Près de 5000 places de crèche créées par les adhérents de la FFEC en 2023
La Fédération Française des Entreprises de crèches (FFEC) publie ce matin les statistiques annuelles de ses structures adhérentes, pour l’année 2023. Des chiffres clés qui révèlent une création de places de crèche en hausse, mais également davantage de destructions de places, et de fortes disparités selon les modèles économiques Paje ou Psu.
Comme chaque année, la Fédération Française des Entreprises de crèches (FFEC) partage les chiffres clés de ses 1100 adhérents, employant 28 000 salariés et gérant 3000 établissements d’accueil du jeune enfant. Ces structures, proposent à elles seules 68 000 places en crèche aux familles. Un secteur privé marchand qui pèse largement dans la balance, bien que souvent critiqué pour ses modèles économiques et parfois mis en cause pour ses pratiques.
Davantage de places mais de fortes disparités selon les types de crèches
Selon la FFEC, en 2023, les entreprises de crèches ont créé 4596 places, tout types de crèches confondus, soit une hausse de 16,7% par rapport à 2022, en tenant compte du nombre de places fermées. On observe cependant de fortes disparités selon les modèles économiques des crèches : le nombre de places crées en crèche PSU a augmenté de 37,4% tandis que le nombre de places créées en micro-crèche Paje a lui reculé de 5,39 %.
Le nombre de places fermées en micro-crèches Paje en forte hausse
Bien que la création de places soit à la hausse en 2023, la FFEC constate que la fermeture de places dans des structures Paje ou PSU s’est intensifiée cette année (+220% dans les micro-crèches Paje et +17,9% dans les crèches Psu). La Fédération tire la sonnette d’alarme et rappelle que « les micro-crèches attendent depuis 2016 la revalorisation du plafond de tarification fixé à 10€, alors qu’une heure d’accueil en crèche Psu est déjà de 11,70€ ».
Le modèle des crèches Psu doit être réformé sans attendre
Concernant les crèches Psu, elle réclame de toute urgence une réforme du modèle économique de ces structures, en apportant un soutien plus marqué aux mairies et employeurs qui réservent des places en crèche. Car selon la FFEC, « le désengagement de certains, dû à leurs propres contraintes économiques est la première cause de fermeture » de 546 places en crèche Psu en 2023. La Fédération propose également que soit instaurée une règle simple de revalorisation basée sur les coûts réels des crèches, « via un indice publié régulièrement par la CNAF permettant une indexation des marchés privés et publics et de la PSU et a minima en indexant dès 2025 la PSU sur l’indice mixte prix-salaire prévisionnel de 2% au lieu des + 0,04% en 2025, + 0,63% en 2026, + 0,61% en 2027 ».
3% de places fermées à cause de la pénurie de professionnels
Des chiffres qui ne révèlent cependant pas le nombre de places fermées en lien avec la pénurie de professionnels. La FFEC estime à 3% le nombre de places bloquées chaque jour (contre 2,3% en 2022, selon l’enquête pénurie de la CNAF). Une crise qui impacte donc fortement la dynamique de création de places dans ces structures.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 11 mars 2024
MIS À JOUR LE 12 juin 2024