Du dioxyde de titane détecté dans 83 % des laits infantiles
Une étude scientifique française menée par l’INRAE, l’AP-HP, le CNRS et le synchrotron SOLEIL a révélé la présence de dioxyde de titane dans de nombreux laits infantiles, animaux et humains. Ces particules, parfois à l’échelle nanométrique, sont pourtant associées à des risques sanitaires, notamment en raison de leur potentiel effet cancérigène. Cette découverte intervient malgré l’interdiction de l’additif alimentaire E171 en France depuis 2020 et en Europe depuis 2022.
Le dioxyde de titane est un composé utilisé pour ses propriétés de colorant blanc et d’agent opacifiant, notamment dans l’alimentation, les cosmétiques, les médicaments ou les peintures. Dans les laits infantiles, il n’est normalement plus autorisé, mais sa présence résiduelle semble provenir de contaminations indirectes, via l’environnement ou les emballages.
Du dioxyde de titane présent dans plus de 80% des laits pour bébé
Concernant les laits infantiles, les chercheurs ont détecté des nanoparticules dans 83 % des produits analysés, qu’ils soient issus de l’agriculture biologique ou conventionnelle, et ce, dans toutes les catégories d’âge. Les concentrations varient fortement mais peuvent atteindre plusieurs milliards de particules par litre. Cette contamination concerne des produits du commerce destinés aux nourrissons, une population particulièrement sensible à l’exposition aux substances chimiques.
Les scientifiques ont également mis en évidence la présence de dioxyde de titane dans tous les échantillons de lait maternel prélevés auprès de dix femmes vivant en région parisienne. Cela montre que cette substance parvient à franchir la barrière de la glande mammaire. Les quantités détectées variaient d’une femme à l’autre, suggérant un lien avec l’environnement, les habitudes de vie ou l’usage de produits contenant du dioxyde de titane.
Par ailleurs, tous les laits animaux étudiés, qu’ils proviennent de vaches, chèvres ou ânesses, et qu’ils soient issus de filières biologiques ou non, présentaient également des particules de dioxyde de titane. Cela souligne une contamination diffuse, vraisemblablement liée à l’environnement, à l’eau, à l’air ou aux matériaux d’emballage.
Appel à la vigilance
L’interdiction du dioxyde de titane dans les aliments ne suffit donc pas à éliminer l’exposition des nourrissons. Cette substance reste omniprésente dans des produits non alimentaires comme les crèmes solaires, les dentifrices ou les plastiques, et peut contaminer indirectement les aliments, y compris le lait infantile.
Les auteurs de l’étude appellent à la vigilance et insistent sur la nécessité d’approfondir les recherches sur les effets de ces particules, en particulier lorsqu’elles agissent en combinaison avec d’autres substances. Le lait étant l’unique source de nutrition pour les nourrissons durant leurs premiers mois, sa qualité sanitaire revêt une importance majeure pour leur développement et leur santé future.
Source : Du dioxyde de titane détecté dans le lait, malgré l’interdiction du E171
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 24 juillet 2025