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Baisse de la natalité : le CCNE plaide pour une « amélioration en pratique des différents modes d’accueil »
Face à la baisse de la natalité et à l’augmentation des situations d’infertilité, le Comité Consultatif National d’Éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a publié le 3 avril son Avis n°149. Selon lui, il apparaît indispensable de faire preuve de solidarité dans les politiques publiques pour favoriser l’accompagnement de la petite enfance.
En France, la natalité est en déclin comme dans la plupart des pays du monde. On comptait 888 000 naissances en 1973, contre seulement 663 000 en 2024. En janvier 2024, le Président de la République s’était engagé à soutenir la lutte contre l’infertilité. Le Ministre délégué chargé de la santé et de la prévention avait alors saisi le CCNE le 20 juin 2024 afin d’engager une réflexion approfondie et de formuler des recommandations pour éclairer les travaux préparatoires du futur « grand plan de lutte contre l’infertilité ».
Le CCNE vient de rendre son avis n°149. « Le principal facteur à l’origine de la baisse de la natalité n’est pas l’infertilité liée à des problèmes médicaux (…), note-t-il dans sa conclusion, mais plutôt vraisemblablement à la baisse de la fécondité découlant de la décision des femmes et des hommes d’avoir moins d’enfants et de les avoir plus tardivement ; que cette démarche soit contrainte par des facteurs socio-économiques ou posée pour des raisons d’épanouissement personnel ».
Pour le CCNE, « les réponses de politiques publiques aux enjeux relatifs à la baisse de la natalité requièrent la recherche d’un équilibre entre le respect de l’autonomie individuelle (garantir à chacun la liberté de choisir ou non la parentalité), et le déploiement de la solidarité collective (préservation des conditions d’une vie où le désir de parentalité puisse être accompli ».
Mieux accompagner la petite enfance
En conclusion, il appelle à une action forte et coordonnée, articulée autour de plusieurs axes, dont la réinvention des politiques publiques. Pour le CCNE, il est impératif de faire preuve de solidarité dans les politiques publiques afin de favoriser l’accompagnement de la petite enfance (multiplication des modes d’accueil, développement de crèches). « La principale mesure réaliste et ciblée est probablement une meilleure prise en charge de la petite enfance avec une amélioration en pratique des différents modes d’accueil des enfants, quelles qu’en soient les modalités, à des coûts supportables par les parents », souligne l’avis. Un constat partagé par Anne Solaz, directrice de recherches à l’INED. La chercheuse que nous avions interviewée en octobre dernier, nous avait déclaré : « Réfléchir à l’accueil des enfants et des familles de manière générale pourrait être une manière de soutenir la fécondité (…) On pourrait considérer comme positif qu’aujourd’hui les couples puissent désormais se sentir libres d’avoir ou non des enfants. Mais en revanche, si c’est un choix contraint, la politique familiale et l’Etat ont le devoir de les aider ».
Candice Satara
PUBLIÉ LE 07 avril 2025