La Dynamique pour les Droits des Enfants alerte : « 3 millions d’enfants vivent dans la pauvreté en France »
Alors que la France et une partie du monde traversent une période de fortes turbulences politiques et économiques, les enfants en paient le prix fort. Dans son Observatoire 2025 « Les droits de l’enfant en crise : quand l’instabilité politique et les coupes budgétaires impactent les plus jeunes », la Dynamique pour les Droits des Enfants dresse un constat alarmant.
Selon l’Observatoire 2025 de la Dynamique pour les Droits des Enfants, la situation est critique pour des millions d’enfants en France. « Nous aurions aimé pouvoir annoncer de réels progrès, mais le constat est sévère », alerte Florine Pruchon, coordinatrice de la Dynamique dans un communiqué. Trois millions d’enfants vivent aujourd’hui dans la pauvreté en France, certains dormant dans la rue, sans accès aux soins ni à l’éducation.
La suppression du secrétariat d’État à l’Enfance fin 2024, l’absence d’un Comité interministériel dédié depuis près de deux ans et les baisses de financements publics laissent craindre un affaiblissement structurel des politiques de protection de l’enfance. « Nous saluons tout de même la création d’un Haut-Commissariat à l’enfance engagé, qui s’inscrit dans une logique durable et de dialogue avec les associations ; bien que nous déplorions cependant la fragilité de ses moyens et son manque d’influence politique du fait de la fonction même de Haut-Commissariat », insiste le communiqué.
Des avancées encore fragiles
La Dynamique salue cependant quelques initiatives encourageantes : le renouvellement de la Délégation parlementaire aux Droits des Enfants, la publication des recommandations de la Commission d’enquête sur l’aide sociale à l’enfance, la mise en place par la Dynamique du premier panel d’enfants associé à un avis sur la santé mentale des jeunes, aux côtés du CESE, et l’association d’enfants et d’adolescents à la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Autant de signaux positifs, à condition qu’ils s’inscrivent dans une politique durable et dotée de moyens suffisants.
Une crise mondiale tout aussi dramatique
À l’échelle internationale, la situation est encore plus critique. 473 millions d’enfants vivent aujourd’hui dans des zones touchées par des conflits. Les réductions de l’aide publique au développement aggravent cette vulnérabilité. « Selon l’UNICEF 6 millions d’enfants supplémentaires risquent d’être déscolarisés d’ici fin 2026 et les réductions d’aide pourraient causer plus de 14 millions de morts d’ici à 2030, dont 4,5 millions d’enfants (The Lancet, juillet 2025) », indique la Dynamique.
Des recommandations urgentes et structurantes
Face à ces constats, les 29 organisations membres appellent à des décisions politiques fortes, parmi lesquelles :
- la création d’un ministère de plein exercice dédié à l’enfance,
- le renforcement de la Délégation parlementaire aux Droits des Enfants,
- la mise en place d’un conseil national d’enfants et d’adolescents rattaché au Premier ministre,
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La création d’un comité d’enfants et d’adolescents adossé aux Délégations Parlementaires aux Droits des Enfants de l’Assemblée nationale et du Sénat ;
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La reformation du Parlement des enfants de l’Assemblée nationale et la création d’une instance similaire au Sénat ;
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un soutien renforcé aux enfants ultramarins ;
- et la réaffirmation de la priorité donnée aux droits de l’enfant dans la politique de solidarité internationale.
La Dynamique pour les Droits des Enfants exhorte les pouvoirs publics à s’emparer de l’Observatoire et de ses recommandations. Florine Pruchon rappelle : « En 2022, Emmanuel Macron avait annoncé vouloir faire de l’enfance une priorité de son quinquennat. Il reste seulement 14 mois pour transformer l’essai et passer de la Convention aux actes ! »
Candice Satara
PUBLIÉ LE 27 novembre 2025