Les bébés s’attendent à être consolés quand ils pleurent
Dès l’âge de 6 mois, les bébés semblent déjà avoir une idée assez précise de la manière dont un adulte devrait réagir face aux pleurs d’un nourrisson. Une étude menée auprès de 113 nourrissons montre que le bébé semble s’attendre à ce qu’un adulte interrompe ce qu’il fait pour le aller consoler lorsqu’il pleure. Cette attente est toutefois moins marquée chez les enfants dont la mère présente des symptômes dépressifs.
Pour mener cette étude, les chercheurs ont observé des nourrissons âgés de 6, 9 et 12 mois. Ils leur ont présenté des vidéos de deux situations. Dans l’une, l’adulte interrompait son activité pour réconforter un bébé qui pleurait ; dans l’autre, l’adulte continuait sa tâche sans se soucier des pleurs. L’étude montre que les nourrissons fixaient plus longtemps la scène où l’adulte ignorait les pleurs. Pour les chercheurs cela traduit une forme de surprise, le signe que le comportement de l’adulte ne correspond pas à ce que l’enfant attend. Pour les auteurs de l’étude, cela signifie que les bébés auraient déjà intégré le fait qu’un adulte répond en principe aux pleurs d’un jeune enfant. Quand ça ne se passe pas de cette façon, cela attire leur attention.
Un lien avec les symptômes dépressifs maternels
L’étude montre également une association entre les symptômes dépressifs rapportés par les mères et l’intensité de l’attente de leur bébé. Plus les symptômes de dépression sont intenses, moins les attentes de réconfort du nourrisson semblent fortes. Ce lien se retrouve aussi bien à 6 mois qu’à 9 ou 12 mois. Les chercheurs restent toutefois prudents quant à l’interprétation de ces résultats. L’étude ne permet pas d’établir un rapport de cause à effet. Plusieurs facteurs pourraient entrer en jeu comme les expériences vécues au quotidien par l’enfant ou sa manière de traiter une situation inédite.
Ce que cela implique pour les pros de la petite enfance
Ces résultats rappellent aux professionnels de la petite enfance à quel point les réponses apportées aux pleurs et aux signaux des tout-petits comptent. Ils montrent surtout que les bébés se construisent très tôt des attentes à partir de ce qu’ils observent et vivent, au contact des adultes qui les entourent. Cette notion est importante à transmettre aux parents. Répondre aux pleurs de leur bébé, ce n’est pas le rendre capricieux plus tard. Au contraire ! Cela favorise l’estime de soi, car il comprend qu’il mérite de l’attention. D’après le site 1000 premiers jours, cette perception positive de lui-même, facilitera plus tard ses capacités à s’exprimer, à voir, sentir, toucher, goûter… mais également ses capacités à apprendre, à s’adapter aux nouvelles situations qu’il rencontre, à réguler ses émotions. Tout comme sa confiance en lui et sa capacité, plus tard, à nouer des relations stables et de qualité.
Source : https://psycnet.apa.org/doi/10.1037/dev0002209
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 15 septembre 2026