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Crèches : l’ACEPP déploie sa stratégie d’auto-évaluation collective et participative
Avec la mise en ligne d’un espace dédié, d’un guide méthodologique et de nombreux outils pratiques, l’ACEPP lance concrètement sa stratégie d’auto-évaluation de la qualité d’accueil. Une démarche collective pour penser et faire évoluer la qualité d’accueil au sein des EAJE.
Depuis le décret du 1ᵉʳ avril 2025, le projet d’évaluation de la qualité d’accueil constitue le quatrième volet obligatoire du projet d’établissement des EAJE. Cette évolution réglementaire pose une question essentielle : comment évaluer la qualité sans risquer de tomber dans une succession de normes, de critères ou de cases à cocher ? Difficile de réduire la qualité d’accueil à un score.
En avril 2026, l’ACEPP avait présenté, lors du Printemps de la petite enfance, son travail d’auto-évaluation collective et participative, construit à partir de la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant. Elle passe aujourd’hui à une nouvelle étape en annonçant le déploiement de cette stratégie. « Un autre chemin… c’est maintenant, en pratique ! », écrit l’association en préambule de son communiqué, avec une conviction forte. « Le chemin de l’ACEPP est celui d’une auto-évaluation fondée sur la participation, le dialogue, la réflexivité et l’ouverture à une pluralité de regards. ». Et pour tout le monde : « Les ressources sont publiques, gratuites et accessibles à toutes les structures, qu’elles appartiennent ou non au réseau », prévient Isabelle Rodriguez, présidente de l’ACEPP, et directrice de l’association Pitchoun.
Une démarche collective
La démarche portée par l’ACEPP permet « aux professionnels, aux familles et aux responsables et élus des structures de construire ensemble une compréhension partagée de la qualité d’accueil ». Elle se fonde sur les travaux de trois experts : Sylviane Giampino, Catherine Bouve et Michel Vandenbroeck. Le communiqué insiste : l’auto-évaluation ne peut être réduite à un exercice technique ni à une simple réponse aux exigences réglementaires. « La qualité d’accueil naît du dialogue entre les savoirs scientifiques, les savoirs professionnels et les savoirs d’expérience. » Elle se construit et évolue au quotidien, au croisement des besoins des enfants, des attentes des familles, des pratiques professionnelles, du fonctionnement des collectifs et des réalités de chaque territoire. Elle implique que les équipes soient reconnues dans leur capacité à penser leurs pratiques et que les familles soient considérées comme des partenaires à part entière.
La qualité se construit dans les pratiques
Pour Isabelle Rodriguez, « c’est le chemin qui est intéressant, pas seulement l’aboutissement. Dans les projets d’établissement, on peut écrire que l’on fait ceci ou cela, observe-t-elle. Aujourd’hui, à l’heure de l’intelligence artificielle, on peut produire tous les jours de très beaux projets d’établissement. Mais ce que nous voulons, c’est que les salariés et les équipes soient réellement engagés dans la coordination et dans un travail qui mette en œuvre la qualité au quotidien. ».
Elle rapproche cette démarche de celle mise en place pour le Label parental ACEPP. Ce label a été relancé dans une nouvelle version il y a deux ans et il est aujourd’hui très sollicité par les adhérents. De nombreuses structures sont déjà labellisées. « La démarche est exigeante, mais l’important n’est finalement pas d’obtenir le label, ajoute la présidente de l’ACEPP. C’est le travail mis en place. Les structures qui ont suivi cette démarche ont ensuite développé de très beaux projets de coopération entre les parents et les professionnels. Le label a amorcé quelque chose.» Cette approche s’inscrit dans l’histoire du réseau. Isabelle Rodriguez rappelle que l’ACEPP travaille depuis quarante ans sur la qualité de l’accueil et la coopération entre parents et professionnels.
Les sept dimensions de la qualité selon l’ACEPP
La Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant est le socle éthique et professionnel commun de la démarche. Elle définit les valeurs fondamentales de l’accueil et offre des repères pour questionner les pratiques, les postures et les choix réalisés au quotidien. Les différents référentiels nationaux sont pris en compte, mais, comme le souligne le guide d’auto-évaluation, ils sont « des points d’appui, non des normes figées ». L’ACEPP s’appuie également sur sept dimensions de la qualité pour proposer une approche globale et systémique détaillées. « Elles sont conçues comme différents univers d’observation permettant d’examiner la qualité dans toutes ses composantes », précise Isabelle Rodriguez ajoutant que ce découpage est propre à l’ACEPP.
On retrouve :
- le projet social et développement durable,
- le projet éducatif,
- l’organisation du travail,
- les postures professionnelles,
- la formation professionnalisation et ressourcement,
- la gouvernance et fonctionnement associatif,
- les partenaires et ressources extérieures.
L’auto-évaluation en quatre étapes
Pour accompagner concrètement les établissements, l’ACEPP organise l’auto-évaluation autour de quatre étapes : décrire ; auto-évaluer les pratiques, identifier les leviers d’amélioration. La mise à disposition de la démarche se traduit par un ensemble de ressources et d’outils pratiques, accessibles gratuitement en ligne, afin d’aider les équipes à analyser collectivement leurs pratiques et à faire vivre la qualité d’accueil au quotidien. « Nous avons été très attentifs à la manière de présenter les documents. L’idée était de proposer quelque chose de court et d’assez clair », explique Isabelle Rodriguez. Et la suite ? L’accompagnement ne sera pas assuré directement par l’ACEPP nationale, mais par les fédérations auprès de leurs adhérents en région. « Les coordinateurs pourront organiser des réunions d’information et des temps d’accompagnement, précise Isabelle Rodriguez. Avec le Label parental, ils ont déjà suivi des démarches comparables. Nous avons l’habitude de travailler ainsi et de nous regarder travailler. »,
Poursuivre le dialogue avec les PMI
Le déploiement intervient alors que l’interprétation du cadre national peut encore varier selon les territoires et que le secteur est toujours en attente de textes réglementaires (guide d’évaluation de la qualité d’accueil, et surtout sur le décret d’application). « Au niveau national, nous constatons très clairement ces différences, souligne la présidente de l’ACEPP. Je pense donc qu’il faut engager un échange avec les PMI. Nous devons passer du temps ensemble » dit-elle, insistant sur la nécessité du partage et du dialogue.
Pour découvrir la démarche, le guide et les outils :
https://www.acepp.asso.fr/autoevaluation/
Candice Satara
PUBLIÉ LE 15 septembre 2026