Crèches : Babilou réagit au rapport de l’IGAS sur La Maison Bleue
Babilou a présenté ce 19 juin les grandes lignes de son plan de transformation stratégique. À cette occasion, le groupe, implanté dans 10 pays avec un réseau de près de 3 600 crèches, a aussi réagi à la publication du rapport de l’IGAS sur La Maison Bleue.
A l’issue de la présentation, interrogés sur le rapport IGAS sur La Maison Bleue, Christophe Fond et Mathieu Quéré, ont réagi avec gravité et prudence. Ce rapport, particulièrement critique, alerte sur des dysfonctionnements graves : défaillances en matière de qualité d’accueil, optimisation financière et fiscale, libertés avec la réglementation…« On a lu, et on va le relire à nouveau », insiste Christophe Fond, PDG du Groupe Babilou Family. Les dirigeants ont ajouté avoir immédiatement mobilisé plusieurs responsables internes (anciens DG, directions financière et affaires publiques) pour étudier de façon exhaustive le rapport IGAS. Ils soulignent l’importance de distinguer les deux volets : celui sur la qualité de l’accueil et le fonctionnement des crèches, et l’autre sur les aspects économiques, financiers et structurels. « On reprend ligne à ligne le rapport pour savoir quelle est notre position actuelle, savoir si nous sommes mieux-disants, indique Christophe Fond. Et notre première lecture, nous sommes mieux. Mais nous voulons nous assurer qu’il n’y ait pas d’ambiguïté dans la lecture de ce que nous sommes chez Babilou, par rapport à ce qui a été écrit dans ce rapport. »
Babilou, prêt pour un futur contrôle ?
La direction est restée très prudente dans ses propos sur La Maison Bleue :« Je ne veux pas jeter la pierre à La Maison Bleue. La situation est assez dramatique, non seulement pour eux, mais pour le secteur. », relève le PDG du groupe. Sur la suite, Babilou s’attend a être contrôlé : « C’est une évidence, on se prépare. À partir du moment où on reçoit de l’argent public, il est normal que l’utilisation de cet argent soit contrôlée. » La Maison Bleue, était le premier contrôle d’un groupe de crèches privées, en application de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi qui confie des nouvelles compétences de contrôle à l’IGAS. Les dirigeants affirment n’avoir reçu aucune information officielle à ce sujet, ils considèrent que ce type d’audit est justifié et « aide à progresser, à partir du moment où on engage un dialogue. »
En réponse aux critiques du rapport IGAS concernant la politique d’endettement de La Maison Bleue, les dirigeants de Babilou clarifient leur position : leur dette a été renégociée en 2024 pour arriver à maturité en 2030. Ils déclarent tenir leurs échéances et avoir la confiance de leurs investisseurs, mais ne souhaitent pas communiquer le chiffre exact de la dette. Concernant l’optimisation fiscale, Babilou affirme avoir travaillé le sujet en amont et que tout est conforme.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 19 juin 2025