Violences envers les nourrissons : une réalité plus fréquente qu’on ne le pense
Une revue internationale récente révèle que les violences physiques envers les nourrissons sont beaucoup plus fréquentes que ne le suggèrent les statistiques officielles. L’étude, basée sur les déclarations anonymes de parents et de proches familiaux, montre qu’environ un nourrisson sur vingt subit au moins un acte de violence physique au cours de ses deux premières années de vie. Les comportements incluent la fessée, les gifles, les secousses ou les coups.
Les nourrissons dépendent entièrement des adultes qui s’occupent d’eux, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux réactions de stress ou de frustration des parents et proches. La fatigue, les pleurs incessants, les difficultés financières ou des problèmes de santé mentale peuvent augmenter le risque de comportements agressifs.
Des pratiques encore perçues comme éducatives
Certains gestes, comme la fessée ou une tape sur la main, sont parfois considérés comme des moyens de discipline. Pourtant, ces pratiques ont des effets négatifs sur le développement, le comportement et la santé mentale des enfants et peuvent favoriser des violences plus sévères ultérieurement.
Une prévalence réelle supérieure aux chiffres officiels
L’étude a compilé les données de plus de 220 000 nourrissons et parents. Lorsque les questionnaires étaient anonymes, 4,8 % des parents ont reconnu avoir commis au moins un acte de violence physique. Même en excluant les comportements « légers » comme la fessée, la prévalence reste élevée (3,9 %). Les chiffres officiels sont souvent plus bas car seuls les cas graves et signalés sont recensés.
Le cadre légal et le repérage en France
En France, les violences dites « éducatives ordinaires » comme les fessées ou les gifles sont interdites depuis 2019 (Loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires). Les professionnels de santé, de la petite enfance et de l’éducation sont formés pour repérer les situations à risque et peuvent signaler toute suspicion via le 119 – Allô Enfance en Danger ou aux services départementaux de protection de l’enfance. Des dispositifs de soutien, comme les visites à domicile ou les consultations parentales, permettent d’accompagner les familles et de prévenir les violences.
Prévention et accompagnement
L’étude souligne l’importance de soutenir les parents dans la gestion du stress lié à la petite enfance : information sur les périodes de pleurs intenses, lignes d’écoute, visites à domicile. Ces mesures permettent de prévenir les violences avant qu’elles ne surviennent et de protéger le développement des nourrissons.
Source
https://news.ubc.ca/2026/03/one-in-20-babies-experiences-physical-abuse/?utm_source=chatgpt.com
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 09 mars 2026