Moins d’allergies à l’arachide chez les jeunes enfants, selon une étude
Une étude récente publiée dans Pediatrics par Gabryszewski et al. (2025) montre que les efforts de prévention de l’allergie à l’arachide commencent à porter leurs fruits aux États-Unis.
En s’appuyant sur les dossiers médicaux électroniques de l’American Academy of Pediatrics (AAP), les chercheurs constatent une baisse significative des nouveaux cas d’allergie chez les enfants nés après 2015. Ces résultats suggèrent que les recommandations sur l’introduction précoce des arachides dans l’alimentation des nourrissons – inspirées de l’étude Learning Early About Peanut Allergy (LEAP) – ont commencé à transformer les pratiques familiales et médicales dès la petite enfance.
Un nouveau regard sur la diversification
Avant 2015, les parents étaient souvent invités à retarder l’introduction d’aliments allergènes. L’étude LEAP a renversé cette approche : elle a démontré que donner des produits contenant de l’arachide entre 4 et 11 mois réduisait nettement le risque d’allergie chez les bébés à haut risque (eczéma sévère ou allergie à l’œuf). Ces résultats ont conduit à la publication, en 2017, de directives nationales américaines recommandant une introduction précoce et encadrée pour tous les nourrissons.
Une baisse mesurable après 2015
Les chercheurs ont observé une réduction de 27 % de l’incidence de l’allergie à l’arachide chez les enfants nés après la diffusion des premières recommandations, et une baisse encore plus marquée après celles de 2017. Les enquêtes nationales confirment également une diminution des cas rapportés par les parents, signe d’un changement progressif des pratiques alimentaires dès les premiers mois de vie.
Des résultats à nuancer
Les données proviennent d’un réseau restreint de cabinets pédiatriques, ce qui limite leur portée à l’ensemble du pays. La rapidité du déclin observé suggère que d’autres facteurs – comme une meilleure reconnaissance clinique des véritables allergies ou des changements généraux dans la diversification alimentaire – ont pu jouer un rôle. Le recul observé pour les allergies au lait, mais pas à l’œuf, renforce l’hypothèse d’un effet global sur les pratiques alimentaires des tout-petits.
Et chez nous ?
Pour les allergènes alimentaires majeurs (œuf, lait de vache, poisson, blé, arachide, fruits à coque…), l’introduction précoce (vers 4-6 mois) est désormais encouragée pour aider à prévenir les allergies.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 24 octobre 2025