La sieste dehors : les règles d’or pour une mise en œuvre réussie
De plus en plus de lieux d’accueil du jeune enfant adoptent le principe de la sieste en extérieur. Inspirée des pays nordiques, cette pratique a fait ses preuves ! Mais comment la mettre en place concrètement ? Voici les points clés à avoir à l’esprit, fondés sur l’expérience d’une crèche à Paris.
Les bienfaits de la sieste en extérieur sont nombreux : l’air frais renforce le système immunitaire, la qualité du sommeil est meilleure. Les enfants s’endorment généralement plus facilement et dorment plus longtemps. Mais cette pratique ne s’improvise pas. Elodie Lansard, directrice de la crèche Sainte Amélie, pionnière en la matière, détaille les points à ne pas négliger.
Un projet d’équipe inscrit dans la durée
C’est un préalable. La sieste dehors ne peut reposer sur la volonté d’une seule personne. Elle doit s’inscrire dans le projet pédagogique de la structure et être portée collectivement par l’équipe. « Ici, c’est intégré dans la culture de la crèche. Les professionnelles ne choisissent pas si elles le font ou non, c’est une pratique commune », explique la directrice. Le projet doit être formalisé dans un protocole écrit et soumis à l’agrément de la PMI.
Un espace extérieur adapté
Un autre prérequis essentiel est la présence d’un extérieur suffisamment grand, calme et sécurisé. Une impasse, une cour intérieure, une terrasse ou un jardin protégé du bruit sont parfaits. La crèche Sainte Amélie, pourtant située en plein Paris, se trouve au bout d’une impasse, avec le cimetière du Père-Lachaise en fond. Une terrasse couverte ou semi-couverte est préférable pour permettre une sieste quotidienne quelles que soient les conditions météorologiques, et éviter l’usure prématurée des lits. « Si dès qu’il pleut ou qu’il y a du vent, on doit tout rentrer, la pratique ne tient pas. Il faut une protection constante », ajoute Elodie Lansard. L’absence de soleil direct est également recommandée.
Du matériel mobile, solide et sécurisé
Les lits doivent pouvoir être déplacés facilement entre l’intérieur et l’extérieur. Des lits à roulettes sont donc indispensables. Même s’il n’ existe pas de lits spécifiques pour l’extérieur, il est conseillé d’en choisir conçus avec des matériaux résistants.
Des enfants bien équipés
Les enfants doivent être habillés de façon adaptée pour pouvoir dormir dehors. En automne et au printemps, quand les températures sont douces, ils peuvent porter leurs vêtements habituels ainsi qu’une turbulette. En hiver : une combinaison, type pilote, apportée par les parents, en remplacement de la turbulette, est conseillée. « Il vaut mieux éviter les matières synthétiques, conseille Elodie Lansard. Les enfants transpirent beaucoup et ce n’est pas confortable. » Attention à bien s’assurer que la combinaison ne couvre pas le visage. Par ailleurs, les enfants dorment à l’intérieur quand la température passe en dessous de zéro. En été, la règle est la suivante : lorsque la température extérieure est plus élevée que celle à l’intérieur, les enfants dorment dans la crèche.
Dans tous les cas, les professionnelles doivent être en capacité de reconnaître les variations de température corporelle d’un tout-petit : par exemple, un enfant qui commence à transpirer dans sa combinaison. Ces observations permettent d’ajuster l’habillement : ouvrir une turbulette, repositionner un enfant pour qu’il ait le visage dégagé.
Une organisation rigoureuse
Elodie Lansard insiste sur l’observation des enfants. Il ne suffit pas de jeter un œil de temps en temps dehors. Un protocole de surveillance du dortoir avec sorties régulières, est en place. Autre impératif, les lits doivent être visibles depuis l’intérieur. « Ce n’est pas comme en salle où on voit tout d’un seul coup d’œil, prévient la directrice. L’extérieur peut créer des angles morts, il faut être plus attentif. » À la crèche Sainte Amélie, le positionnement des lits est pensé pour qu’ils soient tous visibles depuis la salle de vie, à travers de larges baies vitrées. « On a revu la disposition des lits suite à un échange avec la PMI. Maintenant, je peux voir un enfant à trois lits de distance. »
Une mise en place progressive
Les nouveaux arrivants commencent par dormir à l’intérieur pendant un mois environ, le temps qu’ils se familiarisent avec la crèche et que les professionnelles repèrent leurs habitudes et leur rythme. Le passage au sommeil extérieur est progressif : les premiers à sortir sont les enfants qui s’endorment facilement et qui semblent sécurisés. Ce temps d’observation est indispensable. Ensuite, les siestes ont lieu dehors par défaut, sauf conditions climatiques extrêmes (gel, canicule). Elodie Lansard observe qu’il n’y a pas de réticence particulière du côté des parents, la pratique est même le plus souvent bien accueillie. « Certains souhaitent même que leurs enfants dorment tout de suite à l’extérieur, ajoute la directrice. Alors, dès le début, on leur rappelle que dormir dehors, ce n’est pas un critère de réussite. C’est ce qui correspond le mieux à leur enfant qui compte. » Le confort des enfants prime sur toute autre considération. « Quand un enfant est malade, enrhumé, on préfère le laisser à l’intérieur pour mieux surveiller son état de santé. »
Une tranche d’âge ciblée
Dans l’organisation de la crèche Sainte Amélie, les plus grands occupent déjà les espaces extérieurs pour leurs jeux et explorations.« Le projet de sieste à l’extérieur a été conçu spécifiquement pour les bébés (3 à 14 mois) qui sont les seuls à ne pas profiter du jardin », précise la directrice. Néanmoins, la sieste dehors peut être effectuée à tous les âges.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 10 juin 2025
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Ayant moi-même été exposée au froid bébé dans le but de « renforcer » mon immunité, j’en garde une expérience plutôt négative. J’étais souvent malade et, adulte, j’ai développé des troubles de la thermorégulation. Cette pratique demande vraiment beaucoup de prudence.