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Jouets après les fêtes : répondre aux questions des parents

Après les fêtes, la plupart des chambres d’enfants débordent de nouveaux jouets. Des boîtes de jeux sont restées fermées et d’autres ont leur contenu dispersé au sol. Lorsque les parents cherchent le dialogue avec vous à propos de la place des jouets à la maison, la psychopédagogie Fabienne-Agnès Levine vous propose quelques conseils à leur donner avec nuances et au cas par cas.

Si l’enfant a reçu trop de jouets… 

S’interroger sur la surconsommation et anticiper sur un prochain Noël plus raisonnable n’empêche pas de gérer l’abondance, une fois que les jouets sont là. Commencez par regrouper les cadeaux par catégories : manipulation, imagination, construction, puzzles, matériel de dessin, livres, etc. Repérez s’il y en a au moins un qui ne sera jamais utilisé par votre enfant (doublon, trop facile, thème inconnu) et qui, de préférence avec son accord, pourrait être donné à un enfant moins favorisé que lui ou à une association. 

Vous pouvez mettre de côté les jeux et les jouets trop difficiles auxquels votre enfant ne peut pas jouer tout de suite. Par exemple, un trop grand nombre de pièces pour un puzzle, des pièces de jeu de construction trop petites… Les jeux dans des boîtes s’empilent sur une étagère tandis que les jouets aux formes inégales se casent dans un grand panier, dans les deux cas en hauteur ou dans un placard. 

Organisez le roulement des jouets au cours des mois suivants, par exemple en collant une étiquette avec des motifs de Noël et le nom du donateur sur chaque cadeau. Ainsi, vous pourrez rappeler à votre enfant que c’est « le Noël de tonton et tata » ou bien « le Noël du travail de papa », etc.

Si l’enfant réclame encore des jouets

Lorsque les enfants réclament de nouveaux jouets, c’est autant pour continuer à rêver que pour exprimer de la frustration. Prenez cette demande comme une occasion de parler avec votre enfant de ce qu’il a déjà et de ce qui existe par ailleurs et lui fait envie. Rangez la chambre de votre enfant avec lui, éliminez certains jouets et cherchez une place pour chaque nouveau jouet, de manière à recentrer l’enfant sur ce qu’il a et non sur ce qui pourrait lui manquer.

Par ailleurs, pour un jeune enfant, posséder, c’est catégoriser en faisant au moins deux listes. Lorsqu’il feuillette un catalogue de jouets, il a plaisir à retrouver ceux qu’il a ou qu’il connaît et les autres, dont inévitablement ceux qu’il aurait aimé avoir. Accompagnez donc sa démarche sans prendre tous ses désirs pour des commandes à satisfaire. En grandissant, pour un enfant, posséder, c’est aussi collectionner. Dans un univers précis, il a un vrai plaisir à lister les figurines qu’il a déjà et à évoquer celles qu’il n’a pas encore. Les fabricants le savent et font tout pour que les noms de chaque personnage, de chaque véhicule ou de chaque accessoire d’une même série soient repérables.

Si l’enfant abime tous ses jouets

Prendre soin des jouets et leur accorder de l’intérêt est la meilleure manière de donner l’exemple à son enfant. À toute période de l’année, en particulier après le passage du Père-Noël, s’asseoir au sol et s’intéresser aux jouets de son enfant, en même temps que lui, est instructif, tant sur le jouet que sur la personnalité de votre enfant. C’est un moment précieux d’attention conjointe autour du même objet, connu ou nouveau.

Chez un tout-petit, le simple fait de vous voir manipuler un jouet peut suffire à lui donner envie de vous imiter. Vous pouvez aussi lui poser des questions auxquels il répondra à sa manière, par les gestes ou par les mots selon son âge : Quel poupon tu aimes ? Où est le camion jaune ? Pourquoi il manque un morceau du puzzle ? 

Tant que votre enfant ne détruit pas tout et tout le temps, pas d’inquiétude : il cherche, découvre et parfois, casse sans faire exprès. En effet, les jouets, comme n’importe quel autre objet, ont une durée de vie limitée. Au moment du rangement de sa chambre, n’hésitez pas à supprimer des jouets incomplets. Trop de casse et trop de perte indiquent que l’organisation de la chambre ou d’un autre espace de jeu dans la maison est à revoir. Plus l’enfant est petit, mieux il vaut limiter le nombre de jouets sortis en même temps, et organiser un roulement. 

Si l’enfant ne joue pas avec ses nouveaux jouets

Le jouet ne suffit pas pour déclencher le jeu et le plaisir de jouer ne vient pas sur commande. Il est important de faire la distinction entre les enfants qui ne savent pas jouer (il y en a) et ceux qui jouent bien mais avec autre chose que des jouets. Les premiers sont heureux de recevoir des cadeaux, mais n’arrivent pas à entrer dans un état de concentration suffisant ou à convoquer leur imaginaire face à un jouet. Les autres jouent facilement en tirant profit des possibilités offertes par leur environnement. Ils sont tellement occupés qu’ils peuvent mettre du temps avant de rechercher l’usage d’un nouveau jouet. 

Pendant la période de Noël, les moins de 2 ans sont particulièrement attirés par les papiers brillants, les guirlandes, les boîtes, les rubans de couleur, avant de découvrir les jouets eux-mêmes, et c’est tant mieux. À vous d’être patients et de respecter le rythme de votre enfant. Si le jouet est plus ou moins adapté à son niveau de développement, il finira par retenir son intérêt.

Un autre critère est le lieu dans lequel les jouets (pas tous) sont rangés : avant 4 ans, les enfants préfèrent jouer là où le reste de la fratrie et les adultes sont installés, donc dans la salle de vie commune. Cette solution permet à la fois la surveillance physique et une présence rassurante. Ne demandez pas trop vite à votre enfant de mettre les jouets apportés par le Père-Noël dans sa chambre. Et si c’est déjà fait, invitez-le à aller les chercher et à vous les montrer, car regarder et manipuler des jouets, c’est déjà commencer à jouer.

Fabienne-Agnès Levine

PUBLIÉ LE 29 décembre 2025

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