Pour une meilleure qualité d’accueil de la petite enfance
La qualité du travail en équipe
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Pourquoi le monde de la petite enfance devrait-il échapper au mal être et au stress professionnels ? Parce que les bébés et les enfants, c’est mignon, craquant ? Evidemment non. Nous ne sommes au pays des Bisounours. Et le burn out n’épargne pas les professionnels de l’accueil des tout-petits. D’autant que ces dernières années l’évolution des politiques de la petite enfance (nouvelles normes d’encadrement, exigence accrue de rentabilité, émergence des structures privées) et les contraintes budgétaires des modes d’accueil n’ont rien arrangé. Au contraire. Cet ouvrage collectif qui réunit points de vue et études sur le sujet ne tombe ni dans l’angélisme, ni dans le catastrophisme. Parce que – et c’est tout son intérêt – il laisse entrevoir des solutions et met en évidence, au fil des contributions des pistes pour organiser la prévention de ces risques professionnels.
L’une des contributions est particulièrement intéressante. Co-signée par deux chercheurs en psychologie, Sylvain Leduc et Gérard Valléry, elle rapporte les conclusions d’une étude, commandée par la CNAF (Caisse nationale d’allocations familiales) sur les facteurs de pénibilité du travail auprès de jeunes enfants. L’enquête a porté sur 34 personnes travaillant en EAJE (établissement d’accueil du jeune enfant) et 5 assistantes maternelles. Certaines travaillant dans de grandes villes, d’autres en zones rurales. Où il apparaît que les principaux facteurs de pénibilité pour tous ces processionnels sont les contraintes d’ordre mental (liées à la vigilance et à la responsabilité) et les contraintes posturales (être souvent debout, porter les enfants, se mettre à la hauteur des enfants). Mais, parmi les contraintes d’ordre mental, celle liée à la responsabilité arrive en premier chez les assistantes maternelles, alors que celle liée à la vigilance est plus souvent citée par les pros des crèches. Le fait d’exercer de façon isolée des assistantes maternelles y est évidemment pour beaucoup.
En fin de compte les auteurs concluent que les relais d’assistantes maternelles (RAM) sont un bon moyen de prévenir la pénibilité du travail des assistantes maternelles (ce sont des lieux d’échanges qui permettent de rompre leur isolement et qui les valorisent dans leur métier). Pour les structures collectives, avoir un projet éducatif qui non seulement fédère mais devient un vrai outil de dialogue entre les différents personnels constitue un excellent moyen de lutter contre la pénibilité ressentie ou réelle.Ce petit libre comporte sept contributions. Toutes ont un point commun. Dans le travail auprès des jeunes enfants, le travail collectif, bien organisé, encadré mais fluide, est la solution à biens des maux, dysfonctionnements et souffrances.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 11 février 2016
MIS À JOUR LE 29 juillet 2018