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Assistant familial : un décret renforce la formation et les conditions d’obtention du diplôme 

Un décret pris en application de l’article 9 de la loi n° 2005-706 du 27 juin 2005 relative aux assistants maternels et aux assistants familiaux a été publié le 1er avril. Il renforce les conditions de formation et d’obtention du diplôme d’assistant familial. Une avancée significative pour la profession.

Le métier d’assistant familial est en panne d’attractivité. La loi Taquet du 7 février 2022 a permis des avancées, mais pas suffisantes. « Parmi les différentes propositions qui étaient ressorties de nos discussions, il y avait celle de valoriser le métier, lui apporter une plus grande reconnaissance, explique Thierry Herrant, chargé de mission à l’Ufnafaam. Ce décret permet de renforcer le dispositif d’acquisition du diplôme d’Etat, c’est un pas important.»  Le décret n° 2025-305 modifie l’organisation de la formation et les conditions de délivrance du diplôme d’Etat d’assistant familial à plusieurs niveaux.

Stage préparatoire rallongé

Le stage préparatoire est désormais de 100 heures, permettant une immersion dans le milieu institutionnel (au lieu de soixante auparavant). Il est précisé dans le décret : « Son contenu est fixé par arrêté du ministre chargé des affaires sociales. Son suivi conditionne l’inscription de l’assistant familial à la formation prévue au troisième alinéa du présent article. A la fin du stage, l’employeur de l’assistant familial lui délivre une attestation de suivi de stage. » 

Formation diplômante renforcée

La formation diplômante est allongée à 420 heures (240 actuelles), elle doit être faite dans le délai de trois ans après le premier contrat de travail. Elle est dispensée en alternance. Il faut savoir que les modules de formation se déroulent alors que l’assistant familial a déjà été recruté et peut accueillir un enfant, c’est une particularité de cette profession. On parle ainsi plus de  parcours diplômant ou parcours de formation.

Nouveauté, le décret précise que la formation diplômante « se décompose en quatre domaines de formation, chacun étant associé à l’un des blocs de compétences composant le diplôme d’Etat d’assistant familial : accompagnement éducatif, affectif, social et prise en compte des besoins et droits fondamentaux de l’enfant ou du jeune ; accompagnement de l’enfant ou du jeune dans ses relations avec son cercle familial élargi ; place de l’enfant ou du jeune au sein de sa famille d’accueil, de son arrivée à son départ ; contexte d’intervention de l’assistant familial et travail en équipe pluriprofessionnelle. » 

Lire aussi : Assistants familiaux : une proposition de loi pour mieux encadrer la profession

Reconnaissance et professionnalisation

Autre avancée, le diplôme d’Etat d’assistant familial est désormais un diplôme classé au niveau 4 du cadre national des certifications professionnelles. « Ce qui favorise les passerelles professionnelles, souligne Thierry Herrant.  Les profils des assistants familiaux évoluent. Il faut avoir la capacité et la possibilité de rebondir après l’avoir exercé. Et une majorité de personnes entre aujourd’hui dans ce métier en seconde partie de carrière. ».  Ce niveau 4 est également une reconnaissance importante. « Au sein du milieu des travailleurs sociaux, l’assistant familial est considéré comme un semi-professionnel, ajoute Thierry Herrant. En augmentant le niveau de diplôme, il se rapproche de celui des éducateurs. Cela induit une transformation presque culturelle. »

Deux points de vigilance

Des critiques ont été émises concernant l’augmentation du nombre d’heures de formation, certains craignant une diminution du nombre de candidats. Thierry Herrant en doute. Selon lui, « le décret poursuit la professionnalisation du métier qui a été entamée depuis la loi de 2005, en séparant notamment les rôles d’assistant maternel et d’assistant familial.». Néanmoins, le chargé de mission à l’Ufnafaam émet des réserves sur deux points. Pour l’heure, le contenu des formations n’est pas connu, mais il est important de « s’assurer qu’il soit en adéquation avec les besoins pratiques des assistants familiaux », prévient-il. Il insiste notamment sur la prise en charge des enfants avec des pathologies lourdes (environ 25-30% des enfants accueillis) qui nécessite une formation spécifique. Le deuxième risque qu’il mentionne est celui d’une diminution de l’accompagnement en raison de l’augmentation des compétences des assistants familiaux. « C’est très bien si l’assistant familial devient plus autonome, mais il ne faut pas laisser croire qu’il se suffit à lui-même et que l’on peut par exemple se passer d’éducateur référent, insiste-t-il. Cela ne ferait que renforcer l’isolement des assistants familiaux. Le métier doit être intégré dans un travail d’équipe, avec un accompagnement constant des éducateurs référents et des professionnels de santé.»

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 05 avril 2025

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