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ARPEDA : « S’il y a de nouvelles missions pour les RPE, il faut aussi la formation et les compétences correspondantes », affirme Constance Bensussan

Lors de la Rentrée de la petite enfance, Constance Bensussan, directrice générale de la CNAF, s’est exprimée sur ARPEDA, l’expérimentation d’intermédiation administrative menée par des Relais petite enfance (RPE) depuis septembre dans sept territoires. Très décrié par une partie du secteur, le dispositif vise à accompagner les parents employeurs dans leurs démarches liées à l’emploi d’une assistante maternelle.

La directrice générale de la CNAF a commencé par reconnaître les inquiétudes suscitées par cette nouvelle mission. Il y a quelques jours encore, dans un courrier à la ministre, l’UNSA ProAssmat demandait de reconsidérer les dispositions relatives à ARPEDA*. Constance Bensussan a toutefois rappelé que l’expérimentation ne « sort pas de nulle part », elle a été prévue par la loi pour le plein emploi « parce que des parents avaient fait remonter les besoins et les difficultés qu’ils rencontraient. » Elle a insisté sur le caractère expérimental d’ARPEDA. « L’experimentation se poursuit jusqu’à fin 2027. Je pense qu’il faut lui laisser du temps avant d’en tirer des conclusions. Le moment venu, on le fera de façon transparente », a-t-elle affirmé.

Pas de bascule de responsabilité vers les parents

Par ailleurs, la directrice générale a souhaité préciser : « Quand on aide, on ne devient pas responsable ». Selon elle, ARPEDA ne transforme pas le RPE en employeur et ne lui transfère pas la responsabilité juridique du parent. « On reste sur le même modèle de responsabilité. On l’accompagne », a-t-elle ajouté. Elle est également revenue sur les niveaux d’accompagnement prévus.

Manque de concertation avec la branche

Interpellée par plusieurs représentants syndicaux présents, Constance Bensussan a répondu point par point. Premier reproche : ne pas avoir associé les acteurs de la branche et les professionnels à la construction du dispositif. « On nous pond quelque chose comme ça qui n’a jamais évoqué auparavant », lance avec un certain franc-parler Audrey Besnard-Lescène, secrétaire générale de l’Unsa ProAssmat.  Elle évoque le cas d’une adhérente qui a perdu un contrat après qu’un parent soit allé voir le RPE. Celui-ci a fait retirer toutes les clauses qui étaient au-dessus de la convention collective. De son côté Stéphane Fustec, responsable CGT des services à la personne et de la petite enfance, se voulant « plus consensuel », a rappelé qu’une contribution paritaire proposant un projet alternatif avait été adressée à la CNAF. « Nous n’avons pas encore reçu de retour, alors que nous en avons réellement besoin pour clarifier les nouvelles missions confiées aux RPE, regrette-t-il. Il existe beaucoup de fantasmes autour de ce dispositif, mais nous pouvons vous apporter notre expertise du secteur. »

Constance Bensussan a reconnu que ces pratiques rapportées ne sont « pas normales », tout en soulignant qu’elles ne correspondent pas nécessairement au modèle prévu. Et elle s’est dite ouverte à la discussion. « Je prends note des difficultés que vous avez pu constater dans certains territoires d’expérimentation. C’est aussi à cela que sert l’expérimentation : repérer ce qui n’est pas totalement d’équerre. J’ai également bien noté qu’il fallait examiner ce projet alternatif. »

La formation des RPE

La dernière interpellation a porté sur la formation des animateurs des RPE. Sandra Onyszko, porte-parole de l’Ufnafaam a demandé si la CNAF prévoit de se rapprocher du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) afin d’améliorer et de renforcer leur formation initiale, car il y a un manque de connaissance qui engendre des « craintes pour les assistantes maternelles ». Elle observe plutôt une diminution des formations consacrées à ces sujets. Constance Bensussan a convenu que l’élargissement des missions doit nécessairement s’accompagner d’une montée en compétences. « Nous avons prévu des mesures sur ce sujet, notamment l’exigence de trois années d’expérience et la mise en place d’un socle commun de formation, a-t-elle précisé. Je vous rejoins : si de nouvelles missions sont confiées aux professionnels, il faut aussi prévoir la formation et les compétences correspondantes. C’est une préoccupation que nous partageons.  »

*Accompagnement renforcé des parents employeurs pour leurs démarches administratives 

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 22 septembre 2026

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