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L’herpès chez les petits : un virus plus dangereux qu’il ne paraît

Avec ses boutons de fièvre connus de tous, l’herpès peut paraître presque anodin. Pourtant, dans de rares cas, cette infection virale peut avoir des conséquences très graves sur les enfants accueillis, d’où l’importance d’une prévention et d’un accompagnement scrupuleux de la part des professionnelles.

L’herpès est une infection virale causée par le virus de l’herpès simplex (HSV). Il en existe deux types : HSV-1 et HSV-2.

L’infection au HSV-1

Le type 1 (HSV-1) est responsable de la majorité des infections, notamment de l’herpès buccal, qui touche fréquemment les enfants et circule communément dans les lieux d’accueil du petit enfant. Ce virus très contagieux, se transmet par contact direct via les lésions d’une personne infectée. Peu par contact indirect car le virus ne survit qu’une ou deux heures sur des objets ou surfaces contaminés.

Une gingivo stomatite désagréable

Une primo-infection au HSV-1 est dans 90% des cas silencieuse chez les enfants. Quand elle se manifeste, c’est généralement sous la forme d’une gingivo-stomatite qui touche surtout les enfants de 2 à 4 ans. Rarement ceux avant 6 mois en raison de l’immunité maternelle. Après une incubation de 3 à 6 jours apparaissent une fièvre élevée et des ganglions, puis une atteinte de la sphère buccale. Les lésions dans la bouche débutent par un œdème et une rougeur de la muqueuse buccale surtout au niveau des gencives qui peuvent saigner au contact. Puis apparaissent des vésicules – à ne pas confondre avec le syndrome pied-mains-bouche – qui évoluent rapidement en lésions érosives douloureuses recouvertes d’un enduit blanchâtre responsable d’une haleine fétide.

Dans ses formes sévères elle peut rendre la prise d’aliments et de boisson tellement douloureuse qu’elle peut entrainer une déshydratation. La guérison a lieu généralement en 8 à 15 jours sans séquelles. L’éviction n’est pas obligatoire mais pour le confort de l’enfant, mieux vaut garder l’enfant à la maison le temps que les symptômes s’atténuent.

Comment la traite-t-on ?

Pour faire descendre la fièvre et lutter contre la douleur, le médecin prescrit des antalgiques-antipyrétiques comme du paracétamol. On l’associe à un anti-viral spécifique en solution buvable (aciclovir (Zovirax). Il est recommandé de commencer le traitement dans les trois premiers jours suivant l’apparition des symptômes pour réduire la durée de la maladie et limiter la contagiosité.
Les parents doivent rester vigilants sur l’état d’hydratation de l’enfant en le faisant boire régulièrement par petites gorgées. Si l’enfant n’arrive plus à bien s’hydrater, une courte hospitalisation est parfois nécessaire.

Comment la prévenir ?

Pour limiter la contagion d’un cas d’herpes en crèche, on recommande d’adopter quelques mesures d’hygiène comme

  • Se laver les mains fréquemment et utiliser une solution hydro-alcoolique de manière systématique après le change et les soins, pour tous les enfants.
  • Face à un petit « en crise » toujours utiliser des gants jetables au moment du soin, particulièrement de la zone buccale. Veiller ensuite à jeter immédiatement ces gants avant de toucher tout autre objet.
    Changer ou nettoyer (à 60°C ou plus) les biberons, verres, couverts, serviettes et le linge de maison très régulièrement. Porter une attention particulière à ce qu’ils fassent l’objet d’un usage unique et individuel (ne pas partager une serviette entre plusieurs enfants, par exemple).
  • Nettoyer rigoureusement et quotidiennement les surfaces où évoluent les enfants en insistant sur les poignées de porte, téléphones et jouets.
  • Mettre les enfants à risques à distance des enfants contagieux, quand cela est possible.
  • Ne pas oublier que la contamination peut se faire entre un adulte porteur et les enfants accueillis. Si vous avez des résurgences d’herpès, attention à ne pas embrasser les enfants et à porter un masque au cours de la journée de travail.

Des formes graves parfois

Les nourrissons de moins de 3 mois ou certains enfants à risque – souffrant d’eczéma atopique sévère ou ayant des déficits immunitaires – sont plus susceptibles de développer des formes graves d’infection herpétique. Exceptionnellement aussi le virus de l’herpès de type 1 va provoquer une encéphalite herpétique : le risque de séquelles neurologiques graves voire de décès est important et il faut une prise en charge de toute urgence.

L’infection au HSV-2

L’herpès de type 2 (HSV-2), responsable de l’herpès génital, sexuellement transmissible, représente un danger majeur pour les nouveau-nés, qui se contaminent lors de l’accouchement par voie basse. Là aussi des complications graves peuvent survenir si l’infection se propage aux organes ou atteint le système nerveux central.

Une maladie qui peut évoluer par poussées

Une fois que l’enfant a contracté le virus de l’herpès, celui-ci reste latent dans l’organisme, au niveau d’un ganglion sensitif. Il peut se réactiver lors d’une grande fatigue, de stress, d’une exposition au soleil, de la sortie d’une dent, de fièvre ou d’un affaiblissement du système immunitaire… Ces récidives sont beaucoup moins sévères que la première infection, mais peuvent être gênantes. Les symptômes sont souvent plus localisés avec une prédilection pour le bord externe de la lèvre, (le « bouton de fièvre »).

Merci au Dr Ordioni, pédiatre.

Pour aller plus loin
Consulter le Guide pratique collectivités de jeunes enfants et maladies infectieuses

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 07 février 2017

MIS À JOUR LE 25 avril 2025

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