À Morlaix, le « pass’assmat’ » pour dire merci à celles qui prennent soin des enfants
La communauté de communes de Morlaix vient de pérenniser une initiative expérimentée depuis 2023 : le « pass’assmat’ », un lot de cadeaux offert aux assistantes maternelles pour tout renouvellement d’agrément.
Un agenda, un abonnement à un magazine professionnel et huit livres. C’est le cadeau qu’on reçu 41 assistantes maternelles à l’occasion d’une cérémonie en grande pompe, et en présence des élus, à l’hôtel de l’intercommunalité de Morlaix, le 16 novembre dernier. Objectif : valoriser les renouvellements d’agrément. Une manière de dire merci à celles et ceux qui prennent soin des enfants et continuent à le faire sur ce territoire.
Deux raisons ont motivé l’initiative. La première, c’est la baisse des renouvellements d’agréments. La seconde, une volonté d’équité, en quelque sorte. « L’idée de ce pass’assmat’ est partie d’un constat, explique Anne-Catherine Lucas, vice-présidente à la cohésion sociale et en charge de la petite enfance. Dans les 26 communes de notre territoire, des maisons d’assistantes maternelles se sont ouvertes. Elles ont bénéficié de subventions de la part de la communauté, de locaux… Mais on ne donne rien à celles et ceux qui sont à la maison. Alors on s’est dit que ce serait bien de mettre en place une action pour montrer aux assistantes maternelles qui sont chez elles qu’elles ont une importance énorme, c’est comme ça qu’est né le pass’assmat’. »
Une initiative qui a porté ses fruits
Expérimenté en 2023, il avait été offert aux 35 assistantes maternelles qui renouvelaient leur agrément cette année-là. Aux vues de la progression du volume de renouvellement en 2024 (41), on peut penser que l’initiative a déjà porté ses fruits. Sandrine Revest, animatrice du Relais Petite Enfance de la communauté largement impliquée dans l’initiative, le confirme.
Elle a reçu les assistantes maternelles au RPE et dans les nouveaux lieux de permanences mis en place depuis janvier 2024 car celles-ci sont invitées à y venir récupérer leurs cadeaux à six occasions dans l’année. « Cela nous permet de rencontrer certaines professionnelles qui ne venaient pas, on a eu un regain de contacts et des retours positifs. Certaines nous glissaient « je vais bientôt faire mon renouvellement… ». Peut-être que ce pass ajoute une petite motivation ? »
Le « pass’assmat’ », d’une valeur de 100 euros
La communauté de communes a décidé de pérennisé l’initiative. Elle a été votée par le conseil de communauté le 7 octobre 2024 et provisionnée. Ce pass représente un budget d’une centaines d’euros par renouvellement. Soit un budget global de 4100 euros pour l’année 2024, qui ne demande qu’a s’étoffer. « C’est fléché, rassure l’élue. Nous sommes en lien avec la PMI, ce qui nous permet d’anticiper les volumes de renouvellement et de provisionner le budget pour le pass. »
La communauté de communes de Morlaix a même décidé d’aller un peu plus loin : « nous envisageons d’offrir l’agenda à toutes les assistantes maternelles du territoires et pas seulement à celles qui font un renouvellement », affirme Anne-Catherine Lucas. Une manière aussi, de faire connaître les actions de la collectivité qui s’engage pour la petite enfance avec l’ouverture d’un nouveau RPE prévue en 2025 dont elle veut faire une « vitrine de la petite enfance », à l’aube de l’entrée en vigueur du nouveau Service public de la petite enfance (SPPE).
L’idée séduit et pourrait même bien faire des émules… « Nous avons eu un relais en Côte d’Or qui nous a contactés pour mettre en place une initiative similaire », se réjouit Anne-Catherine Lucas.
Crédit photo : Communauté Morlaix
La réaction de l'ufnafaam
Nous tenons à féliciter l’excellente initiative de la communauté de communes de Morlaix, les choix de cadeaux nous interrogent cependant. En effet, des agendas ou revues à caractère commercial ont été choisis au détriment d’associations qui pour autant s’investissent depuis plus de 45 ans auprès des assistants maternels. Des choix qui questionnent encore plus lorsqu’on nous parle de « neutralité » des relais petite enfance. Au sein d’un secteur social, comment se fait-il que nous, acteur de l’économie sociale et solidaire soyons si peu considérés, nous qui avons été créés en 1977 quand ni revues, ni RPE existaient, nous qui avons soutenu et accompagné l’histoire de cette profession. Comment analyser de tels choix, difficile de les comprendre. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’ils ne font que cloisonner les acteurs impliqués entre eux alors que personne seule dans son coin, seule dans sa mission, n’arrivera à endiguer le problème d’accompagnement et de baisse du nombre d’assistants maternels .
Élodie Buzaud
PUBLIÉ LE 17 décembre 2024