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Selon une nouvelle étude, les enfants commencent à faire des ruses dès 8 mois

Dès les premiers mois de vie, les enfants développent des comportements surprenants qui s’apparentent à des formes précoces de mensonge. Publiée dans la revue Cognitive Development, une étude récente apporte un nouvel éclairage sur l’apparition et l’évolution de ces comportements durant la petite enfance, en proposant un outil de mesure spécifique et une cartographie précise de leur développement.

Les chercheurs s’appuient sur plusieurs études et sur les réponses de plus de 750 parents pour analyser comment la tromperie émerge, se structure et se généralise au cours des premières années de vie.

Les premières formes de tromperie apparaissent très tôt

Les résultats montrent que des comportements assimilables à de la tromperie peuvent apparaître dès l’âge de huit mois. Les enfants peuvent, par exemple, détourner l’attention, cacher un objet ou faire semblant de ne pas entendre une consigne. Avant 4 ans, jusqu’à 16 types différents de tromperie ont été identifiés par les chercheurs, illustrant une grande diversité de stratégies dès la petite enfance.

Une progression rapide et quasi universelle

La fréquence de ces comportements augmente rapidement avec l’âge. Environ 25 % des enfants présentent déjà une forme de tromperie vers 10 mois, 50 % autour de 16 à 17 mois et près de 97,5 % avant 38 mois. Cette progression rapide montre que la tromperie fait partie du développement typique, et non d’un comportement déviant.

Une tromperie d’abord simple puis de plus en plus élaborée

Chez les plus jeunes, la tromperie est principalement comportementale et non verbale. Elle consiste surtout à éviter une interdiction ou à obtenir un avantage immédiat. À partir de 2 à 3 ans, elle devient plus sophistiquée et inclut le mensonge verbal, l’exagération, l’omission d’informations ou encore l’invention d’histoires. Cette évolution reflète le développement des capacités cognitives, du langage et de la compréhension des intentions d’autrui.

Un phénomène influencé par l’environnement social

Les résultats montrent un lien entre les comportements des parents et ceux des enfants. La tromperie utilisée par les adultes est associée à une meilleure compréhension de ces comportements chez l’enfant. Cependant, la plupart des parents n’encouragent pas volontairement ces conduites. Il s’agit plutôt d’un apprentissage implicite à travers les interactions quotidiennes.

Un outil fiable pour mesurer la tromperie précoce

L’étude introduit un questionnaire spécifique, le Early Deception Survey, permettant d’évaluer de manière fiable la tromperie chez les enfants de 10 à 47 mois. Les analyses montrent une bonne cohérence interne et une organisation des comportements autour d’une dimension commune, ce qui renforce la validité de cet outil.

Une compétence liée au développement socio-cognitif

La tromperie précoce est liée à des compétences clés comme la cognition sociale, la compréhension des intentions et certaines fonctions exécutives. Elle constitue ainsi un indicateur intéressant du développement global de l’enfant, notamment dans les domaines du langage et des interactions sociales.

Des implications pour les parents et les professionnels

Les résultats suggèrent que ces comportements sont normaux et fréquents. Ils peuvent aider les parents et les professionnels de la petite enfance à mieux comprendre les stratégies des enfants et à anticiper certaines situations du quotidien. Suivre l’émergence de la tromperie pourrait également servir d’indicateur du développement social et émotionnel chez les jeunes enfants.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0885201426000080

Isabele Hallot

PUBLIÉ LE 19 mars 2026

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