentaire ».
Par exemple, Catherine s’occupe davantage de la préparation des repas tandis que c’est plutôt son mari qui couche les enfants pour la sieste.
Avec sept enfants à la maison, le couple a trouvé son rythme et, surtout, prend plaisir à travailler ensemble. Parfois, l’un d’eux s’occupe des bébés tandis que l’autre gère les plus grands. « Pour les promenades aussi, ça me simplifie la vie qu’il soit avec moi », s’enthousiasme l’assistante maternelle. La maison de Johan et Catherine se situe à Pierrefitte-en-Auge, un petit village du Calvados, tout près du lac de Pont-L’Evêque où le couple se promène régulièrement avec les enfants.
L’épanouissement des enfants comme source de motivation
À la tête d’une famille recomposée de quatre enfants, Johan a toujours aimé passer du temps avec les tout-petits, sans pour autant avoir envisagé auparavant d’en faire son métier. Aujourd’hui, il se dit comblé par ce travail « fatiguant mentalement », mais « valorisant ». « Quand on voit les enfants épanouis, heureux de nous voir, c’est formidable », commente-t-il. L’ancien commerçant se réjouit de leur transmettre des valeurs de bienveillance et de respect des autres.
Pas beaucoup de points communs entre son ancien et son nouveau métier, reconnait-il, si ce n’est le relationnel qui reste au coeur de son quotidien. « Mais on ne parle pas aux parents de la même façon qu’on parle aux clients, forcément ! », ajoute-t-il.
L’enjeu principal, pour Johan, réside dans le rythme de l’enfant, qu’il faut respecter au mieux. « C’est un métier qui demande beaucoup de patience, mais qui en vaut la peine », assure-t-il. Femme ou homme, pour lui, la question n’a pas lieu d’être, « je n’ai pour l’instant jamais eu de remarque des parents sur le fait que je sois un homme ».
L’ex-fromager vient tout juste de finir le deuxième module de sa formation, autour de la sécurité de l’enfant. S’il n’a pas trouvé la formation compliquée, il admet qu’il y a beaucoup de choses à retenir sur ces sujets. Mais le couple, ravi de travailler désormais en équipe, assure que la sécurité des enfants est beaucoup plus simple à assurer depuis qu’ils sont deux à la maison. « Nous sommes un accueil familial désormais », conclut Catherine.
Raphaëlle Orenbuch
PUBLIÉ LE 06 juillet 2025