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Appeler (ou pas) les parents des enfants accueillis par leur prénom ?

L’équipe de la halte-jeux Arc-en-ciel de la Communauté d’agglomération Roissy Pays de France, depuis un an, a décidé d’appeler les parents des enfants fréquentant leur structure par leur prénom. Vanessa Nouet et Giliane Hache, professionnelles de cette halte-jeux expliquent ici la démarche et font  part de leur retour d’expérience. Premier bilan plutôt très positif.

En lisant le livre « Pour ou contre » d’Héloïse Junier, nous nous sommes penchées plus particulièrement sur le chapitre 26 : « Pour ou contre appeler les parents par leur prénom ? ». L’auteure y met l’accent sur plusieurs notions importantes telles que la condescendance de genre, la création du lien entre parents, enfants et professionnels, ainsi que le fait que les parents puissent se sentir plus individualisés et davantage reconnus.

La décision d’opter pour le prénom

Le sujet n’est pas anodin, puisqu’il concerne la place donnée aux parents des enfants accueillis . Pour rendre bénéfique notre travail auprès des enfants, il faut que leurs parents se sentent en confiance. Après plusieurs années de travail dans des structures du jeune enfant, nous avons pu observer les différentes façons d’appeler les familles. Certaines professionnelles, ainsi que nous-mêmes, avons longtemps opté pour « maman de… », « papa de… » ou bien « Madame, Monsieur ». Même si nous sommes fiers de nos enfants, avant d’être parent de…, nous sommes « moi », un individu à part entière. Ce qui revient à la définition d’être reconnu comme tel au même titre que celui de maman ou papa. Après plusieurs interrogations sur le sujet et une analyse d’équipe, nous avons décidé, lors de réunions et en concertation avec la psychologue avec qui nous travaillons, d’appeler les parents par leur prénom et de l’intégrer dans notre projet d’établissement.

Le choix du vouvoiement

Ce choix est présenté aux familles lors de notre rencontre, afin de rendre l’échange plus personnel et chaleureux.
Cependant, nous restons attentives au fait que certains parents peuvent ne pas être à l’aise avec cette pratique, et nous veillons à nous adapter à leurs choix.
Dans cette expérimentation, nous avons fait le choix de conserver le vouvoiement. C’est pour nous une manière douce et réfléchie de communiquer avec le parent, tout en conservant un équilibre entre proximité et cadre professionnel.

Plus de proximité dans les échanges

Nous nous sommes aperçus qu’appeler une personne par son prénom nous a aidé à créer une proximité dans nos échanges et à rendre le message plus direct.
Prendre le temps de dire bonjour et au revoir par le prénom est en voie de devenir, pour nous, une habitude professionnelle. Grâce à l’attention portée, nous valorisons la présence, et les moments d’accueil sont plus chaleureux et bienveillants. La convivialité est désormais au cœur des accueils.
Notre difficulté principale étant de retenir l’ensemble des prénoms, il nous a fallu nous adapter afin de trouver des solutions.

Plus de convivialité entre parents

Du côté des familles, certaines ont également exprimé leur ressenti. Une mère a notamment souligné l’importance de s’adresser aux autres parents par leur prénom. Elle explique que cela rend les échanges plus agréables et lui donne l’impression de mieux connaître les autres, ou du moins de commencer à créer un lien.

L’usage du prénom : en cohérence avec les missions des pros

Aujourd’hui, l’accompagnement à la parentalité est intégré dans la Charte nationale d’accueil du jeune enfant et la Charte nationale de soutien à la parentalité. Nous pensons que ce projet répond aux principes d’accompagnement des parents. Nous cherchons à faire évoluer nos pratiques professionnelles auprès du jeune enfant et avons souhaité aller plus loin en intégrant davantage les parents au sein de la structure. Nous sommes fières de notre travail de réflexion, d’avoir pu bousculer les habitudes et de proposer de mettre le prénom de chaque parent au cœur des accueils en petite enfance. Enfin, il serait intéressant de poursuivre cette réflexion sur le long terme afin d’observer si cette pratique modifie durablement la relation entre parents et professionnels ou si elle nécessite des ajustements.

Vanessa Nouet et Giliane Hache

PUBLIÉ LE 03 juin 2026

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