Budget 2027 : derrière l’effet d’annonce, la FFEC pointe un manque de moyens
La FFEC a fait l’analyse des projets de loi de finances (PLF) et de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2027, déposés à l’Assemblée nationale la semaine dernière. Dans un communiqué publié ce jour, elle déplore que derrière les belles mesures pour la petite enfance annoncées par le gouvernement, les textes prévoient finalement « moins de moyens pour l’accueil des jeunes enfants, plus de charges pour les crèches et rien pour les microcrèches ».
Lors de la rentrée de la petite enfance, la ministre Stéphanie Rist avait annoncé un plan d’urgence de 90 millions d’euros, en soutien à l’accueil du jeune enfant. En effet, le dossier de presse du budget 2027, communiqué la semaine dernière, annonce bien un « soutien supplémentaire de 90 millions d’euros ».
Moins d’argent pour les crèches ?
En revanche la FFEC note que le PLFSS prévoit 500 millions d’euros de ralentissement des dépenses du Fonds Nationale d’Action Sociale (FNAS) de la CNAF qui soutient la création et le fonctionnement des crèches. FNAS dont une large part des fonds restent chaque année non consommés… En 2025, 640 millions n’ont pas été employés. Pour la FFEC, « les crédits que la CNAF n’a pas réussi à dépenser deviennent une économie inscrite dans la loi ».
La FFEC regrette également que les microcrèches Paje soient les grandes absentes de toutes les annonces gouvernementales, non concernées par la revalorisation de la PSU et le bonus territoire qui sont néanmoins un premier pas intéressant. Les familles également seront impactées puisque selon le budget 2027, les prestations familiales devraient être gelées dès le 1ᵉʳ avril, et le CMG en fait bien partie…
Des coûts plus élevés pour les crèches et microcrèches
En 2027, les crèches et microcrèches risquent également de payer plus de charges, annonce la FFEC. Le gel du barème des allègements de cotisations annoncé (chiffré à 5,6M€) pèsera sur les secteurs aux bas salaires, dont les crèches et microcrèches. « S’y ajoutent la réduction des allègements pour les entreprises qui versent de l’intéressement ou une prime de partage de la valeur, et le coût de la vaccination obligatoire contre la rougeole des salariés décidée en 2026, et désormais mis à la charge des crèches », précise la FFEC.
Un État employeur qui ne paie pas le prix juste
Le dossier de presse du budget annonce également 200 places en crèche supplémentaires pour les agents de l’État en 2027. Mais selon la FFEC, l’État employeur refuse d’augmenter le prix qu’il paie aux crèches pour chaque place réservée, alors que « le Gouvernement a porté de 1 660 à 2 600 € par place, l’aide que la CNAF verse aux employeurs qui réservent des places en crèche, dont l’État ». Son guide d’achat impose des prix fermes sans indexation jusqu’en 2029…
Les trois revendications de la FFEC
1. Garder dans la petite enfance l’argent de la petite enfance.
Pour la FFEC, les crédits non employés du FNAS doivent rester affectés à l’accueil du jeune enfant et la PSU devrait échapper au gel des prestations.
2. Payer le juste prix de la qualité.
La FFEC demande qu’un indice public du coût d’une place soit publié chaque année par la CNAF ; et que les aides et prix soient indexés sur cet indice. « L’Etat employeur doit montrer l’exemple », assure la fédération.
3. Les mêmes règles pour tous les enfants.
Les familles accueillies en microcrèche devraient bénéficier des mêmes soutiens que les autres, assure la FFEC. Elle réclame donc que le plafond horaire de 10€, figé depuis 2016, soit révisé, et que les structures aient accès aux bonus de la CNAF pour l’accueil des familles les plus fragiles.
19 amendements au PLF et PLFSS pour 2027 ont été déposés. Annexés au communiqué de la FFEC – qui a travaillé sur certains d’entre eux – ils concernent les employeurs qui soutiennent l’accueil en crèche des enfants en situation de handicap de plus de trois ans, l’utilisation du CIF, le contrôle des EAJE, le CMG, l’exécution du FNAS, la formation d’AP et d’EJE, ou encore la VAE.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 05 octobre 2026