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L’exposition aux chiens dans l’enfance : un facteur clé qui pourrait réduire le risque génétique d’eczéma atopique

Dans une récente étude, les chercheurs se sont intéressés à l’interaction entre les gènes associés à l’eczéma atopique (EA) et des facteurs environnementaux précoces, comme l’exposition aux animaux domestiques, l’allaitement ou l’utilisation d’antibiotiques, afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents.

L’eczéma atopique (EA) est une maladie inflammatoire de la peau qui touche une part importante de la population, avec environ 10 à 20 % des enfants en France affectés par cette pathologie. Bien que des facteurs génétiques jouent un rôle crucial dans la prédisposition à l’EA, d’autres facteurs environnementaux, tels que l’exposition à certains allergènes, le mode de vie ou encore les habitudes alimentaires, peuvent influencer son apparition et son développement. Dans cette vaste, on apprend notamment que côtoyer des chiens durant la petite enfance serait une excellente prévention contre cette pathologie.

Une étude à grande échelle

L’étude a analysé des données provenant de 16 études européennes, impliquant un total de 25 339 individus, afin d’examiner les interactions entre 24 variantes génétiques associées à l’EA et 18 facteurs environnementaux précoces (exposition à des animaux domestiques, tabagisme, allaitement, etc.). Une phase de réplication a été menée sur 10 autres études, comprenant 254 532 individus, pour confirmer et affiner les résultats obtenus dans la première analyse.

Chiens et gène IL7R : interaction clé

Parmi les résultats, l’interaction entre l’exposition aux chiens et la variante rs10214237, située près du gène IL7R, est ressortie comme la plus significative.
• Sans chien : le gène augmente le risque d’eczéma.
• Avec chien : ce risque disparaît (interaction significative, p = 0,025).
Cela suggère un effet protecteur des chiens contre le risque génétique.

Confirmation biologique en laboratoire

Des tests in vitro montrent que ce génotype réduit l’expression du récepteur IL-7, un acteur clé du système immunitaire cutané. L’exposition à des allergènes de chien a induit des réponses cellulaires différentes selon le génotype, appuyant l’idée d’une interaction biologique réelle.
Autres facteurs peu concluants
14 interactions gène-environnement ont été notées, notamment avec les antibiotiques, les chats, l’allaitement, la fratrie ou le tabac, mais aucune aussi convaincante que celle du chien avec rs10214237. Cela indique que la plupart des autres effets sont difficiles à reproduire.
Et si, dans le cadre de la prévention de l’eczéma atopique, l’intégration d’un chien dans la crèche devenait un atout inattendu ?

Consulter l’étude

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 06 juin 2025

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