Refonte des diplômes du travail social : les organisations professionnelles dénoncent un passage en force
Les représentants professionnels du travail social ne décolèrent pas. Le 6 juin a eu lieu un nouveau rendez-vous avec la DGCS au sujet du projet de refonte des métiers du travail social. Une rencontre marquée par une « absence de discussion et d’écoute ».
Les organisations professionnelles ont été reçues par le directeur de la DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale), Jean-Benoit Dujol, à nouveau le 6 juin 2025. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un rendez-vous manqué. Dans un communiqué publié le 18 juin, le collectif qui réunit une dizaine d’organisations et de syndicats, s’insurge contre le manque de dialogue et d’écoute de la DGCS. Il réclame une réforme réfléchie et concertée, mais se heurte à un passage en force : la réforme sera présentée à la CPC (Commission Professionnelle Consultative) dès le 3 juillet.
Mépris de l’expertise professionnelle
« L’expertise des professionnels et les remontées de terrain sur les besoins et attentes des personnes accompagnées, des étudiants et des professionnels sont niées, dénonce le communiqué. Alors même que nous y sommes formés au regard des référentiels produits par la DGCS. » Avant d’ajouter : Les blocs de formation transversaux et indifférenciés font craindre une perte de capacité d’analyse et de réponse adaptée aux situations complexes.
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Une réforme « économique »
La réforme est accusée de répondre à une logique économique : suppression d’au moins 8 semaines de stages pratiques, réduction de 240 heures de cours pour les assistants de service social (ASS), digitalisation accrue de la formation et mutualisation des enseignements. Des choix qui vont à l’encontre des besoins actuels : accompagnement individualisé, prise en compte de la diversité, et montée en compétences. « Nous revendiquons une organisation de la formation à la hauteur des enjeux à venir, exhorte le collectif. Il y a du commun dans nos professions, en termes de valeurs, de démarches éthiques, de politiques sociales. C’est un fait que nous ne remettons pas en cause, cependant, les spécificités professionnelles doivent être pensées comme des moyens de répondre aux publics et non comme des ajustements organisationnels et budgétaires. »
Pas de concertation
Contrairement aux précédentes réformes, les syndicats et organisations professionnelles ont été exclus des groupes de travail. « On ne peut que s’étonner de la composition des groupes d’experts qui ne bénéficie d’aucune légitimité et ne font part d’aucune communication publique à ce sujet.», indique le communiqué. Le collectif se dit pourtant ouvert « à un travail de concertation sur une révision des DE de niveau 6 dans un objectif d’amélioration des conditions et modalités d’accompagnement des personnes concernées.» Il souligne, par ailleurs, que le livre blanc du travail social ne demandait pas de réforme. La communication et la confiance semblent rompues. Une rencontre avec le cabinet de Catherine Vautrin est prévue le mardi 24 juin.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 20 juin 2025