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L’accueil dans la petite enfance en Belgique

En Belgique, le secteur de la petite enfance est en pleine réforme. Cette réforme de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) a notamment pour objectif de réduire le nombre de milieux d’accueil et d’améliorer la qualité d’accueil. Initiée en 2019, elle doit se déployer sur 5 ans.

Une petite enfance en mutation

Début 2019, l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) a approuvé une série de réformes qui se déploiera progressivement sur 5 ans. Le but ? Donner un cadre plus clair pour les métiers de la petite enfance et les structures d’accueil. Il existait par exemple une quinzaine de milieux d’accueil subventionnés différents : crèche, maison communale, halte-garderie, pré-gardiennant, accueillante… Les parents ne s’y retrouvaient plus. Les avantages n’étaient pas les mêmes. L’ONE a donc décidé de simplifier tout cela pour que demeurent deux modes d’accueil principaux : les crèches et les accueillantes (l’équivalent de nos assistantes maternelles).

Dans les crèches, sur le terrain, des « puéricultrices », pour diriger les crèches, toute une équipe

Les crèches fonctionnent sensiblement comme celles de France mais avec d’autres quotas et d’autres métiers. Elles sont souvent composées d’une équipe dite d’encadrement qui comprend 1 professionnel pour 7 enfants, (il n’y pas de distinction entre marcheurs ou non-marcheurs) et d’une équipe psycho médico-sociale.
L’équipe d’encadrement se compose en général de 2 « puéricultrices », car il n’existe pas de crèches de moins de 14 berceaux (et comme c’est 1 pour 7, il y en a donc minimum 2). La puéricultrice est la personne qui s’occupe de l’enfant, de son arrivée à ses 3 ans, du change, du repas, des activités… Contrairement à la France, ce n’est pas une infirmière. Elle a obtenu un « diplôme de qualification » dans une filière professionnelle. Elle a un niveau fin de lycée. Il peut aussi y avoir 1 puéricultrice et 1 auxiliaire de la petite enfance : elle a les mêmes attributions que la puéricultrice mais a fait moins d’études, réalisé une formation moins poussée, le tout en alternance. L’équipe psycho médico-sociale quant à elle est en charge de la gestion globale de la crèche (gestion des inscriptions des enfants, des dossiers médicaux, des participations financières des parents, du personnel, du projet d’accueil et de sa mise en place,…) et comprend :

• une directrice qui possède un diplôme de travailleur psycho-médico-social (une infirmière, une assistante sociale, une institutrice, une psychomotricienne…) équivalent à un niveau BAC + 3 minimum. Ce poste est à temps plein à partir de 70 enfants. En-dessous, c’est un mi-temps (19h/semaine)
• une travailleuse psycho-médico-sociale (TMS) à mi-temps par tranche de 36 enfants. (même diplôme que pour la direction de crèche)

Il est à noter que les crèches belges n’ont pas d’EJE. Il existe bien un métier d’éducateur, mais qui n’a rien à voir avec nos EJE. Ce n’est pas un spécialiste de la petite enfance et c’est un poste très rare en crèche. Il exerce plutôt dans les écoles.

Les accueillantes : des professionnelles de l’accueil individuel

Les accueillantes, c’est le joli nom donné aux assistantes maternelles. On les appelait autrefois « gardiennes». L’ONE les contrôle et leur donne des agréments pour un maximum de 4 enfants. Contrairement à la France, beaucoup d’entre elles sont salariées. En effet, une assistante sociale par exemple crée une structure juridique dans laquelle elle embauche des accueillantes. Celles-ci restent cependant travailler à leur domicile. Elles sont donc salariées mais travaillent de chez elles. Il existe également des accueillantes indépendantes, complètement à leur compte. Car en réalité, le mode d’accueil de la Belgique se divise en deux catégories : les subventionnés ou les non subventionnés.

Accueil subventionné ou non subventionné, quel coût pour les parents ?

Quel que soit le mode d’accueil choisi par les parents (crèche ou accueillante), il existe en effet deux systèmes : subventionné ou non-subventionné. Autrement dit, public ou privé. Les crèches subventionnées reçoivent par exemple des subventions de l’ONE pour le personnel notamment : un équivalent temps plein et demi pour 7 enfants. Elles font également appel à d’autres aides et arrivent à financer d’autres postes soit par les régions, soit par le fédéral.
Côté accueillantes, c’est la structure créée par l’assistante sociale qui gère plusieurs accueillantes qui est subventionnée par l’ONE. Les accueillantes indépendantes ne sont donc pas subventionnées même si elles sont contrôlées par l’ONE. Que reste-il alors à la charge des parents ?
Puisque ce sont les structures qui sont subventionnées, les parents n’ont aucune démarche à effectuer de leur côté. C’est beaucoup plus simple. Il reste à leur charge un montant qui varie en fonction de leurs revenus qui s’échelonne entre 2,61 € à 36,82 € par jour.
En revanche, si l’enfant fréquente un accueil non subventionné, le prix est libre. Mais il se situe en général autour de 13€ par jour, montant journalier déductible des impôts fixé par la Belgique. En effet, que l’enfant soit donc gardé en accueil subventionné ou non, les parents bénéficient tous d’un crédit d’impôt à hauteur de 13,70€ par jour maximum. En fin d’année, la crèche ou l’accueillante leur remet alors une attestation qui leur permet de calculer le montant du crédit.
Bien évidemment, les parents préfèrent opter pour un mode de garde subventionné, ce qui leur permet d’avoir des prix encadrés. Voilà pourquoi c’est le mode de garde privilégié des Belge : 71,2% d’entre eux optent donc pour le subventionné, dont 50,2% pour la crèche où les enfants sont encadrés par des professionnels formés.

Une formation hétérogène pour les pros

Les professionnels de la petite enfance possèdent tous des diplômes différents. Certains partent dans des cursus professionnalisants, comme les puéricultrices et obtiennent leur diplôme vers 18/19 ans. D’autres poursuivent leurs études et obtiennent un niveau BAC+3 comme les éducateurs par exemple. Enfin, certains optent pour une plus petite formation en alternance comme les auxiliaires de petite enfance.
Les accueillantes quant à elles ont une toute petite formation de 250 heures et un stage long de plusieurs mois obligatoire. Ce panorama disparate ne va pas dans le sens de la réforme, bien au contraire !
Désormais, tous les professionnels de la petite enfance doivent avoir leur CESS : certificat d’enseignant secondaire supérieur (ce qui correspond à notre Bac). La réforme vient donc bousculer les codes et ce n’est pas au goût de tout le monde. Quid des professionnels déjà en place qui ne possèdent pas leur CESS et qui n’ont pas encore assez d’expérience pour faire valoir leur professionnalisme ?
La question reste en suspens pour le moment. Quoiqu’il en soit, l’ONE réfléchit à un bachelor petite enfance qui pourrait voir le jour dans les années à venir. Affaire à suivre…

Merci à Nicole Roland, Directrice des Relations Externes et Internationales à l’ONE .
Merci à Nancy Van Volxem, Directrice de la crèche « Les Lutins » à Wanfercée-Baulet (Belgique)

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Laure Marchal

PUBLIÉ LE 20 septembre 2021

MIS À JOUR LE 07 octobre 2024

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