#Anosvaleursbafouées : le SNPPE appelle les pros à se mobiliser
Le SNPPE est pour le moins le syndicat le plus réactif du secteur de la petite enfance. Il a aussi un sens de la communication assez affuté avec à la clef une jolie créativité. Preuve en est ce nouveau visuel pour lancer sa mobilisation de rentrée en lien à la fois avec la nomination du Premier ministre Michel Barnier et la publication dans quelques jours de l’ouvrage de Victor Castanet « Les Ogres » (Flammarion) consacré au secteur de la petite enfance. Après son slogan @amavraievaleur, voici : pros sacrifié.es. #anosvaleursbafouées.
Des ogres avides de profits et d’économies
Un visuel choc et un titre offensif : Pros sacrifié.es par les Ogres de la petite enfance : vers une mobilisation générale pour défendre nos valeurs professionnelles bafouées. Le communiqué du SNPPE est efficace et malin. Malin parce qu’il surfe sur l’événement le plus attendu de la rentrée petite enfance (outre un nouveau ministre !) la sortie du livre-enquête de Victor Castanet, l’auteur des Fossoyeurs qui avait fait trembler tous les EPADH de France, qui cette fois se penche sur le monde des crèches et inquiète pas mal d’acteurs du secteur.
D’emblée le communiqué affirme : « Avec la nomination de Michel Barnier comme Premier ministre, les professionnel.le.s de la petite enfance redoutent que les décisions qui ont conduit à̀ cette situation dramatique ne soient reconduites, voire amplifiées. Pendant des années, les professionnel·le·s ont été sacrifié·e·s, non seulement par les dérives du secteur privé, mais aussi par des politiques publiques qui ont favorisé les économies budgétaires au détriment de la qualité de l’accueil des enfants. ».
Tout le monde en prend pour son grade : le secteur privé bien sûr mais aussi les pouvoirs publics qui ont laissé faire et joué la carte des économies à tout prix (et de citer notamment la PSU, les DSP et leurs logiques de rentabilité).
Le SNPPE confirme clairement : « ces « ogres » ne sont pas seulement des acteurs privés avides de profit, mais aussi des politiques publiques qui ont progressivement affaibli les moyens alloués à l’accueil des enfants. » Et d’ailleurs il conclut son communiqué par ces mots : « ces ogres, qu’ils soient privés ou publics, doivent cesser de sacrifier la petite enfance sur l’autel de la rentabilité ».
Le syndicat interpelle le nouveau Premier ministre
« M. Barnier vous êtes désormais face à une responsabilité majeure. Continuerez- vous à privilégier les économies budgétaires ou agirez- vous pour rétablir une politique centrée sur le bien-être des enfants et la dignité des professionnel.le.s ? » demande le SNPPE. Et de lister les constats les plus accablants : dégradation de travail, formations inadéquates, gouvernance défaillante … Et de redire ses revendications : revalorisation salariale immédiate, augmentation des effectifs et formations adaptées, rejet de la standardisation des formations, financement équitable er simplification des démarches administratives.
Le SNPPE prévient donc le nouveau Premier ministre, que les pros refusent d’être sacrifiés et lui demande « d’avoir le courage de rompre avec ces politiques destructrices » pour mettre fin à la crise dans laquelle le secteur est en train de s’enfoncer. « Le moment est venu d’agir pour protéger nos enfants et redonner aux professionnel.le.s la dignité et la reconnaissance qu’ils méritent » poursuit-il.
Le ton de la rentrée est donné. Reste à savoir si le syndicat sera suivi par ses collègues membres du collectif Pas de bébés à la consigne qui tient une conférence de presse dans quelques jours. Reste aussi à savoir quand (et si) les professionnels du secteur auront un ministre dédié à l’enfance et la petite enfance pour discuter, reprendre les concertations en cours et obtenir les arbitrages qui permettront la publication des décrets liés aux articles 17 et 18 de La loi sur le plein emploi, notamment.
Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 08 septembre 2024
MIS À JOUR LE 20 septembre 2024