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Les modes d’accueil ont un rôle essentiel dans le développement des jeunes enfants 

Dans le dernier numéro de l’e-ssentiel, la revue de la CNAF, une étude sur « les politiques d’accompagnement au développement des capacités des jeunes enfants » basée sur la recherche scientifique, démontre le rôle essentiel des modes d’accueil dans l’accompagnement des acquisitions fondamentales de l’enfant et leur impact sur les inégalités socio-économiques d’accès, particulièrement marquées en France.


Une étude approfondie menée dans les différents pays de l’Ocde, présentée par la CNAF dans sa dernière revue l’e-ssentiel, démontre que l’accueil en crèche ou par une assistante maternelle atténue les inégalités socio-économiques entre les enfants, « en accompagnant et favorisant les acquisitions fondamentales comme le langage, les capacités pré-mathématiques, les capacités socio-comportementales… » Cependant, cet impact positif dépend tout de même de la qualité de l’accueil, de son accessibilité à tous, du nombre et de la qualité des interactions entre les enfants et les professionnels de la petite enfance. 


L’accueil formel en France présente trois spécificités :

– La France est le seul pays où les assistantes maternelles représentent le premier mode d’accueil. 

– Elle fait cependant partie des pays où les enfants de moins de trois ans sont le plus souvent accueillis dans des modes d’accueil formels et où les volumes horaires d’accueil sont les plus importantes. 

– Elle fait partie des pays aux inégalités sociales les plus fortes, alors que les critères d’attribution des places en crèche visent à privilégier les familles les plus défavorisées…

 

Comment expliquer ces fortes inégalités ? 

Plus ou moins marquées selon les pays, les inégalités d’accès aux modes d’accueil semblent universelles, mais tout particulièrement présentes en France. Selon l’étude de la CNAF, il semblerait que dans tous les pays de l’Ocde, les politiques publiques s’attaquent plutôt aux  contraintes en terme de nombre de places (nombre, critères d’attribution, etc.) et aux barrières financières. Socialement, les familles défavorisées auraient tendance à se tourner vers une garde parentale ou amicale ou bien être freinées par une faible maîtrise des procédures administratives. « Il pourrait aussi exister un décalage entre l’accessibilité réelle de ces structures et celle perçue par ces familles, découlant d’un manque d’information. Par exemple, il est possible que les populations défavorisées ne soient pas informées que l’inactivité d’un des parents n’est pas un frein à l’accès à la crèche. » Enfin, l’étude souligne qu’une compréhension plus fine de ces barrières, notamment dans le contexte français, où peu de travaux de terrain sont disponibles « alors que le paysage institutionnel apparaît comme un facteur de première importance », permettrait de proposer un accès plus égalitaire aux modes d’accueil formels par des politiques publiques plus adaptées. 


Consulter l’étude


 

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 28 mars 2022

MIS À JOUR LE 13 janvier 2023

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