Un temps d’écran excessif impacte le sommeil et accroît le risque de problèmes comportementaux
Les résultats d’une étude de chercheurs chinois et canadiens menée sur 571 enfants âgés de trois à six ans montrent qu’une durée excessive passée devant les écrans joue sur la qualité du sommeil et aggrave les problèmes de comportement chez les jeunes enfants tels que le défaut d’attention, l’hyperactivité ou les troubles de l’humeur.
Les résultats ont montré une corrélation positive significative entre le temps d’écran et les problèmes de comportement, notamment les troubles de l’attention hyperactive et les symptômes émotionnels.
Plus de 60 minutes d’écran par jour
Cette association est conforme aux études précédentes, telles que celle de Xie et al. (2020), qui ont observé que les enfants de 3 à 6 ans exposés à plus de 60 minutes d’écran par jour manifestaient davantage de symptômes émotionnels et de problèmes d’attention. Deux théories expliquent ces effets : la théorie de la surstimulation, selon laquelle l’exposition aux stimuli visuels et auditifs des écrans réduit la capacité des enfants à se concentrer sur des activités moins stimulantes, et la théorie du remplacement, qui suggère que le temps passé devant un écran prive les enfants d’activités plus bénéfiques pour leur développement mental et social.
Temps d’écran et qualité du sommeil
L’étude a également trouvé que le temps d’écran était significativement lié à une mauvaise qualité du sommeil. Cela est en accord avec des recherches antérieures qui ont établi une corrélation entre l’augmentation du temps d’écran, en particulier la télévision, et une qualité de sommeil réduite. Le temps passé devant un écran, notamment le soir, perturbe les rythmes circadiens des enfants en retardant l’heure du coucher et en exposant les enfants à la lumière bleue, ce qui empêche la production de mélatonine.
La théorie du dérèglement de l’arousal – en psychologie l’arousal désigne le niveau d’activation physiologique et psychologique d’une personne, influençant son état d’attention, d’excitation ou de stress face à un stimulus – suggère que l’utilisation des écrans augmente l’excitation physiologique et psychologique, rendant l’endormissement plus difficile et affectant la qualité du sommeil.
Qualité du sommeil et problèmes de comportement
Les enfants présentant une mauvaise qualité de sommeil ont montré une prévalence plus élevée de troubles comportementaux, notamment l’hyperactivité, des symptômes émotionnels et des problèmes sociaux. Des études antérieures ont également trouvé des liens entre la qualité du sommeil et des troubles tels que la dépression, l’anxiété et le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Un sommeil perturbé peut altérer la régulation des rythmes circadiens et des hormones du stress, ce qui conduit à des problèmes d’attention, de régulation émotionnelle et d’agression.
Rôle médiateur du sommeil dans la relation entre le temps d’écran et les problèmes comportementaux
L’étude révèle que la qualité du sommeil agit comme un médiateur dans la relation entre le temps d’écran et les problèmes de comportement, notamment les troubles de l’attention hyperactive et les symptômes émotionnels. Ce résultat est cohérent avec des études antérieures qui ont suggéré que le sommeil agit en médiateur sur l’impact du temps d’écran et sur la santé psychologique des enfants. L’étude montre que l’augmentation du temps d’écran nuit à la qualité du sommeil, ce qui, à son tour, contribue aux problèmes comportementaux. Ce mécanisme pourrait expliquer pourquoi certains enfants exposés à des écrans excessifs présentent des symptômes émotionnels et comportementaux plus graves.
L’étude suggère un cercle vicieux où l’augmentation du temps d’écran et la détérioration de la qualité du sommeil s’auto-renforcent, aggravant les problèmes comportementaux comme l’hyperactivité, l’anxiété et les symptômes dépressifs. Cela souligne l’importance de contrôler le temps d’écran chez les enfants d’âge préscolaire pour prévenir les problèmes comportementaux et améliorer la qualité du sommeil. En outre, des interventions axées sur l’amélioration de la qualité du sommeil pourraient être efficaces pour atténuer les effets négatifs du temps d’écran sur la santé mentale des enfants.
Source : Tandfonline.com
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 17 décembre 2024