Assistantes maternelles : PiouPiou, l’outil qui simplifie la gestion des horaires
Face à une charge administrative toujours plus lourde, un nouveau dispositif prétend faciliter le quotidien des assistantes maternelles : le PiouPiou, mis au point par l’entreprise Envola. Ce petit boîtier, installé au domicile des professionnelles, vise à apporter davantage de fluidité dans la relation avec les parents-employeurs. Rencontre avec les deux fondateurs.
Karin Lahittete Blanchemain, ancienne assistante maternelle, et Nicholas Church, ingénieur de formation, ont lancé il y a quelques mois un dispositif facilitant la gestion des horaires d’accueil des assistantes maternelles exerçant à domicile ou en Mam. Le principe est simple : la professionnelle installe chez elle, par exemple dans l’entrée, un boîtier nommé PiouPiou, qui enregistre les heures d’arrivée et de départ des enfants accueillis. À première vue, on peut s’interroger sur l’intérêt d’un outil qui pourrait sembler destiné à « fliquer » les parents employeurs — un système de badgeuse rappelant celui utilisé en crèche, souvent décrié par la profession.
La charge mentale des assmat
« Mais ce n’est pas du tout la même démarche, lance d’emblée Nicholas Church . L’idée n’est pas de contrôler les parents. Ce que l’on souhaite, c’est faciliter le quotidien de l’assmat, la libérer de la charge mentale liée au fait de noter chaque jour les horaires de chacun puis de tout reprendre en fin de mois. C’est un fonctionnement très chronophage. » Les assistantes maternelles ont en effet une charge administrative très élevée. Elles gèrent généralement les contrats, les fiches de paie et expliquent aux parents la convention collective. « Le parent qui arrive à la porte de l’assistante maternelle attend un service comme lorsqu’il va à la crèche, observe Nicholas Church. En réalité, il n’est pas du tout préparé à être employeur. »
Les horaires d’accueil : un sujet sensible
Dans les faits, la question des horaires d’accueil est délicate. « J’ai été ce parent employeur parfois en retard de dix minutes le soir, confie Nicholas Church. Ce n’était pas un problème pour moi ; à vrai dire je ne m’en rendais même pas compte. Mais dix minutes plus dix minutes… à la fin d’un mois, cela peut représenter plusieurs heures de travail. » Karin Lahittete Blanchemain, cofondatrice d’Envola et ancienne assistante maternelle, confirme que ces problématiques « remontent régulièrement dans la relation avec les parents employeurs ».
Avec le PiouPiou, la professionnelle n’a plus à porter seule la responsabilité d’annoncer : « Je vais devoir vous facturer des heures en plus. » Si certaines sont très assurées, d’autres hésitent ou culpabilisent. Le boîtier met fin aux non-dits : il vise à placer la transparence et la confiance au centre de la relation. « L’assmat dispose d’un outil clair et fiable pour entamer la discussion, souligne Karin Lahittete Blanchemain. Pour elle, c’est aussi une manière d’afficher un certain professionnalisme. »
Comment ça marche ?
Grâce au boîtier relié à une application mobile, l’assistante maternelle accède à un tableau de bord personnalisable et à une feuille de présence mensuelle précise pour chaque enfant, qu’elle reçoit également par e-mail. En amont, elle crée le profil de l’enfant et y ajoute toutes les informations le concernant : date de début du contrat, horaires, etc. Elle peut ensuite indiquer les absences et les vacances. Côté parents, c’est très simple : lorsqu’ils arrivent chez l’assistante maternelle, ils appuie sur le numéro qui leur est dédié sur le boîtier. Le parent ne « pointe » pas, ils « poppe » — une subtilité de langage destinée à adoucir la notion de badgeuse.
Un outil qui séduit et… questionne
Aujourd’hui, près de 150 assistantes maternelles sont équipées d’un PiouPiou, et le concept séduit particulièrement la jeune génération. La principale interrogation des professionnelles concerne la manière de présenter l’outil aux parents. « Elles ont peur d’être maladroites, observe Karin Lahittete Blanchemain. Nous essayons de les aider en proposant des outils, des vidéos. L’objectif est qu’elles puissent s’imprégner d’un maximum de postures. » L’autre appréhension concerne la crainte que la formalisation des horaires, via ce « pointeur », prive finalement la relation avec les parents d’une certaine part de chaleur, inhérente à l’accueil familial.
Envola propose désormais deux modèles de dispositifs : le boîtier d’origine et une liseuse, une version plus récente pensée pour être plus simple et plus esthétique. Sur cette version apparaît très clairement le nom des enfants, l’heure d’arrivée, de départ, alors que sur le boîtier, il s’agit simplement d’un bouton. Cette version connaît toujours un réel succès. L’histoire ne s’arrête pas là. Les deux entrepreneurs développent actuellement « Evolution », une offre dédiée aux parents employeurs pour les accompagner sur la partie administrative.
Plus d’informations : https://envola.fr/
Candice Satara
PUBLIÉ LE 18 novembre 2025
MIS À JOUR LE 19 novembre 2025