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Le bruit en crèche influence-t-il le développement du langage des jeunes enfants ?

Une étude britannique menée par l’Institute for the Science of Early Years de l’University of East London, avec le soutien de la Nuffield Foundation, s’intéresse à l’impact du bruit de fond sur le développement du langage dans les structures d’accueil. Elle porte sur 250 enfants âgés de 12 à 24 mois accueillis dans dix crèches situées dans des quartiers défavorisés au Royaume-Uni.

Les chercheurs rappellent que les retards précoces de langage qui concernent environ 1,9 million d’enfants au Royaume-Uni peuvent avoir à long terme des conséquences sur les apprentissages scolaires et la santé mentale. À cet âge, le langage se construit très rapidement : les enfants comprennent de plus en plus de mots et commencent à les associer. La qualité des échanges avec les adultes est donc essentielle. Les chercheurs précisent que les difficultés précoces peuvent aussi affecter plus tard les apprentissages en mathématiques et le raisonnement.

Le bruit examiné dans 10 crèches

Le projet impliquera 250 enfants âgés de 12 à 24 mois dans dix crèches situées dans des quartiers défavorisés. Les chercheurs utiliseront des microphones portables, des caméras et des moniteurs physiologiques pour étudier comment l’acoustique de l’environnement et la clarté de la communication des professionnels influencent la compréhension et la production du langage chez les enfants.

L’étude vise deux objectifs principaux : identifier les caractéristiques des environnements bruyants qui affectent le plus le développement du langage et évaluer l’efficacité d’interventions simples et facilement transposables en crèche.

Les actions comprendront des aménagements acoustiques à faible coût ainsi que des formations destinées aux professionnels de la petite enfance afin d’améliorer la qualité du signal communicatif, notamment par une meilleure gestion du rythme de parole, une visibilité accrue du visage et un recours plus systématique aux gestes. Ces interventions seront évaluées dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé afin de mesurer leur efficacité réelle.

En France : un angle surtout pro

Au-delà des enjeux éducatifs, la question du bruit en crèche dépasse parfois les murs des structures. Certaines situations montrent que ces nuisances peuvent aussi gêner le voisinage, comme en témoigne un cas médiatisé où un riverain demandait à une crèche proche de « faire taire les enfants , illustrant la tension entre vie collective et tranquillité résidentielle.

En France, le bruit en crèche est bien identifié, mais il est surtout étudié sous l’angle des conditions de travail. Fatigue, stress, maux de tête… le bruit impacte aussi les équipes. Plusieurs initiatives locales ont cherché à améliorer le confort sonore, comme  celles  mises en place  par  la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay. Le Centre national du bruit a publié un guide sur la qualité acoustique des établissements accueillant des enfants. Côté réglementation, des seuils d’exposition au bruit sont définis pour les salariés. Au-delà de 80 dB(A) sur 8 heures ou 135 dB(C) en niveau de crête, des mesures de prévention doivent être mises en place. Ces démarches montrent qu’un travail sur l’environnement acoustique peut améliorer à la fois le bien-être des enfants et celui des professionnels.

Source : https://www.uel.ac.uk/about-uel/news/2026/february/new-study-explores-how-nursery-noise-affects-babies

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 02 juin 2026

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