Infans placé en redressement judiciaire : les droits des salariés sont bafoués alerte le SNPPE
Les salariés du group Infans sont dans le flou et privés de leurs droits élémentaires depuis le placement en redressement de l’entreprise en mars dernier. Le SNPPE monte au créneau.
Le groupe Infans, dont le siège est situé dans le Rhône, est en redressement judiciaire depuis le 11 mars 2025. Et la situation des salariés est très préoccupante, alerte le SNPPE dans un communiqué publié hier. Les salariés d’Infans sont en effet privés de droits élémentaires, avertit le syndicat :
- Pas de CSE mis en place malgré l’obligation légale ;
- Une représentante du personnel élue dans l’urgence, mais écartée de toutes les étapes de la procédure ;
- Des audiences du tribunal de commerce tenues sans convocation de la représentante des salariés ;
- Aucun accès réel aux informations sur les offres de reprise ni aux repreneurs ;
- Des réunions à huis clos avec les mandataires, l’administrateur judiciaire, les juges et M. Combe, dirigeant de l’entreprise, sans présence des salariés ou de leur défense.
Des pratiques inacceptables
Alerté par des salariés, le SNPPE dénonce également des « atteintes graves aux droits individuels » telles que « modifications illégales des dates d’ancienneté, non-respect de la convention collective, absence de réponse aux demandes de reclassement ou de régularisation de statut. »
Pour rappel, l’entreprise Infans Group, spécialisée à l’origine dans la formation à distance de professionnels de la petite enfance, a acquis en 2023 la majorité des crèches Neokids. L’entreprise a mis en place un modèle économique qu’on peut qualifier de low cost, au détriment des enfants et des professionnels. Deux ans après la reprise des crèches, l’entreprise n’a cependant pas réussi à surmonter les difficultés financières. À date, 7 crèches ont été fermées et 10 doivent mettre la clé sous la porte le 31 mai. « Seules 9 crèches seraient potentiellement reprises, sans que les salariés n’aient pu échanger avec les repreneurs ou connaître les conditions de ces reprises », indique le SNPPE. Face à l’opacité, le syndicat demande à ce que la représentante élue soit « convoquée, consultée, écoutée ». Avant de conclure : « Nous refusons que les professionnels de la petite enfance soient une fois de plus les oubliés d’une procédure menée sans éthique ni considération humaine.»
Candice Satara
PUBLIÉ LE 16 mai 2025