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Il n’écoute pas ? Il est juste impulsif !

Par Monique Busquet

Psychomotricienne, auteure,formatrice

Il est fréquemment dit que le cerveau de l’enfant ne comprend pas la négation. Cette idée repose sur les travaux d’Erickson et sa phrase bien connue : ne pensez pas à une girafe ! (le ne…pas ne vous a pas empêché de penser à une girafe, n’est-ce pas ?). Cela concerne autant l’adulte que l’enfant !
Il est également fréquemment affirmé que les enfants sont plus attirés par ce qui est interdit. Il est vrai que parfois l’enfant va expérimenter ses capacités à faire réagir l’adulte. Il peut aussi regarder l’adulte comme pour vérifier si sa réponse et sa réaction sont toujours les mêmes. Il peut enfin lui sourire, dans une réaction automatique pour l’apaiser et l’amadouer, et non pour provoquer ou se moquer.

Mais n’oublions pas que le jeune enfant a en lui d’immenses besoins et élans pour exercer ses propres capacités : courir, grimper, lancer, pousser, taper, faire du bruit, crier…. que cela soit autorisé ou pas ! C’est son travail d’enfant.

Il agit sous l’impulsion intérieure de sa vitalité, de ses besoins d’exploration et de « conquête de territoire ».
Il peut aussi être agité par son environnement et réagir à ce qui lui est donné à vivre. Il y a de nombreuses raisons, qui déclenchent ses comportements et réactions impulsives. Le trop de sollicitations, la fatigue, l’inquiétude, les discontinuités et changements de lieu, les grands espaces, les inconforts, les émotions, les besoins pas assez insatisfaits, sont autant de sources de bouillonnements.Agitation et excitation s’emballent alors.
L’enfant agit, est mis en mouvement avec impulsivité et ne peut la contrôler. Sa difficulté est celle de freiner, ralentir, inhiber son action. Il n’a pas encore les moyens de stopper ses élans, il n’a pas de bouton stop.

Nous-mêmes, adultes, sommes plus ou moins capables de freiner, contrôler, inhiber, retenir nos spontanéités et impulsivités. Vous rappelez vous avoir joué à des jeux d’inhibition comme le « Jacques a dit » ou le « ni oui, ni non » ?
Nous savons que ce contrôle nous est plus ou moins facile, selon les moments, les situations, selon la force de nos bouillonnements.

Alors oui, formuler des phrases à l’affirmatif (marche doucement, pose tes pieds au sol…), est utile et efficace, d’autant plus que cela est alors dit avec calme. Le calme de l’adulte est contagieux et apaisant pour l’enfant. C’est lui demander et proposer une action qu’il peut faire assez facilement en réorientant son mouvement.

Ainsi, au lieu de lui reprocher son impulsivité, ou de penser que l’enfant agit parce que ce serait interdit, ou parce que nous formulons du « ne pas », aidons-le à s’apaiser et ralentir par un décodage juste de ses comportements et pas la qualité de notre présence, de nos gestes et de nos paroles.

Monique Busquet

PUBLIÉ LE 03 décembre 2025

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