Enquête : Trop de sucre dans les produits d’alimentation infantile
L’association CLCV (consommation logement cadre et vie) a rendu publique ce vendredi 19 octobre une enquête portant sur 207 produits d’alimentation pour enfant de moins de 3 ans. Son constat : les allégations nutritionnelles et « santé » portent sur des produits pourtant très sucrés et contenant des additifs. L’association pointe aussi une réglementation européenne obsolète et trop permissive. Face à cela elle émet des recommandations.
Des allégations trompeuses
Dans le cadre de son enquête alimentation rendue publique ce 19 octobre 2023, l‘association CLCV a cherché à se pencher sur l’alimentation des tout petits. Son point de départ : « De nombreux produits alimentaires destinés aux bébés vendus en grande surface portent des mentions telles que « Réduit en sucre », « Sans sucres ajoutés », etc., ce qui leur donne une image de santé », lit-on dans le dossier envoyé à la presse à cette occasion.
Le problème : 30 % de ces produits contiennent des ingrédients sucrés, ce qui est préoccupant car cela normalise le grignotage et la consommation de desserts sucrés chez les enfants. Constat d’autant plus alarmant que « 29% des enfants de 2 à 4 ans sont en surpoids et/ou en situation d’obésité en 2021 », tient à rappeler l’association.
Des additifs trop courants
De plus, bien que les additifs autorisés en alimentation infantile soient limités (65 autorisés contre environ 320 en alimentation classique), 38 % des produits étudiés en contiennent tels que des épaississants, des émulsifiants et des correcteurs d’acidité, principalement dans les produits laitiers. Les arômes sont également présents dans plus d’un tiers des produits, ce qui peut influencer les préférences gustatives des enfants et les encourager à préférer des aliments plus gras et sucrés. Il est important de noter que des produits sans arômes, ni additifs sont disponibles dans toutes les catégories, ce qui montre que cela est possible.
Une réglementation qui doit évoluer
Face à cet état des lieux plutôt inquiétant, CLCV souligne que la réglementation européenne actuelle sur les produits alimentaires destinés aux enfants est obsolète et trop permissive. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère également cette réglementation comme insuffisante, recommandant des mesures strictes telles que l’interdiction d’allégations nutritionnelles ou de santé, l’absence d’ajout de sucre dans les recettes, l’interdiction de la vente de confiseries et de boissons sucrées, et l’établissement de limites maximales de teneur en sucre pour certains produits. Ces recommandations ne sont que peu suivies en France. En conséquence, il semble nécessaire à l’association de mettre à jour la réglementation pour améliorer la qualité des produits alimentaires destinés aux enfants.
Des recommandation pour améliorer l’offre infantile
L’association suggère également, dans la lignée de cette enquête, plusieurs mesures aux industriels et aux législateurs européens. L’objectif : améliorer la qualité nutritionnelle des produits destinés aux enfants. Elles comprennent :
- la réduction ou la suppression des sucres ajoutés, en évitant l’ajout de sel dans les recettes,
- la réduction de l’utilisation d’additifs et d’arômes,
- la commercialisation limitée de produits de type snacks et desserts sucrés,
- la restriction des allégations marketing idéalisant la qualité des produits,
- la promotion de repas salés nutritionnellement denses avec peu de légumes sucrés et une cuisson réduite,
- le renforcement de la réglementation européenne pour fixer des limites maximales en sucres, matières grasses et sel, en suivant les recommandations de l’OMS,
- la mise en place d’un étiquetage nutritionnel clair et facilement lisible sur les produits destinés aux enfants.
Source : https://www.clcv.org/storage/app/media/enquete-produits-dalimentation-infantile.pdf
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 19 octobre 2023