Bronchiolite à VRS : les pros de la petite enfance en première ligne
La campagne de prévention de la bronchiolite à VRS a démarré le 15 septembre. L’occasion de rappeler le rôle clé des professionnels de la petite enfance dans la prévention et l’information des familles. Avec le Dr Cahn-Sellem pédiatre, membre de l’association française de pédiatrie ambulatoire.
Pour rappel, le virus respiratoire syncytial (VRS) est le principal agent responsable de la bronchiolite chez les nourrissons. Cette infection respiratoire est très contagieuse et touche chaque année un tiers des enfants de moins de deux ans principalement entre mi-octobre et la fin de l’hiver. Généralement sans conséquence, elle peut prendre des formes graves surtout chez les bébés. La bronchiolite à VRS est la principale cause d’hospitalisation en pédiatrie – chaque année 2 à 3 % des enfants de moins d’un an sont hospitalisés pour des formes sévères – mettant le système de soins et les parents sous forte pression.
Encourager les parents à faire immuniser leur nourrisson pour éviter les hospitalisations et la tension du système de santé
« L’année dernière, il y a eu une campagne d’immunisation contre le VRS avec le Beyfortus- précision : il s’agit d’un anticorps monoclonal qu’on injecte une seule fois en intra musculaire au bébé offrant ainsi une protection quasi immédiate et prolongée pendant toute la saison épidémique – . (La co administration avec les vaccins du calendrier vaccinal est possible). Cette campagne a été sans avance de frais par les parents et a remporté une adhésion de leur part à plus de 80%. Les parents qui connaissent la bronchiolite savent combien elle peut peser sur une famille, sur l’enfant, occasionnant des arrêts de travail, des hospitalisations voire des transferts », rappelle le Dr Cahn-Sellem.
« C’est la grosse épidémie de 2022-2023 qui a motivé toute cette agitation et cette rapidité de mise en place de la protection lors de la saison 2023-2024. L’impact sur l’épidémie de bronchiolite a été positif avec près de 6000 hospitalisations évitées et 75% de moins d’infections respiratoires à VRS. Comme l’ont confirmé de nombreuses études, l’efficacité et la tolérance sont bonnes. La campagne d’immunisation contre la prochaine épidémie hivernale vient de débuter. Elle concerne tous les enfants nés à partir du 1 janvier 2024 exposés au VRS lors de leur première année de circulation. Elle sera sans avance de frais quand le traitement sera pratiqué en maternité et couvert à 30% par l’assurance maladie et 70% par les mutuelles quand on se le procurera en officine », poursuit la pédiatre.
Informer les parents de l’existence d’un vaccin pour les femmes enceintes
Depuis cette année, les infections à VRS peuvent être prévenues grâce au vaccin Abrysvo, qui permet à la femme enceinte de transmettre des anticorps à son bébé via le placenta. Ce vaccin doit être injecté entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée. « Il n’y a pas d’étude comparative entre les deux possibilités, soit la protection du nouveau-né, soit le vaccin à la mère. Mais le vaccin n’agit pas immédiatement et il faut tenir compte de la date d’accouchement », explique le Dr Cahn-Sellem. En outre, ajoute-t-elle, « il faut un délai d’au moins 2 semaines entre Abrysvo et le vaccin contre la coqueluche. »
Rappeler les gestes barrières
Ils ont montré leur efficacité pendant le Covid, mais ne peuvent suffire précise le Dr Cahn-Sellem.
Pour éviter la contamination par le VRS les parents doivent connaitre quelques gestes de bon sens :
- Se laver les mains avant et après chaque change, tétée, repas ou câlin car le virus se transmet par contact direct avec des sécrétions.
- Aérer régulièrement l’ensemble du logement et les pièces où l’enfant se trouve pour limiter la concentration de virus dans l’air.
- Porter un masque en cas de rhume, toux ou fièvre ;
- Eviter d’emmener son enfant dans les endroits publics confinés ;
- Ne pas partager ses biberons, sucettes ou couverts non lavés ;
- Ne pas fumer à côté des bébés et des enfants car la fumée aggrave les risques de bronchiolite ;
- Limiter les contacts avec des personnes enrhumées ou malades ;
- Ne pas embrasser le visage des bébés pour éviter de transmettre des virus via la salive.
Du côté des professionnels de la petite enfance, ne pas oublier en période épidémique de se laver soigneusement les mains, de nettoyer les sécrétions nasales avec un mouchoir à usage unique qu’on jette dans une poubelle munie d’un couvercle. Enfin, de laver les surfaces, jouets et autres objets présents dans les lieux fréquentés par l’enfant malade. Le Dr Cahn-Sellem tient aussi à rappeler l’importance des autres vaccinations telles que celle contre la coqueluche, la grippe ou le covid, des maladies qui touchent enfants comme adulte et qui sont très contagieuses. C‘est pourquoi les professionnels doivent être à jour de leurs vaccins (coqueluche, grippe, Covid).
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 07 octobre 2024
MIS À JOUR LE 30 octobre 2024