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Rapport de l’Unicef : la confiance des Français à l’égard de la vaccination infantile chute de 11,5 %

Le dernier rapport de l’Unicef intitulé « Situation des enfants dans le monde 2023 : pour chaque enfant, des vaccins » dresse un bilan de la vaccination des enfants dans le monde et délivre les principales mesures à prendre pour que chaque enfant soit protégé contre les maladies à prévention vaccinale. Parmi les différentes constatations de l’Unicef, ressort la perte de confiance à l’égard de la vaccination infantile dans un certain nombre de pays. La France en fait partie puisque la confiance des français a chuté de 11,5 %. Points-clés du rapport.


La vaccination infantile toujours soutenue malgré une baisse de confiance


Les auteurs indiquent dans leur rapport que « la vaccination continue de remporter un soutien relativement important en dépit des baisses observées. » Plus de 80 % des personnes interrogées dans les 55 pays étudiés jugent qu’il est important de faire vacciner les enfants. En France, ce chiffre est de 74,6 %. Toutefois, l’Unicef observe une perte de confiance. Celle-ci est au-dessus de 11 % en France et touche principalement les personnes de moins de 35 ans et les femmes. Cette chute de confiance depuis la pandémie est de plus de 33 % en République de Corée, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Ghana, au Sénégal et au Japon. En revanche, en Chine, en Inde et au Mexique,  l’importance perçue des vaccins est restée stable ou a même progressé. Les auteurs du rapport soulignent l’importance des vaccins qui non seulement protègent de maladies mais aident les enfants à s’épanouir, soutiennent les familles et les personnes ayant la charge d’enfants et améliorent la santé de la collectivité. 4,4 millions de vies sont sauvées grâce à la vaccination chaque année !

 

21 000 zéro-doses en France durant la pandémie

 

Le rapport met en lumière qu’1 enfant sur 5 est « zéro dose » (non vacciné) ou insuffisamment vacciné pour des maladies à prévention vaccinale dans le monde. Ainsi près d’1 enfant sur 5 ne bénéficie d’aucune protection contre la rougeole, une maladie infantile mortelle. Cette insuffisance de vaccination s’est accrue avec la pandémie de Covid-19, notamment en raison des pénuries de personnel soignant et des mesures de confinement à domicile. En France, 82 000 enfants ont manqué de vaccins et 21 000 zéro-dose ont été comptabilisées entre 2019 et 2021. Dans le monde, ce sont 67 millions d’enfants qui n’ont pas reçu tous leurs vaccins de routine entre 2019 et 2021. Parmi eux, 48 millions n’en ont reçu aucun. Fin 2021, c’est en Inde et au Nigeria qu’on recensait le plus d’enfants zéro-dose, mais au Myanmar et aux Philippines que leur nombre avait le plus augmenté. Les enfants non vaccinés vivent dans les communautés les plus pauvres, les plus reculées et les plus marginalisées, dans des pays parfois en situation de conflit. Les perturbations engendrées par la pandémie ont interrompu la vaccination infantile presque partout dans le monde, marquant un retour à des taux jamais enregistrés depuis 2008 et se traduisant par  des taux de couverture vaccinale en baisse dans 112 pays.  


Rattraper les retards pour éviter les épidémies


En 2022, le nombre de cas de rougeole, à l’échelle mondiale, a plus que doublé par rapport à l’année précédente. Le nombre d’enfants paralysés après avoir contracté la poliomyélite a augmenté de 16 % sur la même période. Il est donc nécessaire de rattraper les retards de vaccination pour prévenir certaines épidémies.


Un défaut de vaccination en lien avec la pauvreté


L’absence de vaccination de ces enfants provient de plusieurs facteurs : les inégalités, la pauvreté, le manque de services dans certaines communautés et la non-autonomisation des femmes, met en avant le rapport. Ainsi 1 enfant sur 5 au sein des ménages les plus pauvres n’a reçu aucun vaccin, contre 1 sur 20 au sein des ménages les plus riches. Bon nombre d’enfants zéro-dose et insuffisamment vaccinés vivent dans des contextes difficiles : zones rurales et reculées, installations urbaines de fortune, régions en proie à un conflit ou en situation de crise, etc


Renforcer les financements et accélérer les processus de recherche, développement et d’autorisation de mise sur le marché


« L’Unicef appelle les gouvernements à accroître leurs investissements en faveur de la vaccination et à collaborer avec les parties prenantes pour débloquer les ressources disponibles, notamment le solde des fonds alloués à la lutte contre la COVID-19, de façon à déployer de toute urgence des campagnes de rattrapage et à intensifier la vaccination afin de protéger les enfants et de prévenir des flambées épidémiques. »

Il appelle également à combattre la méfiance à l’égard de la vaccination et à prioriser les financements pour les services de vaccination et les soins de santé primaires. Enfin il souhaite que les investissements soient réalisés en faveur des agentes de santé, de l’innovation et de la fabrication locale.

 « Les vaccins ont sauvé des millions de vies et protégé des communautés tout entières contre des maladies mortelles », a précisé Catherine Russell. « Nous savons trop bien que les maladies ne s’arrêtent pas aux frontières. La vaccination de routine et la robustesse des systèmes de santé sont nos meilleurs atouts pour éviter de futures pandémies, à l’origine de décès et de souffrances inutiles. L’heure est venue de tirer parti des ressources restées à disposition à l’issue des campagnes de vaccination contre la COVID-19 afin d’investir dans le renforcement des services de vaccination et dans la mise en œuvre de systèmes pérennes, pour chaque enfant. »


Source : rapport Unicef 

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 19 avril 2023

MIS À JOUR LE 15 mai 2023

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