S’abonner

Réussir les transmissions : les 4 règles d’or

Le temps des transmissions en crèche se joue parfois dans l’agitation des arrivées du matin et des départs du soir. Quelques minutes à peine, parfois happées par la logistique, mais il s’agit pourtant d’un moment décisif : c’est là que s’assure la continuité entre la maison et le lieu d’accueil. Le Référentiel national de qualité de l’accueil du jeune enfant rappelle d’ailleurs que ces échanges ne se résument pas à transmettre des informations pratiques, mais qu’ils constituent un véritable acte professionnel. Les explications de Isaure Lépinel, EJE libérale, Au tour de l’Enfant.

Les transmissions ne sont donc pas un rituel administratif, mais un espace éducatif à part entière. Elles exigent une observation fine, une narration incarnée, une communication choisie avec soin et une ouverture à l’échange. Lorsqu’elles sont menées avec exigence et bienveillance, elles donnent à l’enfant la sécurité d’un fil continu entre ses deux univers, à ses parents la confiance et la sérénité, et aux professionnels la reconnaissance de leur savoir-faire. Voici les 4 moments clés qui feront des transmissions un pilier de la qualité d’accueil et que de simple compte-rendu, elles deviennent lien de confiance.

1. Observer pour mieux transmettre

La qualité d’une transmission repose d’abord sur une observation fine. Observer l’enfant dans sa globalité, ce n’est pas seulement noter la durée de ses siestes ou la quantité de son repas. C’et s’intéresser à ses émotions, à ses interactions, à ses découvertes, à la façon dont il s’approprie son environnement. Dire qu’un bébé a longuement observé un mobile, qu’un enfant a ri en jouant avec un camarade ou qu’un autre a tenté avec persévérance d’empiler deux cubes, c’est donner à voir la richesse de sa journée. Ces micro-observations sont en réalité autant de témoins de son développement. Elles traduisent une attention professionnelle et offrent aux parents une image positive et vivante du vécu de leur enfant.

2. Raconter le vécu plutôt que décrire la technique

Réduire une transmission à un relevé de soins, c’est finalement priver les parents d’une compréhension profonde de la journée de leur enfant. Le Référentiel insiste sur la nécessité de considérer l’enfant comme un sujet à part entière. Raconter qu’il « a semblé inquiet lors du départ d’un camarade mais s’est apaisé avec son doudou », ou « qu’il s’est montré concentré pendant un atelier sensoriel », permet aux parents de se projeter dans son expérience. C’est aussi une manière de reconnaître ses émotions, de valoriser ses initiatives et de donner du sens aux moments de son quotidien. Même un tout-petit qui ne marche ou ne parle pas encore a vécu, dans la journée, des découvertes qu’il est précieux de restituer.

3. Choisir les mots justes et bienveillants

La façon de dire est tout aussi importante que ce qui est dit parce que les mots façonnent la relation de confiance. Une transmission maladroite, perçue comme un jugement, peut fragiliser le lien avec les familles. C’est pourquoi le Référentiel encourage une communication claire, descriptive et non jugeant. Parler d’un enfant « difficile » ou « capricieux » enferme son comportement dans une étiquette. Au contraire, décrire qu’il « a eu besoin de plus de présence aujourd’hui » ou qu’« il s’est montré fatigué » ouvre à l’échange et laisse la place au parent pour compléter, nuancer, partager son propre regard. La bienveillance, ici, n’est pas un supplément de douceur : c’est une véritable exigence professionnelle.

4. Construire une véritable coéducation

Il est important de comprendre que les transmissions ne sont pas un monologue du professionnel, mais un espace de dialogue. Donner la parole aux parents, écouter leurs observations, poser des questions ouvertes, c’est les reconnaître comme partenaires. Le Référentiel insiste également sur cette coéducation : les parents apportent une connaissance intime de leur enfant, les professionnels une observation distanciée et quotidienne. Ensemble, ils construisent alors une continuité qui sécurise l’enfant. Lorsqu’un parent partage que son enfant a mal dormi la nuit, l’équipe peut mieux comprendre sa fatigue dans la journée. Lorsqu’un professionnel raconte une nouvelle compétence observée, les parents peuvent l’accompagner à la maison. Cette coopération renforce le sentiment de confiance mutuelle et valorise chacun dans son rôle.

 Et chez les assistantes maternelles ?

Pour les assistantes maternelles, la transmission est encore plus personnalisée. La relation avec les parents, directe et quotidienne, permet souvent des échanges plus longs et détaillés, mais l’exigence reste la même : restituer le vécu de l’enfant, ses émotions, ses découvertes et pas seulement les aspects techniques de son quotidien. Les supports comme le cahier de vie ou les photos peuvent enrichir la communication, à condition de respecter la confidentialité et d’obtenir le consentement des familles.
La proximité de la relation suppose aussi de poser un cadre professionnel. Fixer des moments d’échange, rester attentif au choix des mots, savoir différer une discussion importante pour la mener au calme sont des attentions qui contribuent à la qualité de la communication. Comme pour les structures collectives, l’essentiel reste d’offrir aux parents un récit bienveillant et le plus fidèle possible du vécu de leur enfant, et de nourrir avec eux une relation de confiance durable.

Isaure Lépinel

PUBLIÉ LE 24 septembre 2025

Ajouter aux favoris

Une réponse à “Réussir les transmissions : les 4 règles d’or”

  1. Céline Chez dit :

    Les transmissions sont un moment important pour moi, car elles permettent de créer une vraie relation de confiance entre la famille, l’enfant et moi.
    Quand un parent part rassuré, l’enfant le ressent tout de suite et se sent lui aussi en sécurité.
    C’est un petit temps d’échange qui compte beaucoup, pour que chacun se sente bien et que la journée démarre ou se termine sereinement.

    https://chubert91assmat.netlify.app/

Laisser un commentaire