Jouer en plein air avant 4 ans est associé à une meilleure santé mentale
Une grande étude écossaise menée sur plusieurs années auprès de plus de 4 000 enfants le suggère : plus un enfant joue dehors entre 2 et 4 ans moins il est susceptible de présenter ensuite des difficultés émotionnelles ou comportementales à l’école primaire. Concrètement, chaque jour supplémentaire de jeu extérieur par semaine était associé à une augmentation de 6 à 14 % de la probabilité de rester dans un groupe présentant peu ou pas de symptômes.
De nombreux professionnels de la petite enfance l’observent depuis longtemps : le temps passé à l’extérieur semble bénéfique pour les jeunes enfants. Une étude publiée en juin 2026 dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry apporte désormais des données solides pour étayer cette intuition. Menée par une équipe de l’université d’Exeter en collaboration avec l’université de Glasgow, l’University College London et l’université Complutense de Madrid, cette recherche est la première à suivre dans le temps le lien entre le jeu en plein air pendant la période préscolaire et l’évolution de la santé mentale des enfants.
En France, les difficultés apparaissent dès la maternelle
La question dépasse largement le contexte écossais. En France, la santé mentale a été désignée Grande cause nationale en 2025. Selon l’étude Enabee de Santé publique France, 8,3 % des enfants de 3 à 6 ans présentent déjà au moins un type de difficultés émotionnelles ou comportementales.
Une cohorte de plus de 4 000 enfants suivis de 2 à 8 ans
Les chercheurs ont analysé les données de 4 151 enfants issus de la cohorte écossaise Growing Up in Scotland. Entre 2 et 4 ans, les parents ont indiqué combien de jours par semaine leur enfant jouait dehors. Lorsque ces mêmes enfants ont eu 4, 5, 6 puis 8 ans, leur santé mentale a été évaluée à partir de questionnaires parentaux portant sur deux grandes dimensions : d’un côté les symptômes émotionnels (anxiété, humeur dépressive), de l’autre les difficultés comportementales (impulsivité, agressivité, hyperactivité).
Ce que l’étude montre
Résultat : les enfants qui jouaient le plus souvent à l’extérieur étaient aussi ceux qui restaient plus fréquemment dans le groupe présentant peu ou pas de symptômes au fil du temps. Chaque jour supplémentaire de jeu extérieur par semaine était associé à une probabilité plus élevée de conserver ce profil favorable. Les chercheurs ont pris en compte plusieurs facteurs susceptibles d’influencer les résultats : niveau d’études des parents, situation professionnelle, origine familiale ou encore accès à un jardin. L’association entre davantage de jeu extérieur et une meilleure santé mentale restait observée après ces ajustements.
Quelles implications pour les pros ?
Pour les professionnelles de la petite enfance qui accompagnent au quotidien les jeunes enfants, ces résultats renforcent l’importance des jeux en extérieur. Les auteurs soulignent aussi le rôle des espaces verts publics, des aires de jeux de proximité et des espaces extérieurs informels, particulièrement importants pour les familles qui ne disposent pas de jardin privé.
La professeure Helen Dodd, qui a dirigé l’étude, estime que favoriser les occasions de jeux extérieurs constitue une piste d’action relativement simple et peu coûteuse pour soutenir le développement des jeunes enfants. Elle appelle également à mieux intégrer cette dimension dans les politiques d’urbanisme, d’éducation et de santé, notamment en soutenant les équipements de jeux et l’accès aux espaces naturels.
Source: Early outdoor play predicts trajectories of child mental health in a population-based cohort
PUBLIÉ LE 24 juin 2026