Crèche Tamaris (LPCR) : absence de suivi après un signalement, le SNPPE tire la sonnette d’alarme
À Saint-Mitre-les-Remparts, la crèche Tamaris, gérée par le groupe Les Petits Chaperons Rouges (LPCR), traverse une grave crise, selon le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance (SNPPE). Après un signalement concernant des gestes inappropriés sur un enfant, les salariées dénonçant une absence de mesures concrètes et un climat de travail devenu insoutenable se sont mis en grève. Le SNPPE annonce avoir saisi l’Inspection du travail.
Le 15 octobre dernier, une déléguée syndicale du SNPPE a alerté la direction de la crèche Tamaris au sujet de comportements inappropriés commis par une professionnelle auprès d’un enfant, allant de propos déplacés à un pincement infligé à un tout-petit. Après avoir remonté la situation en CSE, l’élue syndicale a appliqué la procédure de signalement, mais aucune suite n’a été donnée. Malgré la gravité des faits, aucune mesure de protection concrète n’a été mise en œuvre, et il est impossible de savoir si une enquête a été réalisée. Quand l’équipe a relancé la direction, il leur a été répondu qu’il « fallait laisser une chance aux gens ». La salariée mise en cause a été maintenue à son poste.
Une équipe en grève pour faire réagir la direction
Le climat s’est encore plus envenimé lorsque la professionnelle visée a ironisé sur la situation : « Alors, il y a eu de l’action ? », a-t-elle déclaré en début de semaine. Une remarque qui a encore accentué « la souffrance morale et la perte de confiance au sein de l’équipe », souligne le SNPPE. Les salariées ont alors décidé de se mettre en grève le mercredi 12 novembre pour exprimer leur épuisement, forçant enfin la direction à ouvrir le dialogue.
Il semblerait qu’aujourd’hui enfin, près d’un mois après le premier signalement, une enquête RH ait été ouverte. Selon le SNPPE, la direction a demandé aux salariées de remplir des CERFA témoignages pour consigner les faits. Une réaction jugée beaucoup trop tardive par le syndicat et qui « illustre une défaillance majeure du dialogue social et de la gestion des alertes internes ». Le SNPPE rappelle que « c’est au gestionnaire d’assumer pleinement ses responsabilités légales et éthiques vis-à-vis des enfants accueillis et des équipes encadrantes ».
L’Inspection du travail saisie
Face à ces manquements, le SNPPE a saisi l’Inspection du travail et demande :
- « La protection immédiate des salariées contre toute forme de pression ou de représailles » ;
- « Une enquête administrative indépendante sur la gestion du signalement » ;
- « Un renforcement du contrôle public sur la gouvernance et les pratiques du groupe LPCR, déjà interpellé pour des situations similaires ».
LPCR laconique, le SNPPE vigilant
Contacté, le service communication du groupe LPCR s’est contenté d’un message laconique. « Nous n’avons pas de commentaires supplémentaires. Pour votre parfaite information, la grève est terminée et les professionnelles ont repris leur activité. »
Le SNPPE indique qu’il accompagnera les professionnelles concernées « jusqu’à la mise en œuvre de mesures correctives et de garanties effectives de protection ». Le recueil et la gestion des alertes dans les EAJE restent un sujet sensible. Le rapport Dabin (2024) avait insisté sur la nécessité d’un circuit de signalement unifié, afin de garantir que chaque alerte soit traitée rapidement et avec traçabilité. Mais dans la pratique, toutes les crèches n’ont pas le même fonctionnement pour le recueil des alertes et les protocoles ne sont pas toujours appliqués correctement.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 13 novembre 2025