Les enfants mangent-ils mieux les jours de crèche ?
Les repas pris en EAJE favorisent-ils une alimentation plus équilibrée chez les jeunes enfants ? C’est la question posée par une étude allemande menée auprès de 570 enfants âgés de 1 à 5 ans. Ses résultats montrent que les enfants mangent plus sainement les jours de crèche que les jours où ils restent à la maison.
Les jeunes enfants prennent de nombreux repas en crèche. Mais qu’y mangent-ils ? Et les menus en crèche diffèrent-ils de ceux proposés à la maison ? C’est ce que des chercheurs allemands ont cherché à établir à partir des données de l’étude nationale KiESEL. Leurs résultats ont été publiés le 7 septembre 2026 dans la revue Frontiers in Nutrition.
570 enfants suivis
L’analyse a porté sur 570 enfants âgés de 1 à 5 ans, ayant eu, pendant la période étudiée, au moins une journée en structure d’accueil et une journée sans accueil. Les familles ont renseigné précisément les aliments et boissons consommés par leur enfant sur plusieurs jours. Les repas pris en collectivité occupaient une place importante dans le quotidien des familles interrogées : 93,7 % des enfants prenaient régulièrement au moins un petit-déjeuner dans leur structure et 45,5 % y consommaient régulièrement trois repas. Les chercheurs ont ensuite comparé l’alimentation des mêmes enfants les jours avec et sans accueil en crèche , en tenant compte de leur âge, de leur sexe et du niveau socio-économique de leur famille.
Plus de légumes, moins de produits sucrés
Plusieurs différences se dégagent. Les jours de crèche, les enfants consommaient proportionnellement davantage de légumes et de boissons et moins de viande et de charcuterie. La part des aliments jugés moins sains sur le plan nutritionnel, notamment les sucreries et les boissons sucrées, était elle aussi plus faible. Ces aliments représentaient en moyenne 13,6 % de la consommation alimentaire les jours de crèche contre 17,5 % les autres jours. Les apports en fibres et en calcium, rapportés à l’apport énergétique, étaient également légèrement plus élevés les jours d’accueil. La part des protéines dans l’apport énergétique était un peu plus importante, tandis que celle des lipides était légèrement plus faible. Toutes les différences ne vont cependant pas dans le même sens : certains groupes d’aliments, notamment les fruits, ne différaient pas significativement entre les deux types de journées.
Le rôle central des repas en collectivité
L’étude montre aussi que les repas pris en collectivité apportaient moins de lait et de produits laitiers que ce qui aurait pu être attendu, compte tenu de la part de l’alimentation quotidienne consommée dans les structures.
En France, les repas en crèche encadrés par le PNNS
Les auteurs considèrent les lieux d’accueil du jeune enfant comme des environnements clés pour favoriser de bonnes habitudes alimentaires et cela dès le plus jeune âge. Ils plaident pour des standards de qualité renforcés concernant les repas ainsi que pour un meilleur accompagnement des structures dans leurs achats alimentaires. Cette étude allemande ne peut pas être directement transposée aux crèches françaises dont l’organisation et les recommandations nutritionnelles diffèrent. En France, l’alimentation des jeunes enfants en collectivité s’inscrit dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS). Dévoilé le 8 avril 2026, le PNNS 5 couvre la période 2026-2030 et vise à mieux prévenir les maladies chroniques, à améliorer l’accès de tous à une alimentation saine, durable et de qualité et à accompagner la transformation durable du système alimentaire, tout en réduisant les inégalités sociales et territoriales en nutrition.
Source : https://www.frontiersin.org/journals/nutrition/articles/10.3389/fnut.2026.1864533/full
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 25 septembre 2026