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Zoom sur… les crèches intergénérationnelles

Le secteur de la petite enfance aime se lancer de nouveaux défis. Ces dernières années, on a pu voir éclore un nouveau concept : les crèches intergénérationnelles. Aucun chiffre à ce jour n’est disponible, mais des initiatives prennent vie un peu partout en France que ce soit à Bordeaux, Rennes, Toulouse ou encore Tourcoing. Alors comment ça marche ? Zoom sur ces crèches presque comme les autres.

Des locaux intégrés ou à proximité d’un EHPAD

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces crèches ou micro-crèches fonctionnent comme les autres, à quelques détails près. Leur emplacement d’abord. Pour certaines, la crèche est entièrement intégrée dans les locaux de l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), comme c’est le cas pour « Les Roseraies » à Rennes. Elle occupe en effet tout un étage de la résidence pour personnes âgées. A Tourcoing, en revanche, « Le Jardin des Orchidées » a pris ses quartiers dans le jardin de l’EHPAD. A savoir : côté finance, il est intéressant de noter que les loyers au sein d’un EHPAD sont moins onéreux que dans n’importe quel autre espace. C’est une des raisons pour lesquelles Tom&Josette, premier réseau de crèches intergénérationnelles en France, choisit de payer un loyer plutôt que d’acheter un espace ou de louer ailleurs. D’une part leur trésorerie s’allège et leur permet de se développer rapidement, d’autre part, cela leur permet d’augmenter le revenu des professionnels de la petite enfance. Une équation gagnante-gagnante.

L’éveil des tout-petits, le réveil des personnes âgées

Le but de toutes ces crèches et de leurs dirigeants est le même : favoriser les échanges entre enfants et personnes âgées. Comment ? Par l’intermédiaire d’ateliers. Lecture, chansons, gym douce, motricité fine… Parfois, cela peut même être un moment de cuisine partagée à l’heure du goûter ! Tout est prévu pour permettre l’éveil des tout-petits et le réveil cognitif des personnes âgées. Ces temps se font durant 1 heure, ou 1h30 selon les emplois du temps de chacun et grâce à la bonne coordination des équipes.

Un enfant pour bien grandir à besoin qu’un adulte lui consacre du temps. Et les personnes âgées dans un EHPAD en ont à revendre. Les moments d’échange entre eux se font donc avec beaucoup de douceur, sans la pression de l’horloge. Et quel bonheur pour le petit d’avoir un adulte rien que pour lui ! Quand on sait que la loi impose 1 professionnel pour 8 marcheurs, c’est un luxe d’avoir un adulte dédié. Les enfants prennent aussi l’habitude de côtoyer des personnes différentes : plus vieilles, avec une canne, en fauteuil roulant… Cela les confronte à la différence, leur procure une ouverture d’esprit et les amène à plus de tolérance.

En France, 27% des personnes âgées se sentent seules. Un problème sociétal que la crèche intergénérationnelle pourrait en partie résoudre. En effet, avec ce concept, les bienfaits pour les personnes âgées sont nombreux. « On leur redonne une place dans la société », analyse Anna Escande, DRH chez Tom&Josette. « Auparavant, nous vivions davantage avec nos anciens et ils avaient une vraie fonction dans la famille. On leur redonne alors les fonctions qu’ils n’ont plus ». Les personnes âgées peuvent de nouveau échanger et transmettre. Avec les enfants bien sûr, mais aussi avec les pros de la petite enfance et parfois même avec les parents.

Mieux, quand des ateliers sont par exemple organisés avec des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, on constate « une nette amélioration de leur état de santé, avec une diminution des dégradations cognitives après plusieurs ateliers », souligne Anna Escande. Un comité scientifique a d’ailleurs été mis en place pour les observer.

Des professionnels motivés, parfois avec une double compétence

Les professionnels de la petite enfance se coordonnent avec leurs homologues des EPHAD, et sont intégrés à certaines réunions. C’est l’une des clés de réussite. Pas de surcharge de travail alors pour les pros ? Pas vraiment. « Cela déplace la charge de travail. Au lieu d’organiser des ateliers uniquement pour les enfants, on ouvre le scope pour que ça fonctionne sur les deux populations », explique Anna Escande, du réseau Tom&Josette, qui a ouvert 2 crèches intergénérationnelles pour le moment, bientôt 6 en février, et avec l’ambition d’en ouvrir 100 en 5 ans. Il faut donc des pros en mesure de penser des ateliers pour les deux générations. Et pour cela, il faut des pros qui en ont envie. « C’est un prérequis lors des recrutements. Nous mesurons l’intérêt de la personne pour l’intergénérationnel », poursuit Anna Escande. « Si l’envie est présente, la structure peut les aider à monter en compétences », ajoute-t-elle. La deuxième clé de réussite réside donc probablement dans le recrutement des pros. Une astuce : créer des équipes mixtes. Engager des pros qui ont déjà travaillé avec des personnes âgées. « Nous avons par exemple dans nos équipes des auxiliaires de puériculture qui étaient auparavant auxiliaires de vie », souligne Anne Escande. Ces pros peuvent alors guider les autres dans la manière d’interagir avec les personnes âgées qui adorent être au contact des petits.

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Laure Marchal

PUBLIÉ LE 04 octobre 2021

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