Cantine familiale : quand les enfants de l’école maternelle mangent chez l’ass’ mat’
Déjeuner chez une assistante maternelle plutôt qu’à la cantine, c’est la possibilité offerte aux enfants des écoles maternelles du territoire d’Orne Lorraine Confluences grâce au dispositif « Cantine familiale ».
C’est à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle) qu’a été lancé en 2021 le dispositif « Cantine familiale ». Le RPE, la CAF et la PMI ont mis en place, en concertation avec les assistantes maternelles de la commune, ce dispositif d’accueil inédit sur le temps de la pause méridienne pour les élèves de petite section de maternelle. Un accueil familial qui permet aux enfants de prendre leur repas au domicile d’une assistante maternelle plutôt qu’à la cantine.
Un mode d’accueil « plus confortable »
L’idée a séduit la communauté de communes Orne Lorraine Confluences (OLC) qui expérimente à son tour le dispositif depuis septembre 2023 sur trois écoles du secteur autour du Val de Briey. Un projet que porte avec conviction Didier Valence, Vice-Président de la Communauté de Communes, en charge de la délégation Petite Enfance, Enfance, Jeunesse et Vie Associative. « Notre démarche vise avant tout le bien-être de l’enfant. Nous mettons tout en œuvre pour développer de nouveaux dispositifs et proposer des modes d’accueil plus confortables pour les jeunes enfants, dans un environnement calme et détendu », insiste-t-il.
« La cantine familiale permet une pause plus conviviale, en petit comité. Mais cela n’empêche pas les parents d’inscrire leur enfant au périscolaire pour la garderie du matin et le goûter », précise Sophie Branchet, responsable des RPE OLC. Un dispositif qui prend tout son sens auprès des enfants avec des particularités, pour qui l’environnement plus bruyant de la restauration collective peut être difficile.
Un vrai temps de repos pour les enfants
Marlène Curatola, assistante maternelle depuis 30 ans, a accepté la présidence de l’Association « Les P’tites Toques » qui regroupe l’ensemble des assistantes maternelles intégrées au dispositif « Cantine Familiale ». Des professionnelles qui ont bénéficié d’un agrément spécial de la PMI pour accueillir des enfants supplémentaires uniquement sur la pause méridienne. « Les journées des enfants en collectivité sont longues. À la cantine, ils n’ont pas forcément la possibilité de s’isoler pour souffler, il faut suivre le groupe. Chez une assistante maternelle, ils peuvent se mettre au calme, faire un vrai temps de repos et reprendre de l’énergie pour l’après-midi », observe-t-elle. Une pause salvatrice qui leur permet de récupérer.
Des parents ravis
L’assistante maternelle va chercher l’enfant à l’école à 11 h 30 puis le ramène à 13 h 20 après le repas pris en compagnie des autres enfants gardés à son domicile. Pour Marlène Curatola, l’enjeu est également d’impliquer les enfants dans le choix des menus. « J’ai créé un grand panneau, avec les légumes, les protéines, les féculents, les desserts, les entrées. Chaque enfant choisit à tour de rôle un aliment de chaque groupe pour former le repas », détaille-t-elle. Les parents du petit garçon qu’elle a accueilli l’année dernière ont été ravis de l’expérience. « Ils ont trouvé le petit plus reposé, il adorait venir chez moi », confie la professionnelle.
L’OLC prend à sa charge la différence de prix
La communauté de communes veut aujourd’hui faire connaître le dispositif à un maximum de familles, et surtout rassurer les parents quant à l’engagement financier que représente la cantine familiale. Contrairement à une idée reçue, la cantine classique n’est pas forcément moins chère. Le parent devient particulier employeur et signe avec l’assistante maternelle un contrat classique qui porte uniquement sur les deux heures de midi, dans le cadre réglementaire du Code de l’action sociale et des familles. « A ce titre, ils peuvent donc bénéficier du complément de libre choix du mode de garde (Cmg) », rappelle Sophie Branchet. Le coût de l’assistante maternelle est calculé en fonction du quotient familial de la CAF et s’il est plus élevé que celui de la cantine, le delta est pris en charge par l’intercommunalité. « Ce coup de pouce permet de gommer le premier frein vis-à-vis des familles et, on l’espère, de promouvoir le mode d’accueil individuel », conclut Sophie Branchet.
Esther Buitekant
PUBLIÉ LE 25 février 2025